Fin octobre ou tout début novembre dernier, je contacte mon distributeur d'eau, la SAUR, avec une demande précise : simplifier l'adduction du domaine en remplaçant plusieurs compteurs d'eau par un seul, à installer en lisière du hameau, et permettant en outre le raccordement en eau de la maison passive et des toilettes de la grande salle.
Le 26 décembre, je reçois un devis correspondant, semble-t-il, à cette demande. Je le renvoie le 30 décembre, accompagné d'un chèque de 50% du devis.

Le 6 février, par un beau matin, je découvre des engins de terrassement sur le parking. C'est la SAUR ! Les engins commencent à creuser pour retrouver la conduite d'arrivée d'eau. Avec ma bénédiction, ils défoncent 30 à 50 m2 de pelouse, ne trouvent rien et, au détour d'une conversation, s'avisent que ma demande ne correspond pas aux travaux qu'ils sont en train de faire. Bon.
Par ailleurs, ils ont la gentillesse de m'indiquer que si je fais poser un compteur unique, je deviendrai responsable de l'entretien de toutes les conduites allant de ce nouveau compteur aux anciens. Ma détermination à simplifier en prend un coup.
Puis ils font appel à des responsables qui passent me voir l'après-midi même. Là, nouvelle douche : la SAUR distribue l'eau, mais n'est pas propriétaire des conduites, qui appartiennent à un syndicat des eaux local. La SAUR ne peut donc pas intervenir sur ce qui ne lui appartient pas, ni amputer la propriété du syndicat en plaçant mon compteur en aval. OK, OK, fin du projet de simplification.
D'ailleurs, mes interlocuteurs me lisent un nouveau règlement ou un nouveau texte de loi prévoyant l'installation obligatoire d'un compteur d'eau par bâtiment. De toute évidence, ils sont seuls à le connaitre. Ni les élus du coin consultés, ni mon plombier n'en ont jamais entendu parler.
Ce ne sont plus trois ou quatre compteurs qu'il me faudrait, mais une dizaine. Je comptais réduire le nombre de mes abonnements, le voila qui explose. Ils me “rassurent“ en me disant que, de toutes manières, le prix de l'abonnement ne saurait en aucun cas être réduit si j'ai un compteur unique. Exit donc le compteur unique.
Reste le raccordement de la nouvelle maison et des toilettes de la grande salle. On me dit donc qu'il me faudra deux compteurs, puisque qu'il s'agit de deux bâtiments. Le truc est évidemment absurde, s'agissant dans un des deux cas d'un espace qui sera utilisé, au mieux, deux semaines par an.
Mais, bon gars, je me roule par terre, je me couvre de cendres, je me rends. Que peut-on en effet contre la dictature d'une administration, alliée à la voracité d'une grande entreprise privée, sous couvert d'un règlement imbécile ou d'une loi conne ?
A part faire une révolution et un auto da fé de tous ces textes, je ne vois pas. D'accord, mon prétexte est mince pour provoquer de tels embrasements. Mais tous les prétextes sont d'ailleurs minces, jusqu'à ce qu'ils finissent par se fédérer. A fréquenter les obligations, les règlements, les lois, les directives, les normes de tout genre qui polluent le paysage, je me dis que ça ne devrait plus tarder à arriver.
Bref, je leur dis qu'ils peuvent bien faire ce qu'ils veulent.
Ça, c'était le 6 février. Ma pemière demande date d'il y a près de 6 mois. On est le 19 mars 2013.
Le client étant roi, on a dû lui couper la tête : aucune nouvelle depuis. Ils ont toujours mon avance payée le 30 décembre, moi j'ai toujours mon bout de pelouse défoncé. Mais toujours pas d'adduction d'eau pour la nouvelle maison. Je vais les rappeler et taper 1, taper 2, taper 3, jusqu'à obtenir une réponse. Coquin de SAUR !
PS - Miracle, au téléphone, on m'apprend qu'il viennent en fin de semaine. Ça tombe bien, j'ai des clients. Ils vont adorer les coupures d'eau :)
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