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28 octobre 2005

Commentaires

~laurent

Je pense comme toi qu'il n'y a pas d'ennemis le pouvoir est aujourd'hui une forteresse vide et "l'ennemi" est en nous.

L'ennemi? Ce sont nos peurs, la peur du passage à l'age adulte, celui de prendre en main notre propre destin (c'est la métaphore de la Grotte de Platon : les ombres dont nous avons peur ne sont que des illusions)

a++

José

Tu as raison, Laurent, si l'on parle de nos vies individuelles.

Mais, s"agissant de réseau, j'évoque ici autre chose de très concret, qui nous touche collectivement, dont nous sommes tous esclaves et complices, qui rend assez vaines les polémiques politiciennes qui nous amusent tant...

~laurent

C'est pour cela que l'avènement des "foules intelligentes" (voir le livre d'Howard Rheingold) semble une réponse. Si le problème est en nous, la solution s'y trouve aussi : le projet wikipedia et quelques autres sont des exemples concrets de réalisation collectives.

La solution a des problèmes politiques complexe serait une sorte d'extrem democracy :

"Extreme democracy" is a political philosophy of the information era that puts people in charge of the entire political process. It suggests a deliberative process that places total confidence in the people, opening the policy-making process to many centers of power through deeply networked coalitions that can be organized around local, national and international issues. The choice of the word "extreme" reflects the lessons of the extreme programming movement in technology that has allowed small teams to make rapid progress on complex projects through concentrated projects that yield results far greater than previous labor-intensive programming practices. Extreme democracy emphasizes the importance of tools designed to break down barriers to collaboration and access to power, acknowledging that political realities can be altered by building on rapidly advancing generations of technology and that human organizations are transformed by new political expectations and practices made possible by technology.

Extreme democracy is not direct democracy, which assumes all people must be involved in every decision in order for the process to be just and democratic. Direct democracy is inefficient, regardless of the tools available to voters, because it creates as many, if not more, opportunities for obstruction of social decisions as a representative democracy. Rather, we assume that every debate one feels is important will be open to participation; that governance is not the realm of specialists and that activism is a critical popular element in making a just society.

Suite ici :
http://www.extremedemocracy.com/about.html

José

Vu, Laurent, je vais essayer de me procurer le bouquin.

Mais, la question, c'est comment parvient-on à ce stade de développement, dans un monde gouverné par le besoin carnivore de profit des gérants de grands comptes ou de fonds de pension...

~laurent

Ben ... on attend que le système financier s'écroule. Y'a même pas a prendre cette bastille elle va tomber d'elle même.

C'est pas que cela me fasse plaisir mais au moins on pourra espérer construire quelque chose de neuf ... enfin ce que j'en dis ;)

José

Ok, Laurent, on attend et on se prépare... Mais pas trop longtemps, parce que, pendant ce temps-là, tout le reste bouge, les dommages s'accroissent, deviennent insupportables (misère, démographie, environnement, etc).

Si ça devait durer dix ou quinze ans de plus, il faudra mettre la main à la pâte avant, et casser la machine, gentiment ou sans ménagements...

~laurent

rir ...
Je pense que de toute façon on commence déjà à construire les nouvelles routes, les nouvelles entreprises :
- eBay offre des opportunités e des petits commerçants
- la blogosphère offre un système médiatique alternatif
- les musiciens distribuent directement via le web leur production
- etc ...

Donc commençons a construire sans nous occuper de l'ancienne économie.

Pour changer le système politique je pense qu'il faudra attendre que cela s'écroule.

Quand ? je pense que les risques d'écroulement sont multiples et peuvent se cumuler ... entre 3 et 8 ans peut être.

José

Globalement, d'accord, Laurent.

Il faut commencer à construire un monde nouveau, le nourrir, chercher des idées, poser des pierres...

Mais ce sera de la bricole sans lendemain, si l'on croit pouvoir jouer avec le système actuel ou se jouer de lui, en le laissant durablement poursuivre son cours.

Ce sera de la bricole sans lendemain, si l'on n'est pas convaincu que l'organisation actuelle du monde est nuisible et non réformable.

Crois-moi, il m'en coûte vraiment de le penser ; je n'ai pas personnellement à me plaindre de ce monde et j'ai crû jusqu'ici que la bonne volonté et l'intelligence pouvaient surmonter tous les vices du système. Ce n'est plus le cas. Donc 3 à 8 ans, ça me semble raisonnable...

~laurent

Le pouvoir actuel (en France) ne tient aujourd'hui que par la peur du vide : nous n'avons rien a proposer alors il reste en place. Mais aussi parce que nous sentons des forces négatives qui sont encore en action.

Ce qui me semble une bonne direction serait de désarmer ce "pouvoir" invisible.

En prenant le contrôle du système médiatique et en désarmant la publicité traditionnelle, "nous" prennons les véritables leviers.

