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16 décembre 2008

Commentaires

Casabaldi

Dommage, ça partait bien et tu t'es perdu en route...
Il me semble important de ne pas confondre rémunération du capital (des actionnaires)et rémunération des dirigeants.
C'est extrêmement différent et, si la seconde à une importance morale indiscutable, le coeur du problème me semble se situer infiniment plus dans la première.

Sur ce sujet, je le répète, les SCOPs ont monté et expérimenté un modèle qui permet de plafonner la rémunération du capital par celle du travail. C'est très bien vu, et ça évite le plafonnement à 10% qui tuerait l'innovation. (l'ensemble des capitaux se dirigerait alors faire les gros business sereins, qui crachent leurs 10% régulièrement).
Quant aux Ecritures, elles ne faisaient aucune différence, au départ, entre "usure" et "intérêt". Cette subtile distinction, basée sur... rien du tout, a été introduite par la suite dans le monde chrétien., pour des raisons qu'on comprendra...
Le Coran ne fait pas (encore) de distinction.
En bref, si on se réfère à des valeurs morales, il est clair que toute rémunération du capital est purement et simplement du vol.

José

Perdu en route... Peut-être ;) Mais pas si sûr.

La question de la rémunération du capital est, bien sûr, fondamentale, mais de quoi parle-t-on ?

Après la seconde guerre mondiale, au capitalisme traditionnel (le patron et sa famille, directement impliqué dans l'entreprise dont il détient les actions) s'est substitué majoritairement, dans les grandes entreprises nationales et multi-nationales, un capitalisme déconnecté de l'entreprise, détenu ou contrôlé, pour l’essentiel, par des organismes financiers (banques, assurances, organismes de gestion privée ou collective -caisses de retraites, etc) qui, le plus souvent, gèrent d'ailleurs principalement l'argent de tout un chacun (épargne, futures retraites, etc).

Au bout de ce schéma, les capitalistes, ce sont bien sûr quelques milliardaires individuels et voyants, mais c’est pour beaucoup et, sans doute majoritairement, via notre épargne directe ou indirecte, toi ou moi.

A ce titre, sommes-nous donc personnellement des voleurs ou les éléments d’un écheveau complexe dont la logique conduit parfois à mettre un homme au chômage pour qu’on puisse, in fine, lui verser une retraite ?

La mutation du capitalisme dans la seconde partie du XXe siècle a eu pour conséquence l’émergence d’une classe d’intermédiaires, détenteurs de ce qu'on pourrait appeler un “quasi-capital“, représentée, d’une part, par les gestionnaires financiers (traders et autres golden boys) et, d’autre part, par la classe des managers des grandes entreprises.

Ceux-là gèrent leurs boîtes pour le compte et dans l'intérêt du capital qui leur fixe des objectifs, mais, de plus en plus, depuis 30 ans, ils les gèrent également dans leur propre intérêt.

Forts pour les uns d’une technicité financière complexe et, pour les autres, d'une connaissance de l'entreprise, de ses hommes, de ses métiers et de ses marchés que n'ont pas leurs financiers, ils exigent, en paiement du service rendu (augmenter le profit à n'importe quel coût, notamment social), salaires délirants, stock-options, primes de résultat, parachutes dorés, etc. Ce sont ceux-là qui sont directement responsables de la distorsion des revenus.

Au-delà des grandes entreprises, il y a eu émergence de ce qu'on pourrait appeler un “nano-capital“, représenté par nombre de patrons de petites entreprises.

Ceux-là ont développé leur entreprise avec de l'huile de coude pour tout capital. Mais, de plus en plus souvent, et de manière accélérée depuis 10 ans, quand ils réussissent, ils calquent leur mode de vie sur celui des managers de grandes entreprises, dont les médias leur martèlent les aventures et les réussites.

Ceux-là ne réalisent pas généralement des profits spectaculaires, ne se servent pas forcément des dividendes, mais des salaires et des avantages divers. Techniquement, ils ne rémunèrent pas du capital mais, sous forme de salaires disproportionnés ou d’avantages (frais de représentation, véhicules, etc), ils font financer leur train de vie personnel par leur entreprise. Ce qui revient au même.

