Une force de défense civile internationale ?
Les effets dévastateurs du cyclone Nargis dans le sud de la Birmanie (les chiffres avancés sont égaux ou supérieurs à 100.000 morts, 1 million de sinistrés, 24 millions de personnes affectées par les inondations, sur une population d'environ 57 millions), posent, une fois de plus, la question du fonctionnement des instances de régulation ou de gouvernance internationale.
L'ONU, en capacité de décider les interventions militaires que l'ont sait en Irak (1991) ou en Afghanistan (2002), avec les conséquences douteuses que chacun peut constater, reste impuissant face aux drames humanitaires de grande ampleur.
Dans le drame actuel, la dictature birmane préfère le maintien de son pouvoir au sauvetage de son peuple et rechigne à s'ouvrir à l'aide internationale. La Russie et la Chine ont stupidement barré l'heureuse initiative de la France, qui avait proposé de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies pour obliger la junte à s'ouvrir.
Ne serait-il pas temps de créer une force d'intervention de défense civile internationale et, pourquoi pas, d'abord européenne, susceptible de se déplacer, sans négociation préalable, sur de courtes périodes (moins d'un an), pour porter assistance médicale, alimentaire, renfort de génie civil et de maintien de l'ordre, dans les cas de catastrophe naturelle qui semblent se multiplier avec la croissance des dérèglements climatiques ?




L'idée est séduisante, José, mais...
Cette force civile serait chargée d'intervenir quelle que soit la réaction du gouvernement en place, réaction qui pourrait être militaire.
Devrait-on alors envoyer des éléments armés (et en proportion aux forces que pourrait déployer le gouvernement récalcitrant) afin de permettre le travail de la force civile ?
Il y a là comme un problème...
Rédigé par: jcm | le 08 mai 2008 à 17:17
@jcm : La question est de savoir si l'on parle de “supra“-nationalité ou pas.
Y a-t-il quelque chose, une autorité, qui peut ou doit s'imposer, par-dessus l'autorité des Etats, au nom de l'intérêt général ou au nom de l'intérêt humanitaire, dans un cas de catastrophe naturelle ? Mon opinion, qui vaut ce qu'elle vaut, est que oui.
A partir de là, entrer en force dans un pays (pour protéger des brigades internationales de défense civile et, éventuellement, les populations), est légitime.
Dans l'état de désorganisation et de faiblesse où doit se trouver la Birmanie, ce ne devrait pas être si problématique que ça, militairement.
Mais on est réellement, avec la Birmanie, dans un cas de figure relativement exceptionnel. Peu de pays sont susceptibles de refuser ou de ralentir une aide ce type, dès lors qu'elle serait “chartée“, limitée dans ses domaines d'intervention, ses effets et sa durée.
Rédigé par: José | le 08 mai 2008 à 17:44
Peut-être cela vaudrait-il pour la Birmanie, mais imaginons une grosse catastrophe au Pakistan, et un refus de sa part de cette intervention.
Il pourrait bien y avoir 2 poids et 2 mesures, José, en fonction des forces en présence.
Cela dit je te suis dans l'idée qu'une autorité devrait pouvoir s'imposer au nom de l'intérêt général, dans un cas de catastrophe.
Mais cette junte Birmane n'est-elle pas en elle-même une catastrophe (non naturelle, organisée) depuis longtemps, qui ne respecte aucun "intérêt général" ?
De même pour Mugabe au Zimbabwe, etc...
D'un côté on refuse la souffrance causée par un événement qui ne dépend de la volonté de personne et l'on tient à agir.
D'un autre côté on accepte la souffrance causée par un gouvernement et on laisse faire.
Quel est le critère ?
La quantité de souffrances (et de victimes) dans un temps donné ?
D'un côté la soudaineté et l'ampleur, qui suscitent l'émotion, de l'autre l'habitude...
Rédigé par: jcm | le 08 mai 2008 à 18:07
bonjour,
Un des engagements pris apres le tsunami de 2004: un systeme d’alerte des populations a manqué (pourtant efficace vu le precedent au Bangladesh lors du cyclone Sidr),aggravé par la sous estimation de la force du cyclone lors de sa formation ?.
Et pas plus qu’au Bangladesh, victime en novembre du précédent cyclone du secteur, ou en Indonésie, siège du tsunami de 2004, il n’est prévu quoi que ce soit pour héberger les familles de pêcheurs loin des zones inondables et des glissements de terrain potentiels…Pourtant le regime avait anticipé pour lui meme,construction d’une nouvelle capitale administrative a 400 km a l’interieur des terres.
L’urgence d’une force de secours internationale :
Montée des eaux des mers de 70 mètres : vers un changement de civilisation.
Emmanuel Lézy est Maître de Conférence en Géographie à l’Université de Paris X Nanterre et membre du Laboratoire GECKO (Laboratoire de Géographie Comparée des Nords et des Suds). Son article est publié à cette adresse :
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1958
Rédigé par: vladimir | le 09 mai 2008 à 09:13
Attention aux manip !!
Penser dans l’urgence par Rony Brauman Voir la conférence 1h50
http://php.bm-lyon.fr/video_conf/detail.php?id=145
Urgence, catastrophe et environnement
62 minutes avec Patrick Pelloux
http://agenda.cnam.fr/mediascnam/Conferences/2008/080122_Urgence_PPelloux_800x500_RealLD.htm
Rédigé par: Arlequin | le 09 mai 2008 à 18:08
Putain et moi qui pensai qu'un jour je vivrais la grande nation planétaire. C'est foutu pour cette vie. Je reviendrais dans dix générations.....
Rédigé par: luluberlu | le 11 mai 2008 à 12:31