Ces jours-ci, les jardins de Montagenet sont beaux comme jamais : les plantations réalisées depuis plus de quatre ans sont en fleurs ou arrivent à maturité...
Pendant ce temps, les travaux d'aménagement du hameau se poursuivent et promettent quelques jolies surprises aux estivants (une deuxième salle de fêtes, une nouvelle salle de sport, un spa...).
Il n'y a qu'un point noir dans tout cela : malgré mes efforts, faire ces travaux en utilisant des techniques et des matériaux compatibles avec une double exigence d'économie d'énergie et de qualité environnementale est tout sauf facile.
Pour trois raisons :
1- l'information sur ces matières reste un maquis décourageant. Allez, par exemple, si vous voulez installer une éolienne, chercher à comprendre sur le site de l'Ademe ou quelque autre, quelles démarches concrètes entreprendre, quelles études mener, quelles aides escompter, quels accords passer avec EDF...
2- les entreprises du BTP sont encore peu ou pas formées à l'expertise des nouvelles techniques d'isolation ou d'économie d'énergie. Et quand elles le sont, c'est d'abord par leurs fournisseurs, dont on imagine à quel point ils ont intérêt à leur apporter des informations objectives.
3- les filières de production des matériaux éco-compatibles ne sont pas encore suffisamment développées pour pratiquer des prix compétitifs . Un exemple ? Les devis d'isolation du toit d'une de mes granges variaient de 25.000 à 45.000 €, selon que j'optais pour de la laine de verre ou du chanvre. On est loin des 15% de surcoût généralement admis pour une construction HQE.
Alors on fait comme on peut, et on peut peu :)
Au moment où la bio-diversité est, chaque jour, plus menacée, l'Association Kokopelli s'emploie depuis 15 ans à préserver, en France et ailleurs (en Inde, par exemple), des variétés anciennes de végétaux, principalement des légumes.
L’association s’appuie sur un réseau d’adhérents qui pratiquent de nombreux échanges de semences dans divers buts dont celui de bénéficier de variétés que l’on ne trouvera généralement pas aux étals, des variétés qui offrent notamment des goûts (et des couleurs) particulièrement intéressants : des qualités organoleptiques rares et originales dans le paysage alimentaire courant.
Kokopelli agit également dans le cadre d’échanges internationaux dans le Tiers-Monde : production de semences données aux paysans et paysannes, organisation de formations à la production de semences, création de banques de semences, soutien à la création de réseaux paysans semenciers.
D’un point de vue biologique l’activité de l’association a pour conséquence que des espèces et variétés qui dormiraient dans quelques banques de semences, au risque de s’y perdre ou d’y être oubliées, sont mises en culture chaque année, à petite échelle, par quelques milliers de jardiniers pour ce qui concerne la France.
Dans une vision utilitariste, l’association assure donc la préservation active et efficace de gènes qui pourraient nous servir dans l’avenir.
Cela ne porte aucun préjudice au commerce ni au "libre jeu du marché" : dans notre économie "libérale" le commerce de ces semences est une des formes "du marché" dont l’existence peut être défendue au nom de la liberté d’entreprendre.
Quels sont les volumes concernés ? Environ 4000 jardiniers produisent leurs graines ou les achètent à l’association.
A quel montant d’achat peut-on estimer le panier de graines d’un jardinier ? 20 euros par an ?
Cela donnerait un chiffre d’affaire de 80.000 €, que ne percevraient pas les semenciers "officiels" : on peut probablement estimer ce montant comme négligeable par rapport à l’ensemble du marché, le bénéfice annuel d’un seul semencier "officiel" pouvant être de 800.000 euros, comme le laisse entendre l’association dans son dernier communiqué : Kokopelli : biodiversité, la fin des illusions.
Même si ce montant était 100 fois plus important, le dommage serait négligeable à différents points de vue dont le plus sensible est celui de la conservation des espèces et de la biodiversité.
