Appelons-le Kumar. Il a 45 ans. Il habite le Tamil-Nadu, dans le Sud-Est de l'Inde : “En 10 ans, la mondialisation a apporté à l'Inde des bienfaits matériels innombrables. L'industrie, les services, le commerce se sont développés comme jamais. Une nouvelle classe, forte de quelques 200 à 300 millions de personnes, a acquis un standard de vie quasiment comparable à celui des pays développés.
“Mais le prix social à payer pour cette prospérité de 20% de la population est exhorbitant. Je vois “mon“ Inde faire eau de toutes parts.
“Il y a d'abord les ravages économiques : 1 milliard d'Indiens restent pauvres, très pauvres, relativement et absolument. La différence avec les élus de la mondialisation ne fait que s'accroître.
Un chiffre suffira : le salaire moyen de 80% de la population reste très en-deçà de 50 €; avec une nouveauté : il y a 10 ou 20 ans, les tentations du monde de la consommation étaient ignorées par cette population. On vivait -mal, très mal- dans l'auto-suffisance et l'ignorance ou l'absence de désir matériel.
“Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Tout adolescent veut sa moto, son portable, “vus à la télé“. Pas facile avec 30 ou même 50 € par mois.
“Ce nouveau monde, créateur de frustration consumériste, est destructeur des valeurs qui cimentaient la société indienne. Jusque là, dans une civilisation ancestrale, d'ailleurs contestable sous certains aspects (le système des castes, les mariages forcés, le primat des hommes...), le collectif primait sur l'individuel.
“En deux ou trois générations, cet équilibre-là est quasiment inversé et le lien social tissé par l'Histoire se défait en direct. Remplacé par quoi ? Au profit de quoi ? De valeurs “universelles“, comme a tenté de nous en convaincre l'Occident ? D'un humanisme hérité de Montaigne et des Lumières ?
“Non. Au profit du profit, de la gourmandise, de l'individu-roi, de la frustration de tous...
“En ce sens, si la crise actuelle met le holà à cette mondialisation-là, si elle est l'occasion de repenser un commerce entre civilisations qui ne sacrifie pas l'homme à l'individu, le lien social au veau d'or, elle peut devenir une chance pour tous.“




"repenser un commerce" : penses tu vraiment que nos élites puissent repenser quelque chose, remettre en cause leur schémas, appliquer d'autres patterns sur des modèles obsolètes mais si faciles à utiliser. ? Les déclarations des ministres suisse luxembourgeois autrichiens sur le secret bancaire sont révélateurs et ne sont que l'expression de l'incapacité du vieux monde à laisser commencer le nouveau .
Bon, patience et p'têtre que..., çà m'étonnerai, mais il n'y a pas le choix.
Rédigé par: luluberlu | 10 mars 2009 à 12:51
Sehr wertvolle Informationen! Empfehlen!
Rédigé par: gesundheit | 11 mars 2009 à 15:22