Combien de temps pour que la blogosphère prenne le pas comme leader d'opinion ? Quand je vois le chemin parcouru en 1 ans, je pense que cela va aller assez vite. 2 ans - 3 ans ?

Après beaucoup de choses seront possibles.

Ce qui est intéressant c'est que le "nous" c'est beaucoup.

Allez j'vais me coucher ... bonne nuit ;)

NGK

Hello José ! Trés intéressant votre discussion, trés intéressant ton article. Idem avec mes amis dans nos discussions, idem en ce qui concerne mes propres hypothèses et théories... Le Monde a changé, le monde change, et ce n'est plus un adage générationnel de vieux cons, c'est une réalité de tous les jours qui nous rend "esclaves et complices" comme tu dis, plus ou moins impuissants... J'ai l'impression pour ma part que le monde se configure de façon si dangeureuse, que nous devons nous-mêmes évoluer, changer, nous préparer à penser le monde différemment, autrement, de façon nouvelle, inédite. Changer le réseau, le rendre inopérant, en prendre le contrôle ? Vaste programme. Que le monde reste sourd à la bonne volonté, je ne crois pas, mais que dans quelques temps notre propre volonté soit complètement invalidée, puisse devenir totalement incapable d'agir contre le réseau, peut-être. Agir sur ce qui peut dépendre de nous, me semble raisonnable, souhaitable, encore possible. Tout d'ailleurs me semble encore possible. Créer des réseaux performants, efficaces au sein ou autour du réseau, qui le déroute, le contrecarre, qui puisse s'y substituer, etc... Tout sauf renoncer et baisser les bras ! Le monde est aussi à nous, n'est-ce pas ?

José

OK Laurent, j'espère que tu as bien dormi... Moi aussi, ça va ;).

Le pouvoir actuel, en France, incarne le vide absolu. Je n'imagine pas un instant que ceux qui l'exercent soient des idiots. Pas plus que ceux qui aspirent à les remplacer.

Pourtant les deux dissimulent, par peur ou par cynisme, la réalité de la situation : celle de leur impuissance, celle de l'emballement du système.

Celui-ci tient encore pour trois raisons :
- il est au bord du précipice, mais pas encore au fond, ce qui ne devrait pas tarder,
- le silence des gouvernants maintient -pour combien de temps ?- une sorte de confiance aliénante et revigorante.
- aucun groupe opposé au cours actuel des choses ne développe une pensée suffisamment aigue, articulée, puissante, ouvrant des perspectives crédibles, pour être entendu.

C'est vrai qu'internet offre un canal intéressant et potentiellement puissant de diffusion des idées. C'est également vrai qu'il ne servira à rien sans idées nouvelles.

Il faut donc maintenant se concentrer sur les idées : à quoi pourrait ressembler le monde d'après ? Par quels chemins y parvenir ? Voila pourquoi j'ai ouvert ce derniers jours une boite à idées “pour changer le monde“. Elle ne demande qu'à être nourrie.

José

Salut Nathalie,

D'accord avec toi : il y a plusieurs dimensions d'actions possibles. En fait, trois. Agir au quotidien sur notre “bout de monde perso“ est évidemment possible, nécessaire et premier.

Penser et agir dans le pays où nous sommes est souhaitable, mais, vue l'ampleur des problèmes, notoirement insuffisant.

Penser et agir à la dimension du monde est absolument nécessaire.

A ce niveau, le réseautage, comme tu le dis, est sans doute l'arme la plus efficace pour contrer le réseau d'en-face, celui des transactions financières anonymes, sourdes, aveugles à toute autre chose qu'au profit immédiat et ruineuses pour tous.

En ce sens, pas question, effectivement, de baisser les bras... Mais ce/ces réseaux de “résistances“, il faut leur donner un sens, des idées, des perspectives. C'est à quoi on doit travailler. Sans tarder.

NGK

Bonsoir José, alors au travail ! Elle est excellente ton idée de la boîte à idées et il faut qu'elle devienne une boîte à idées et à solutions ! Les Cassandres ne manquent pas, le réalisme est de rigueur, mais je crois de façon incurable, que le monde appartiendra toujours à ceux qui en sont les acteurs, idem pour nos vies personnelles, quand nous voulons et pouvons en être les auteurs, la contestation et les bavardages n'ont qu'un temps face à la société actuelle, et pire encore, face à la société qui se dessine pour demain, cette inhumanité m'affecte profondément, mais les solutions ne manquent pas, tout n'est que stratégies à inventer, à rendre efficaces, opérationnelles, pragmatiques. Je suis persuadée qu'il faut précisément utiliser tous les moyens du système global pour créer de nouveaux réseaux. Cela peut paraître abstrait mais je pense toujours à Leibniz quand je songe à tout cela: lui voyait le meilleur des mondes parce qu'il pensait que Dieu avait crée le monde avec un minimum d'hypothèses pour un maximum de possibilités. Je crois que les motivations réelles et propices à l'action ne peuvent, ne pourront naître que sur la base d'un travail de fond théorique, synthétique et profond, et que chaque chose vient en son temps, que peu à peu, l'idée, et les idées, pour prendre sens et s'incarner au coeur de quelque chose d'efficace, doivent avancer, mûrir, être développées, etc, jusqu'à pouvoir prendre forme. En attendant l'élaboration de plus vastes projets, l'union des bonnes volontés, me paraît la meilleure des choses, chacun aidant à l'édifice d'un tout ! Je suis incurablement persuadée que les solutions ne manquent pas ! Et que nous les trouverons, n'est-ce pas ? Avons-nous même le choix ? Ce " Marche ou crêve " qui fait sa loi, et qui bâtit un monde d'inégalités, d'injustices, ne doit pas nous faire oublier toutes les possibilités personnelles et impersonnelles que nous avons nous en Europe et en Occident. A bientôt. Nathalie.

