Tsai_suemine_dollar_2 Comme l'explique simplement l'excellent et rare La fin du capitalisme, l'équilibre  actuel de l'économie mondiale tient à un fil.

Ben Bernanke ne peut pas renchérir le prix de l'argent en relevant les taux américains dans les mois qui viennent, sous peine d'aggraver la crise de l'immobilier, du système financier et de plonger l'économie des Etats-Unis dans la récession.

Mais il ne peut pas non plus ouvrir les vannes du crédit en baissant vraiment les taux, sous peine d'aggraver la crise du dollar, de le dévaloriser un peu plus face à l'Euro, de renchérir les importations, de décourager les investisseurs étrangers de financer les abyssaux déficits américains et, là encore, de plonger les Etats-Unis dans la crise.

Coincé, le Bernanke ! Et nous avec.

La seule solution semble être de distribuer des paroles rassurantes, de ne toucher à rien, de faire le dos rond, de laisser passer la tempête qui va inévitablement prendre de la puissance jusqu'à la fin du printemps, bref de considérer comme le bon docteur Queuille qu'“il n'y a pas de problème qu'une absence de solution ne finisse par résoudre.“

Ça peut marcher. A une condition, bien sûr : qu'aucun événement “extérieur“ ne vienne cristalliser l'affolement, qu'aucune catastrophe naturelle, aucune bourde guerrière des néo-conservateurs américains, aucune impatience des investisseurs, aucune réaction brusque de la Chine, aucune déclaration intempestive d'Ahmadinejad, Chavez, ou autre trublion, aucune bombe médiatiquement bien placée, ne vienne ajouter à la confusion, allumer la mèche de la machine infernale et précipiter le monde dans une spirale calamiteuse.

Ça fait beaucoup d'écueils à éviter dans les six mois qui viennent. Trop, sans doute.

Il ne sert à rien de faire des prévisions : le décor est planté, les enjeux sont identifiés, les dangers repérés. Advienne que pourra. Serrez les fesses.

PS -  Tiens, pour compléter le décor et le schéma sur l'échéance des subprimes présenté ici il y a quelques jours, voici un autre graphique (source Crédit Suisse et ici) qui dresse un tableau à plus long terme des échéances des prêts bancaires, sains ou moins sains.