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31 mars 2008

Quelle confiance peut-on accorder à la parole “officielle“ ?

Le propre d'un “philosophe“ est de s'interroger et d'interroger, plutôt que d'affirmer, de jeter l'anathème et d'insulter.

A cette aune, Robert Redeker est donc bien peu “philosophe“. Il s'était illustré voici deux ans par une tribune dans Le Figaro, très polémique contre l'islamisme, qui lui avait valu des menaces de mort et provoqué en France un débat sur la censure et la liberté de parole.

Robert Redeker a publié samedi, dans Le Monde, une nouvelle tribune destinée à faire polémique, à l'occasion des doutes émis par Marion Cotillard sur la responsabilité des attentats du 11 septembre : celle-ci, se fondant sur des étrangetés révélées par des enquêtes “indépendantes“, reprend des thèses selon lesquelles la responsabilité de ces événements serait, à tout le moins, partagée par les autorités américaines, qui auraient laissé faire, provoqué ou participé à l'opération, bref, que celle-ci serait le résultat d'un complot, destiné à mobiliser le monde contre les islamistes et à préparer les interventions militaires en Afghanistan et en Irak.

L'argumentation de Robert Redeker a l'avantage d'être rustique : ceux qui émettent des doutes ou nient la version officielle des événements du 11 septembre sont “d'une insondable sottise“, témoignent d'une “vision délirante selon laquelle la réalité, jusque dans ses détails, fait l'objet d'une manipulation occulte dont la vérité est masquée à l'humanité. Ce conspirationnisme se développe à partir d'un usage dément du principe du doute.“ Sottise donc, démence et, pour faire bon poids, au bout de tout cela, “négationnisme“.

Une chose est absolument sûre : je ne connais pas l'entière “vérité“ sur les événements du 11 septembre, y compris ses arrières-boutiques, mais Redeker non plus.

A partir de là, le sujet est plutôt le suivant : que peut-on, que doit-on “croire“ de tout ce qu'on voit et entend, qu'il s'agisse de thèses officielles ou de thèses “complotistes“, sur ce sujet et sur d'autres ? N'en déplaise à ce Monsieur “philosophe“, la réponse n'a rien d'évident.

Devait-on croire Colin Powell lorsqu'il brandissait à la Tribune de l'ONU les “preuves“ photographiques de la réalité des armes de destruction massive mises au point par Saddam Hussein ? Devait-on croire les autorités françaises quand elles nous rassuraient en affirmant que le nuage de Tchernobyl avait le bon goût de s'arrêter pile aux frontières de notre pays ?

Doit-on croire ceux qui, dans la même phrase, disent leur foi en la démocratie et piétinent le suffrage universel lorsque son expression ne leur convient pas, comme l'a montré l'aventure du Traité européen ? Doit-on croire les publications de résultats maquillés des banques internationales lorsqu'elles tentent de minimiser ou de délayer leurs pertes liées aux subprimes ? Doit-on croire tel ou tel officiel lorsqu'il annonce des chiffres (sur l'insécurité, la croissance, le chômage, l'inflation) que la réalité dément quelques semaines ou quelques mois plus tard ? Doit-on croire tel média lorsque, volontairement ou par paresse intellectuelle, il simplifie, travestit ou masque le réel, dans son intérêt popre, celui de ses actionnaires ou celui de ses alliés politiques ? Etc, etc.

La réalité est que nous vivons dans un monde, soit-disant transparent, où la parole, officielle ou pas, vaut ce qu'elle vaut, mais guère plus.

Avec une nouveauté notable, fille de multipolarité et du multimedia : le pouvoir, ses secrets, ses mensonges, ses manipulations, ses informations ou sa parole, s'ils restent majoritairement aux mains des puissances de l'argent et de la politique, sont, de moins de moins, l'apanage exclusif des seuls “officiels“.

A partir de là, on peut concevoir que la confiance en la parole, officielle ou pas, fasse défaut et que le doute s'installe. C'est peut-être regrettable, sot et délirant, mais c'est comme ça.

30 mars 2008

Les droits de l'homme, un bien bel instrument idéologique

A partir de 1492, les européens ont exporté leurs savoir-faire, leurs valeurs, leurs religions, vers les territoires qu'ils colonisaient, en Amérique, en Afrique, en Asie. Ils imposaient leur idéologie, que leurs armes savaient rendre convaincante. On pourrait dire aussi : ils avaient des armes convaincantes, que leur idéologie ornait joliment.

