Samuel Fosso est un photographe africain, né au Cameroun, rescapé du Biafra, installé à Bangui en République Centre-africaine.
Un de ses oncles y possédait un studio photo de quartier. Adolescent, il photographie des cérémonies familiales : “Sur une pellicule de 12 poses, il m'en restait toujours une ou deux. J'ai commencé ainsi à faire des autoportraits, pour en envoyer à ma famille et parce que je me trouvais beau.“
Petit à petit, le jeune homme revêt des habits qui rappellent les tenues des vedettes du music-hall de l’époque, dont on peut voir les images dans les magazines. Dans des poses qui suggèrent tout le glamour des scènes internationales, le jeune homme recrée un monde.
Avec le temps, Samuel Fosso est devenu un monde en soi.
Par le costume et le maquillage, ce maître de l'autoportrait a interprété et incorporé toutes sortes de personnages symboliques de notre imaginaire. Metteur en scène de lui-même, ce Frégoli atteint à l'universel à travers ses métamorphoses.
Avec la série «African Spirits» (ci-dessus), il a réinterprété des icônes photographiques des grands leaders des Indépendances Africaines, du Mouvement des Droits Civiques aux Etats-Unis ou de monuments culturels Noirs. Dans son Panthéon se côtoient Mandela, Senghor, Césaire, Miles Davis, Martin Luther King, Seydou Keita, Angela Davis, N’Krumah, Lumumba, Tommie Smith, Haïlé Sélassié, Malcolm X ou Muhammad Ali.
Plus récemment, Samuel Fosso a produit une série d'autoportraits à partir d'images puissantes de Mao ZeDong.
Les photos de Samuel Fosso ont notamment été exposées au Centre Georges Pompidou, aux rencontres d'Arles et les portraits de cet artiste majeur africain font partie des collections de plusieurs musées contemporains majeurs, à New York, Londres et Francfort.
On verrait bien une rencontre de l'Afrique noire et du Périgord vert, à Montagenet, au printemps prochain. On en a, en tout cas, sérieusement discuté le week-end dernier avec son galeriste, Jean-Marc Patras.
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