Nicolas Sarkozy : “décisions“ et rideaux de fumée
C'est François Mitterrand, je crois, qui a dit en substance : “Au total, un président ne prend que deux ou trois décisions au cours de son septennat.“ Nicolas Sarkozy, lui, dit prendre une dizaine de décisions par jour.
Soit l'un n'en faisait pas assez, soit l'autre en fait trop, ce qui n'est pas impossible dans les deux cas. Soit ils n'accordent pas le même sens aux mots, ni à leur charge.
L'un pensait aux décisions stratégiques que constituent la nomination du premier ministre et de l'orientation politique qui va avec, ou qu'appellent la situation internationale. L'autre semble mettre dans le même sac toutes sortes de décisions, qu'elles soient stratégiques ou tactiques.
Toutes choses n'étant pas égales par ailleurs, cette mise à plat du monde écrase toute hiérarchie, rend brouillonne et peu lisible la politique de Nicolas Sarkozy. Est-ce une marque de caractère, une incapacité à gouverner ou une tactique ?
A regarder simplement deux “décisions“ de Nicolas Sarkozy, j'opterais pour la tactique. Prenons l'Europe et l'Afghanistan, deux sujets dans lesquels l'embrouille masque une vraie cohérence.
Dans le premier cas, il a embrouillé son monde avec le “traité simplifié“. Il s'est vanté d'en être l'artisan (au grand dam de la présidence Merkel qui n'a rien cédé à la France) et a même dit un jour en public que c'était un texte de 20 pages : il est long de centaines de pages, plus illisible encore que l'original et simplifié ni dans la forme, ni dans le fond. Le “maquillage“, le déni de démocratie est passé comme une lettre à la poste, avec la complicité de la majorité des socialistes. Rideau de fumée, mensonge, mais cohérence.
Dans le second cas, il essaie d'embrouiller tout le monde, en s'alignant comme un seul homme sur la politique américaine, en envoyant des renforts militaires sur un terrain miné et en proclamant hier soir, pour rattraper ses propres déclarations antérieures, qu'il n'y a pas de guerre en Afghanistan. Il y avait des armes de destruction massive en Irak, il n'y a pas de guerre en Afghanistan. Rideau de fumée, mensonge éhonté, mais, là encore, cohérence de “Sarko l'américain“.
Est-ce cette cohérence-là, notamment déguisée en “réformes“, s'agissant de politique économique, financière et sociale, que souhaitent les français ? Je ne le pense pas.




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