Dans tous les cas, et quel que soit le mode technique de la rémunération ou le statut du bénéficiaire, cela aboutit à la minoration de la rémunération du travail non connecté au capital et à l’augmentation de la rémunération du capital et de ses agents.

Dans tous les cas, cela aboutit à un allongement de l’échelle des salaires.

C’est donc l’ensemble des aspects de la rémunération du capital ou de ses séquelles qu’il convient de traiter et non seulement tel ou tel aspect.

A cet égard, comme tu le soulignes, le modèle des SCOP est sans doute porteur d'avenir :)

luluberlu

Hé vivo el socialismo y la libertad ( musique en fond).

vlg

Question : pourquoi faire une différence selon le nombre de salarié de l'entreprise ?

José Ferré

@vlg : Parce que l'importance des enjeux et des responsabilités, la nature et la charge du travail, la diversité des compétences requises n'est pas la même, selon qu'on dirige une équipe de 3 personnes et une entreprise de 100, 1.000 ou 10.000 personnes. En bref, ce n'est pas du tout le même travail.

D'autre part, on peut estimer juste que la rémunération des chefs d'entreprise soit relative à la taille de l'entreprise (dont le nombre des salariés est une bonne mesure) et à ses possibilités financières.

Une entreprise de 3 personnes ne peut pas générer les revenus nécessaires pour offrir, mettons, deux salaires net mensuels de 1.000 €, plus un salaire de 100.000 €, ce qui signifie, une fois chargé, 204.000 € par mois, avant frais généraux.

Au total et en pourcentage de l'activité, ça n'a pas de sens.

En revanche, plus l'entreprise grandit, plus elle doit faire appel à une diversité de compétences ou de responsabilités qui supposent des différenciations des rémunérations qui peuvent être importantes, mais qui, en pourcentage, impactent d'autant moins le coût total de l'entreprise que celle-ci est plus grande.

Exemple : dans le cas absurde de notre boîte de 3 personnes, 1 des 3 salaires représente 98% de la charge salariale.

Prenons maintenant le cas d'une boîte de 1.001 personnes et collons lui une masse salariale de 1 à 100, en partant de 1.000 €.

Dans cet exemple fictif, prenons 9 échelons de salaires :
- 150 personnes payées 1,000 €
- 450 personnes payées 1,500 €
- 150 personnes payées 2,000 €
- 150 personnes payées 3,000 €
- 65 personnes payées 5,000 €
- 30 personnes payées 10,000 €
- 10 personnes payées 20,000 €
- 5 personnes payées 50,000 €
- 1 personne payée 100,000 €

Dans cet exemple, la rémunération moyenne est assez haute (2,750 €e poste de la personne la mieux payée ne représente plus que 4% de la masse salariale.

Prend le même exemple sur une entreprise 10.000 personnes, on tombe à 0,4%, etc.

Maintenant, si le sens de la question est pourquoi ne paierait-on pas le PDG de Renault 3.000 € par mois, comme un patron de micro-entreprise, là je suis désarmé... :))

luluberlu

Clair éclairage!, les armes déposées, tu croies pas que cela est la seule issue à l'organisation de plusieurs milliards de goulues sapiens?. histoire d'une redistribution écolo-etho-economique, et durable, (plus que les deux générations avenirs)....

sophie

parceque personne ne voudrait de ce boulot pour 3000 par mois, peut etre

luluberlu

@ sophie : Pour la moitié tu en trouvera bientôt...

Huron

C'est en effet difficile d'imaginer de tels préceptes faisant l'objet d'un consensus mondial.
Peut-être trois pistes à promouvoir par tous moyens adéquats:
- développement massif de la pédagogie économique (que nos concitoyens ne confondent plus l'économie et la loi de la gravitation universelle)
- regarder en effet de plus près comment, par exemple, les musulmans conçoivent la finance. Ce n'est pas une blague:il y a un développement très spectaculaire de fonds financiers fonctionnant selon ces préceptes
- puisqu'il va y avoir des élections européennes en 2009, être très attentifs aux propositions en matière de gouvernance économique à ce niveau (loin des gesticulations de Sarko) ce qui serait déjà un début.

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