Eloge de l'ailleurs
Crise alimentaire, crise des matières premières, crise financière, enjeux environnementaux, évolution des institutions européennes, de la démocratie réelle, des services publics, des services sociaux, ...
A voir comment la plupart des organisations internationales, des Etats, des collectivités territoriales, montrent chaque jour leur infinie capacité à gérer les affaires du monde ou les affaires locales, leur sens de l'écoute, leur générosité, leur sens de l'anticipation, leur faculté à reconnaitre leurs erreurs et à en tirer les conséquences, leur désir de se réformer, leur modestie, leur honnêteté, leur transparence, leur ouverture intellectuelle, etc, on se demande s'il y a encore quelque chose à espérer et à construire avec elles.
Dès lors, que faire ? Il y a cinq possibilités :
1- être indifférent, leur laisser exercer lamentablement leur pauvre pouvoir, avec les conséquences inéluctables que l'on peut imaginer, pour chacun et pour tous,
2- se soumettre à leur dictature,
3- tenter encore et encore de discuter avec des autistes,
4- les affronter, dans un rapport de forces défavorable,
5- construire d'autres mondes -réels ou imaginaires, individuels ou collectifs-, des ailleurs libérés, en les ignorant superbement, en prenant peu à peu une indépendance de fait, les vidant peu à peu de leur substance... Après tout, c'est ce que font déjà les très riches et les malfaisants de toutes expèces (gangs, trafiquants, etc). Pourquoi laisser à ceux-là l'exclusivité de la résistance ?
Jusque là, j'étais tenté par la troisième solution. Mais je commence à fatiguer...




Commencer à fatiguer est sûrement une autre des solutions. Je crois que devant la tâche immense qui a l'air de se présenter devant nous, il est difficile d'être toujours "au top" et que la fatigue, l'abbatement, le découragement sont une dernière solution, qui heureusement est oubliée grâce à des nouvelles formes de "combats", des documentaires, des livres.
Rédigé par: alphoenix | 16 juin 2008 at 10:09
"J’en suis encore à m’demander
après tant et tant d’années,
a quoi ça sert..."
(François Béranger)
1 et 2 ne me conviennent pas.
3 est une façon douce de pratiquer 4.
5 : une autre voie de mettre 4 en œuvre du fait des conflits d'intérêt que cela provoquera.
5 : qu'est-ce qu'un "monde" ?
La sphérule dans laquelle chacun pourra s'enfermer de façon plus ou moins hermétique (probablement moins car il sera difficile d'échapper à des contraintes communes) est-elle un "monde" ou un isolement plus ou moins égoïste ?
Un "monde" doit-il rassembler beaucoup de monde pour mériter ce nom ?
Probablement oui si l'on désire que cet autre "monde" puisse un jour influencer le monde le plus commun, celui qui désespère aujourd'hui, en le vidant de sa substance.
Cette construction "d'autres mondes" me semble dans tous les cas très utopique s'il s'agit d'influencer le sort de l'humanité.
Un "4" non violent utilisant toutes les ficelles du "3" et du "5" ?
Parvenir à un résultat nécessite de la "force" sous diverses formes, et donc de l'union.
L'union : ce sera le plus difficile à conquérir...
Rédigé par: jcm | 16 juin 2008 at 10:22
bienvenue au club des qui sont, non pas fatigués mais lucide... et l'autre disait la lucidité te mène au désespoir et puis au suicide. lui c'est fait il a rejoint les terres des ancêtres, nous, : rire de notre désespoir en attendant de tirer la révérence au monde qui eu put et qui sera pour nos mioches aussi beau que pour nous quand on étaient mioches.
Il n'est envisageable que ta solution 5,
je laisse la 4 a ceux qui vont mourir.
Vivons l'utopie, mais rester en vie hasta la muerte, la plus grande satisfaction est de continuer à jouir malgré les "en costumés" du social, z'ont essayé les enculés de le casser en moi, sont pas responsables ils appliquent les ordres, faut becter....
Mais LULU leur éjaculera au fion jusqu'au bout.
Rédigé par: luluberlu | 16 juin 2008 at 13:19
lulu l'est en colère
,moi je citerai Christian Bobin(l'eloignement du monde):
"Si nous considerons notre vie dans notre rapport au monde, il nous faut resister à ce qu'on pretend faire de nous, refuser tout ce qui se presente -rôles, identités, fonctions- et surtout ne jamais rien ceder quant à notre solitude et à notre silence. etc...
et puis du même Bobin:
"Au regard du monde, les gens de pouvoir tiennent la place la plus haute. Au regard de l'esprit, ils occupent la place la plus basse et n'appellent que cette compassion que l'on éprouve devant de lourdes infirmités."
Vive les poëtes
Rédigé par: bg | 16 juin 2008 at 19:20
Si je peux me permettre José, fatigué, oui, tous mais comme luluberlu, ne rien lâcher. Continuer à s'opposer au genre de discours que tient Ax chez Thierry, continuer à vivre l'utopie. Nous avons en face de nous (et Nous représentent tout et presque son contraire) un pouvoir d'une puissance colossale mais pas sans limite. Fatigué parce qu'à notre échelle il ne se passe rien. Mais tout les progrès se sont opérés sans que la plupart de l'ensemble de leur initiateurs n'en ai vu l'once d'un résultat. C'est juste une question de rêve, d'envies, d'intelligences, de résistances. Nous pouvons ici et ailleurs grâce à certaines technologies continuer à penser autrement en sachant que d'autres le font aussi. Venir ici quotidiennement, chez d'autres, me permet à moi de penser ce que j'étais incapable de penser seul, d'envisager que d'autres voudraient construire quelque chose de différent pour ne pas dire nouveau, que moi petit rien je peux tenter des choses à mon échelle, je peux rejoindre d'autres.
Ce que je veux dire, José, c'est que nous soyons à un tournant ou pas, j'en sais rien, absolument rien, n'a pas d'importance mais certaines manières de considérer le monde germent de ci de là et qu'elles ont besoin de l'apport que toi et d'autres faites. C'est ça qui à petite échelle peut permettre de se dire "tiens je vais faire autrement, je vais reconsidérer mon système". Il s'agit d'un maillage. Bref je m'embrouille mais si quelque part au fond de toi tu te dis que merde t'es naze, t'en as marre, continu.
Serrons les dents ! mais continuons tant qu'on peut.
Rédigé par: lény | 17 juin 2008 at 10:38
@ leny : relâche les dents, Sapiens n'a plus de prédateur, il est maitre de son présent et sans angoisse peut tracer son chemin qui inexorablement mène là où l'on sait: poussière d'étoile.
Rédigé par: luluberlu | 17 juin 2008 at 12:35
6) La révolution José, la révolution !
Rédigé par: Farid | 17 juin 2008 at 13:41