Grâce à “Ardoise“, mon cul, c'est du poulet ?
Le logiciel Ardoise est une nouvelle application, spécifiquement développée pour l'usage des fonctionnaires de police. Ardoise a vocation à remplacer le logiciel de rédaction de procédure (LRP) et celui de traitement des infractions constatées (STIC). Présenté comme appelé à “révolutionner les méthodes de travail actuelles“, Ardoise doit faciliter la rédaction de procédures, l'aide à l'enquête et la constitution de statistiques.
Ce logiciel (sur lequel sont actuellement formés des fonctionnaires) permettrait notamment de rentrer des renseignements personnels sur toute personne ayant un contact avec la police ou la gendarmerie dans une procédure, qu'elle soit "entendue comme victime, témoin ou auteur".
"La saisie de ces informations a vocation à établir une fiche profilée de chaque personne ayant un contact avec la police dans le cadre d'une procédure". Cette fiche serait "consultable sur tout le territoire national par les forces de l'ordre (...) à chaque fois que cette personne aurait à faire à elles".
Ainsi, un policier ou un gendarme pourrait préciser dans la rubrique “état de la personne“ les informations suivantes : "homosexuel", "transsexuel", "personne se livrant à la prostitution", "travesti", "relation habituelle avec personne prostituée", "usager de stupéfiants", "handicapé", "sans domicile fixe"ou encore "permanent syndical ".
Signe d'ouverture, oubli ou négligence, apparemment, aucune case “gitan“ ou “juif“ n'est prévue.
Le Collectif contre l'homophobie a saisi lundi la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) et la Commission nationale consultative des droits de l'Homme, afin de s'opposer à la mise en service de ce logiciel par le ministère de l'Intérieur.
"Nous partageons le malaise de nombreux policiers et gendarmes ; comme eux, nous avons du mal à saisir l’intérêt de la mention de certains détails et les finalités de ce profilage“, explique Hussein Bourgi du Collectif contre l’homophobie. “Nous sommes particulièrement inquiets face au risque de constitution de fichiers catégoriels que ce logiciel pourrait permettre".
On attend avec intérêt la manifestation du collectif des usagers de stupéfiants, ou celui des permanents syndicaux. Les fans des droits de l'homme et des libertés au Tibet et autres non-encore-fichés sont également les bienvenus, car si la liberté ne se partage pas, le goût de la liberté devrait être une affaire commune et non celle des seuls concernés.
PS : Pour info, l'homosexualité a été dépénalisée par Robert Badinter, Ministre de la Justice, par la loi du 5 août 1982 ; les fichiers d’homosexuels ont alors été détruits,
à la demande expresse du Ministre de l’Intérieur, Gaston Defferre.
PS2 : Pourquoi la CNIL n'est-elle pas automatiquement saisie ou n'a-t-elle pas le pouvoir de s'auto-saisir dans un cas comme celui-là ?




En passant, j'aime beaucoup avoir affaire à l'orthographe policière telle que "cette personne aurait à faire à elles" !
Sur le fond, entièrement d'accord avec le billet.
Rédigé par: blop | le 15 avril 2008 à 15:47
on pourrait enfin savoir le chiffre tant recherché du nombre de drogués pédés en france, et ça, dans bien plus de domaines que tout ce que sarkozy a survolé, ça sauverait la france...
Rédigé par: zoupic | le 15 avril 2008 à 19:15