
Vous décidez mi-juillet de construire une nouvelle maison.
Vous prenez aussitôt rendez-vous avec un architecte. Le premier contact se passe très bien : vous lui indiquez la nature de vos besoins, lui montrez le ou les terrains sur lesquels vous envisagez de construire. Il se promet de réfléchir pendant ses vacances.
Nous voici en septembre. L'architecte a réfléchi et travaillé pendant ses vacances. Il vous montre un premier projet, séduisant, mais soulève un vrai problème légal : rien n'indique dans le PLU (Plan Local d'Urbanisation) que vous puissiez construire ce que vous souhaitez.
Vous vous tournez vers votre commune, qui se tourne vers la délégation locale de la DDT (Direction Départementale du Territoire), qui se tourne vers le centre départemental, qui interprète le texte du PLU. On vous donne oralement un OK.
Le temps de contacter les uns, d'attendre le verdict des autres, on est mi-octobre. Entretemps, l'architecte a poursuivi sa réflexion et, c'est tout à son honneur, vous propose un nouveau projet, plus séduisant encore que le premier. On a le terrain, le projet. Il s'agit de l'affiner pour déposer un permis de construire.
La législation prévoit que le projet doit être accompagné d'une étude sur l'évacuation des eaux usées. Exigée par l'administration, cette étude doit être réalisée par une société privée.
Autrefois, l'administration faisait appliquer lois et règlements. Ses avis étaient gratuits. Aujourd'hui, la règlementation étant devenue très complexe, l'administration ne s'engage plus, vous impose de faire appel à des “sachants“ privés, experts agréés, ce qui ne signifie pas pertinents, qui interprètent les règlements et préconnisent des solutions qui s'imposent à tous.
Contre facture. Et allez hop ! Vive le marché !
Aussitôt contactée, la société d'expertise ne traîne pas à envoyer un devis, qui lui est retourné signé mi-novembre. Mais, débordée, elle fait indiquer ultérieurement qu'elle ne pourra rendre son rapport avant la mi-janvier.
C'est donc alors seulement que pourra être déposée la demande de permis de construire. Elle sera instruite dans un délai légal de trois mois (généralement, cette instruction prend en réalité un mois environ). Nous voila donc au mieux mi-février, au pire mi-avril, en admettant que le projet soit validé.
Il se sera passé huit mois au mieux avant le premier coup de pioche.
D'ores et déjà, vous savez que avez raté la prochaine saison d'été. Vous allez donc réaliser votre investissement à contretemps du calendrier annuel de votre activité.
Vous restez calme, mais vous vous dites qu'il faut décidément avoir des nerfs pour oser investir dans ce pays à 2 de tension :)
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