On la sait menacée de toutes parts et nous devrions être tous conscients que son amoindrissement régulier est une perte irrémédiable qui pourrait entraîner la nôtre.
Pensons ici à ces affections plus ou moins indéterminées qui déciment les colonies d’abeilles à peu près partout dans le monde. La disparition des abeilles entraînerait celle de la plupart des espèces qui se reproduisent par pollinisation, soit au moins 30% de nos ressources alimentaires, de nos fleurs...
Il y a donc une urgence extrême à préserver la biodiversité dont nous bénéficions encore, urgence à empêcher la disparition de la moindre des espèces, la moindre variété : nous sommes dans le cours de la sixième grande extinction des espèces que la Terre ait connu, cette extinction est de notre fait, nous en sommes responsables et rien n’indique qu’elle ne s’aggrave pas, bien au contraire.
Sur l’aspect de la nature de notre civilisation, de sa qualité, elle intègre le fait de s’alimenter et a porté à un très haut degré de finesse ce que nous appelons "gastronomie" ou "cuisine" : il ne s’est jamais vendu plus de livre de cuisine que dans ces dernières années. Preuve s’il en fallait que cet aspect de notre civilisation intéresse beaucoup de nos contemporains.
Mais en amont de la cuisine, de la gastronomie, il y a les "produits", les légumes, fleurs, fruits...
Et
telle tomate bleue, rouge ou blanche, née d’une des graines sortie d’un
sachet de chez Kokopelli ne ressemblera en rien, dans l’assiette, à ce
que l’on cueille sur un très officiel pied "d’hybride F1".
Il convient de souligner ce fait dans un pays qui organise chaque année une "journée du goût" et dans lequel on voudrait exercer une "politique de civilisation" : les sommets de la gastronomie (car de grands "chefs" utilisent de ces légumes "interdits") devraient-ils en être exclus ?
Exclus parce-que ces fameuses semences de Kokopelli ne sont pas inscrites au registre officiel des semences (l’inscription est fort coûteuse), un registre dont il n’existe pas d’équivalent dans tous les pays du monde, et qui empêche en France la commercialisation, sous quelque forme que ce soit, d’espèces et de variétés non inscrites.
Ce registre est une sorte de "spécialité civilisationnelle" française qui a permis que l’association Kokopelli vienne d’être condamnée à un total de 35.000 euros d’amendes, frais et indemnités.
Kokopelli compte à ce jour environ 4.300 adhérents, les adhésions sont possibles sous 3 titres : soutien à 20 euros, actif à 60 euros et bienfaiteur à 150 euros.
Une multiplication rapide par 10 ou plus de ce nombre d’adhérents serait un signal fort donné par celles et ceux qui pensent que la biodiversité n’a pas de prix à nos législateurs afin qu’ils modifient les règles en vigueur, qui ont permis ces condamnations.
A défaut d’autres actions (non violentes bien entendu), c’est le moins que chacun puisse faire pour défendre des défenseurs de la biodiversité, du goût et de la liberté.
(texte très très largement volé à jcm, que je remercie ici)
Au fil des nuits, des jours, des humeurs et des urgences, vous y trouverez des coups de gueule sans pitié et des coups de chapeau sans frontières.
Vous y trouverez également des informations peu répandues ou non mises en perspective sur les médias traditionnels, des éléments d’analyse politique, sous-tendus par une conviction simple : ce monde est trop beau pour qu’on accepte, sans sourciller, qu’il se fasse tant de mal.
Vous y trouverez enfin, au-delà de la critique, des propositions citoyennes, soucieuses du long terme, pour changer le monde. S’il veut. Ou, plutôt, si VOUS le voulez.
Freemen est un réseau de blogs, dont les auteurs sont convaincus que :
• le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique
• s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance».
Au delà, comme le nom “Freemen“ l’indique, chacun pense, écrit ce qu’il veut, comme il le veut, sur son blog.
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