Ah ça, pour se démener, ça se démène ! Un discours par-ci, un sommet par-là, un voyage au bout du monde, un autre sommet, un autre discours...
Mais il faut le répéter : ça pédale dans le vide. Tous ces braves gouvernements sont comme le lièvre de la tortue. Ils courent comme des dératés, mais ils sont partis en retard. De six mois à un an. Ah, s'ils avaient lu Carnets de nuit l'an passé... :)
Hier, on évoquait le retard à l'allumage qu'allait mécaniquement prendre la recapitalisation des banques, puis leur motivation ou leur capacité à financer la trésorerie des entreprises. Le discours de Nicolas Sarkozy, aujourd'hui, offre un nouvel exemple de ce décalage.
Le Président de la République annonce un dégrèvement de taxe professionnelle pour les entreprises qui investiront : génial, se dit-on, on va aider les boites dynamiques, on prépare l'avenir !
Mais voila : le produit de la taxe professionnelle finance les collectivités territoriales et, singulièrement, les communes ; celles-ci qui sont, pour la plupart à l'agonie en trésorerie, apprécieront cette générosité qui les prive d'une partie significative de leurs revenus et les empêchera donc d'investir.
Oui, mais les entreprises ? Les lois n'étant pas rétroactives, on parle bien de leurs investissements en 2009 et 2010. Je vous fiche mon billet que les seules entreprises qui oseront investir en 2009 sont celles qui ont la trésorerie nécessaire. Les autres ont fermé les écoutilles depuis quelques mois déjà.
Eh bien, à ces boîtes qui n'ont pas les moyens d'investir et, pour l'heure, des banquiers aux abonnés absents pour les y aider, on annonce tout de go, avec énergie, qu'elles seront exemptées de taxe pro en 2010 et en 2011, si toutefois elles dépensent en 2009 et 2010 l'argent qu'elles n'ont pas.
Ça va leur faire une belle jambe pour passer Noël au chaud !
PS - Je ne prétends pas que vouloir réduire la taxe professionnelle est une mauvaise décision : la taxe pro est une aberration, puisqu'elle elle pénalise par l'impôt les seules entreprises qui embauchent et investissent.
Ce que je trouve criticable dans cette affaire, c'est le ravaudage inconséquent qu'on nous propose, la poudre aux yeux qu'on nous balance, le délai entre la parole, l'annonce, l'action et ses effets.
Alors qu'on est dans l'urgence, proposer des dégrèvements en 2010 et 2011 quand les entreprises sont à l'agonie maintenant, c'est très moyen ; le faire en allant piquer dans les caisses des communes qui sont structurellement au bord de la faillite du fait du délestage de responsabilités opéré par l'Etat sur leur dos, c'est plus que moyen.
A quand une vraie réforme (et par réforme, je n'entends pas comme d'autres, contre-réforme) de la taxe pro et une vraie réforme des finances des collectivités territoriales, plutôt que du bricolage ?




Eh oui, sans compter les emprunts pourris contractés par de très nombreuses collectivités territoriales, qui leur coûteront très cher...
Il faudra donc colmater du côté des villes et communes, tôt ou tard.
Quel autre jeu vaseux de vases communicants seront alors inventés ?
Quel pa(ta)quès fiscal... ?
Rédigé par : jcm | 23 octobre 2008 à 19:54
Ne serais ce pas des coups bas, dans le fion que les milieux de la haute oseille tentent de nous enfoncer avec beaucoup de vaseline. Tant que les peuples relâchent leur sphincters çà passe.
Et je sais que un jour, si sapiens vit encore, il se passera du système bancaire et de la finance qui coute très très cher aux bestioles que nous sommes.
Il suffira de presque rien.
Rédigé par : luluberlu | 24 octobre 2008 à 12:00