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24 février 2006

Commentaires

zelie

C'est sûrement parce que cela n'a rien à voir avec la laideur!!

On peut écouter Didier Anzieu,psychanalyste qui écrit "Bacon nous apporte les représentations d'un moi désemparé, d'une vie mentale morcelée,d'une personne expulsée de son être.Une destruction dont Bacon a relevé le défi par un paradoxe créateur:l'irreprésentable mis en tableau".

Mais je préfère les mots de Bacon lui-même:
"TENTATIVE DE CAPTURER L'APPARENCE AVEC L'ENSEMBLE DES SENSATIONS QUE CETTE APPARENCE PARTICULIERE SUSCITE EN MOI"

"il me semble que les explications, forcément, tournent court. En tout cas moi je n'en ai pas besoin, même par rapport à quelque chose que je ne comprends pas du tout. Par exemple, la musique, c'est quelque chose dont nous avons souvent parlé ensemble, et bien, je ne comprends pas la musique, bien qu'elle me touche beaucoup, et pourtant je n'ai pas besoin d'explications. Je sais que souvent les gens cherchent des explications ; si cela leur est nécessaire, il est toujours possible de trouver d'autres gens pour leur en fournir, mais cela me semble toujours un peu bizarre."

et pourquoi un Y à Leiris ?

José

Bonsoir Zélie,
Merci de ton commentaire et désolé pour le y à Leiris, c'est corrigé. Je ne sais pas ce qui m'a prys... ;)

Bob Boisadan

Bacon pour moi, c'est comme Jackson Pollock, il n'y a rien à comprendre et pourtant je peux rester un après-midi devant.

Bob Boisadan

Bacon pour moi, c'est comme Jackson Pollock, il n'y a rien à comprendre et pourtant je peux rester un après-midi devant.

jcm

Auditeur de France Musique (une radio qui a perdu au fil des ans ses émissions les plus intéressantes, les plus difficiles aussi mais les plus enrichissantes) depuis plus de 45 ans je devrais tout "avoir compris" de Ligeti, Varèse, Nono, Pärt, Grétry, Méhul, Chabrier... et Bach qui, me semble-t-il, a toujours "tenu la Une".

Bach en long, en large et en travers, sous toutes les coutures, mais personne ne m'a jamais donné "d'explications" qui aient jamais ressemblé à ce qu'est l'émotion d'écouter la Passion selon St Matthieu (ma préférée), des cantates (il y en a eu chaque dimanche pendant des années) ou la "Grande Chaconne" de la suite BWV 1004, qu'elle soit interprétée au violon, à la guitare ou au piano, dans la transcription de Brahms ou de Buzzoni.

Personne non plus ne m'a expliqué cette "portabilité" de la musique de Bach (et qui saurait le faire ?) qui conserve ses caractères - et sa faculté à faire naître les émotions - quel que soit l'instrument sur lesquels on les interprète.

Pourtant toutes sortes de formes d'expression écrite ou verbale, toutes sortes de "concepts" ont été mobilisés pour tenter d'y parvenir : il faut nous résoudre à accepter l'impuissance des mots dans certains domaines.

Par ailleurs il peut y avoir dans n'importe quelle oeuvre des ambiguïtés, cela existe dans tous les arts, qui induiront des émotions inverses d'un moment ou d'un observateur à l'autre.

J'ai vécu de près cette expérience avec une sculpture que je réalisais en... 92 il me semble, et que j'ai nommée : "Fusion".

Un tronçon d'orme superbe de 80 cm de haut, 600 heures de travail acharné, qui a pris la forme d'un oeuf partiellement brisé, avec une cavité où le bois s'écoule en gouttes et filaments, qui dégoulinent sur le socle de la sculpture.

Avant le premier coup d'outil j'en avais une vision très nette, comme en général c'était le cas : le projet était clair dans sa forme.

Dans sa signification... il n'y en n'a pas, il n'y en n'a jamais eu mais je savais qu'il FALLAIT que je fasse ce travail, parce-que je subodorais un potentiel de beauté et de dégoût.

Au cours de ces 600 heures j'ai failli interrompre plusieurs fois la réalisation : le dégoût était à l'oeuvre, puis je reprenais, dans l'idée de beauté.

Le bois en lui même est magnifique, et je l'ai poli miroir afin de donner un "potentiel de beau" au résultat final.

Puis est venu le temps de montrer, et cette pièce a été exposée en de nombreux endroits de la région, j'ai donc pu recevoir les réactions du public.

"Fusion" n'a laissé à peu près personne indifférent : j'en conclus que j'ai réussi à travers elle à "parler" à presque tout le monde, et c'est donc probablement la plus "réussie" de mes sculptures.

Cependant j'ai retrouvé les composantes que j'avais pressenties : les réactions se divisaient nettement en deux opposés, à peu près équitablement répartis en nombre.

Il y avait les admirateurs, non de la qualité ou de la quantité du travail (ce sont des arguments mis en avant pour certaines oeuvres) mais de l'oeuvre elle-même, sans que ces admirateurs puissent expliquer leur sentiment.

Puis il y avait les dégoûtés, parfois les horrifiés, qui ne savaient pas non plus exprimer les raisons de cette répulsion.

Ce que j'en ai déduit, c'est qu'il y a peut-être quelque-chose "d'universel" ou presque dans cette oeuvre (du fait qu'elle adresse presque toujours un message à qui l'observe) mais quoi ?

Et cette "chose universelle" peut véhiculer ceci ou son contraire, à moins quelle véhicule un message identique à tous et que le décryptage du message dépende de chacun...

Et cette expérience m'a confirmé de façon assez forte ce que je pensais déjà pour une foultitude de raisons : nous, et tout notre vocabulaire, sommes et resterons très petits face à nos petits cerveaux, face à ce qui nous entoure, face à nous même et aux autres, mais cela n'empêche pas grand monde de se vouloir malgré tout "grand"...

Et cette volonté d'être toujours à tout prix un peu plus "grand" ou plus "grand" que n'importe quel autre qui passe à portée nous tuera probablement...

Je dois noter au passage que si j'estime cette "Fusion" comme une "réussite" je n'en tire nullement que je suis "grand" dans le domaine de la sculpture, car si je l'étais vraiment j'aurais compris l'incompréhensible et je saurais faire porter à chaque sculpture que je ferais une parcelle "d'universel", ce qui n'est pas le cas...

En conclusion comme ce n'est pas parce-qu'on n'a rien à dire qu'il faut s'absetnir de prendre la parole, je viens d'en profiter...!!!

Pardon, José, pour cette digression...

José

> tout pardonné, jcm. C'est joli ce que tu dis :)
> Bob, tu as raison de parler de Pollock. Ça me donne une idée. A suivre...

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