Un pays tourné vers l'avenir
Le dernier poilu de la guerre de 14-18 est mort de sa belle mort voici quelques jours.
On pouvait craindre le pire pour la France : une occasion perdue de se souvenir, de faire marche arrière, de cultiver le devoir de mémoire, la leçon de repentance, l'exercice de contrition, la dictée d'expiation, la révision des multiplications, des divisions, des gloires, des fautes et des erreurs de notre glorieux passé.
Dieu merci, le génie français est sans limites.
Dès demain, nous serons fort opportunément le 22 mars : ce jour-là, voici 40 ans, des étudiants de Nanterre entraient en force dans le dortoir des filles, jusque là interdit aux hommes et donnaient le coup d'envoi local à un printemps mouvementé...
Dans les trois mois qui viennent, on va donc bouffer du mai 68 jusqu'à plus soif.
Ça va certes nous changer des deux guerres mondiales, de la Shoah, de Pétain, des collabos, de la colonisation, de l'esclavage, de la guerre d'Algérie, mais bon, si l'on excepte que ça va faire tourner le commerce (magazines, livres, programmes audiovisuels, DVD et compagnie), ça ne va pas beaucoup nous aider à vivre le présent ou à préparer l'avenir. A moins que...
PS - Bien sûr, j'adore l'Histoire et je suis, comme tout un chacun, sensible au souvenir de ma jeunesse... Mais j'aime beaucoup moins l'utilisation pathologique qu'on fait du passé dans ce pays.




Mai 68 c'est un petit moment de l'histoire ou les quidams ont pu prendre conscience de ce qu'était la "Praxis", peu de générations eurent cette chance.
Rédigé par: luluberlu | le 25 mars 2008 à 13:16