José

Nathalie : A propos de solutions, je viens de lire deux textes de conférences de DSK. Etonnant, comme l'intelligence se piège dans le détail et devient son contraire. A force de respecter tout, de tenir compte de tout, cet homme brillant finit par perdre de vue l'essentiel. Ce qui donne un salmigondis poli, lisse, inexistant.

Je crois que les solutions efficaces à tout problème sont mal polies, rapeuses, irrespectueuses des codes, des techniciens, des spécialistes et, surtout, des barrières invisibles dont ils entourent leur pensée.

Nous avons une chance : nous (enfin, je parle pour moi) n'aspirons pas au pouvoir. Cette liberté nous autorise toutes les audaces, quite à déplaire d'abord. Elle nous donne un devoir : regarder plus loin que ceux qui attendent une sucette des résultats de la (des) prochaine(s) élection(s).

Allez, au boulot. “Marche ou crève“, non, mais "marche et rêve“, oui !

Pour être concret, un petit groupe de Freemen a commencé à réfléchir aux enjeux de l'avenir. On va commencer à rassembler des éléments substantiels, des ébauches de réponses, de solutions, avant la fin de l'année. On te/vous tiendra au courant dès qu'il y aura matière à enrichir.

En attendant, toute idée est bonne à entendre et c'est à ça que doit servir la/les boîtes à idées.

Adam Kesher

Je pense malgré tout qu'il est utile voire important d'incarner l'ennemi (je n'aime pas trop ce terme mais bon). Parce que c'est pédagogique et que cela permet de se structurer voire de se motiver.

Je comprends bien la notion de réseau et la difficulté d'agir sur un réseau (ça me rappelle Terminator 3 où pendant tout le film les héros cherchent une unité centrale pour empêcher les machines de prendre le pouvoir, avant de se rendre compte que l'ennemi fonctionne en réseau. Film très pessimiste).

Mais je crois qu'il faut mettre des mots concrets (capitalisme n'étant pas un mot concret) sur l'ennemi, tout en comprenant bien que c'est cet enchevêtrement de mots concrets qui est l'ennemi. Il ne s'agit pas forcément de personnes mais au moins d'institutions. Fonds de pension ? Banque centrale américaine ? George Bush ? FMI ? Marchés financiers ? Industrie du pétrole ? Laboratoires pharmaceutiques ?

Il est certainement facile de procéder ainsi et à vrai dire je ne saurais pas dire qui sont les ennemis, et ce qui m'intéresse c'est de savoir. Cela aide à comprendre et je ne veux pas croire qu'on ne puisse pas fair cet exercice. Pour savoir où il faut agir.

José

Je comprends ton souci, Adam. Mais ce dont on parle, ce sont 6000 milliards de dollars qui tournent autour du monde, à la vitesse d'internet, à la recherche de plus-values qui vont principalement grossir les avoirs d'institutions financières, de fonds de pensions, dont la vocation est d'assurer et de payer les retraites de 300 millions de mecs à travers le monde.

Qui est le méchant ? Le directeur du fonds de pension ou son équivalent en France, le directeur de la caisse de retraite ? Le trader ? La société qui a posé les cables téléphoniques ? Les 300 millions de mecs, en Europe, aux USA, au Japon, dont toi et moi, qui allons profiter -peut-être- de tout ce trafic ? Il n'y a VRAIMENT pas de coupable unique, repérable et pendable.

Dès lors, la question n'est pas de se demander : “la faute à qui ?“, mais plutôt :“comment arrêter ça ?“

La réponse évidente : une prise de conscience et une entente internationale des Etats. Mais la peur des conséquences arrête tous les “responsables“ : car qui dit arrêter ça, dit arrêter de financer les retraites dans les pays développés.

Donc il faut craindre que le coup d'arrêt ne soit donné de l'une des deux façons suivantes :

- soit par une crise financière géante -assez probable- si les taux remontent trop vite ;

- soit par la panne physique du système, la coupure de courant qui paralyse le réseau, efface les mémoires des ordinateurs, rend le système aveugle et inopérant. Tu vois le genre !

Dans les deux cas, ça va crier dans les chaumières...

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