Au nom de la civilisation, de valeurs devenues “universelles“ par l'opération du Saint-Esprit et de la puissance technologique et militaire, en toute bonne foi, en toute charité chrétienne, des millions d'hommes ont ainsi été massacrés sur plusieurs continents, et les survivants souvent réduits, pour plusieurs siècles parfois, à l'esclavage, au servage, aux tâches mineures et souvent à la misère... Mais dans le respect de la vraie foi.

Puis l'Occident s'est lassé de la religion ou plutôt s'en est donné d'autres : les droits de l'homme, la démocratie...

Comme le message du Christ, cette idéologie donne régulièrement lieu à quelques exercices d'assouplissement.

Derniers exemples en date : quand les américains veulent sécuriser leurs approvisionnements en pétrole, voire couper ceux des chinois, ils inventent une bonne histoire, à base “d'armes de destruction massive“, d'“instauration de la démocratie dans la région“, de “lutte du bien contre le mal“,  et hop, ils partent avec armes et bagages s'embourber à dix mille kilomètres de chez eux ; quand les français votent contre la Contitution européenne, on en change le nom, on la “simplifie“ en la rendant plus illisible encore et hop, on la fait adopter en catimini par les parlementaires. Nous en sommes là.

Une chose n'a pas changé : nos valeurs d'aujourd'hui sont toujours “universelles“. Elles doivent donc naturellement s'imposer à tous. De gré ou... De force.

Une petite chose a changé : les indigènes, les naturels, les sauvages quoi, ui se croient aussi (ou aussi peu) civilisés que nous, sont devenus rétifs à notre sens du bien et du mal, de la démocratie, à notre idéologie des droits de l'homme et du citoyen. Ils ne comprennent rien à leur beauté et les prennent même parfois pour des instruments de domination.

Incroyable, non ?...



29 mars 2008

Déficits publics : c'est pas moi, c'est l'autre

L'INSEE, qui a confirmé hier le taux de croissance français de l'an passé (1,9%) a, par ailleurs, indiqué que la dette s'est creusée de 60 milliards : elle représente 64,2% du PIB et atteint 1.209,5 milliards d'Euros (soit 18.759,75 Euros pour chacun des 64 473 140 français).

L'INSEE a également révisé les chiffres des déficits publics pour 2007 : avec 50,6 milliards d'Euros, en augmentation de 7,3 milliards d'Euros sur les prévisions, ils passent ainsi de 2,4% à 2,7% du PIB.

Les comptes publics incluent trois domaines : le budget de l'Etat (41,8 milliards d'Euros), ceux des collectivités territoriales (régions, départements, communes, en déficit de 7,2 milliards) et celui de la sécurité sociale (en déficit de 1,6 milliards, deux fois moins qu'en 2006).

Aussitôt, on nous a expliqué que l'augmentation de ces déficits étaiet principalement due aux collectivités territoriales, comme par hasard majoritairement gérées par des socialistes.

Celles-ci n'ont pas tardé à répliquer, qu'elles soient de gauche ou de droite. Le dérapage des dépenses des collectivités territoriales “s'explique uniquement par les transferts de compétences décidés par l'Etat“, non entièrement financés. 

Exemple : l'Etat transfère aux collectivités territoriales les transports régionaux, les routes ou autres. L'année du transfert, il apporte 100% du financement. Tout va bien. En année 2, les coûts de ces prestations (salaires, entretien des matériels, sous-traitance, etc) augmentent : trop tard, l'Etat n'est plus responsable. Il laisse donc les collectivités se débrouiller avec les surcoûts.

Sur plusieurs années, le financement de ces surcoûts devient sportif. Dixit un maire UMP, cité par Libération : “On récupère des compétences, on doit gérer le social, les emplois aidés se font rares. Tenir les comptes, ça devient acrobatique.“

PS : Hasards du calendrier, selon les experts de la banque Goldman Sachs, le déficit du budget fédéral américain devrait dépasser 500 milliards de dollars (315 milliards d'euros) pour l'année fiscale prenant fin en septembre 2008, soit bien au-dessus des 410 milliards de dollars prévus au mois de février.

28 mars 2008

Good god, la first lady britannique s'exhibe à poil !

Ces deux derniers jours, Sa Majesté Très Chrétienne a été reçue avec faste par Sa Majesté Très Britannique (Lili, don't forget to recount the silver-gilt spoons after Nicky's gone !).

Elle a saisi cette occasion pour souligner avec force son goût king-king des châteaux (“Nous pourrons dire : nous y étions“).

Par ailleurs, Elle a réaffirmé ses convictions atlantistes, esquissé un renversement d'alliances (c'est Angela qui doit être contente d'en être débarrassée), annoncé l'envoi de troupes françaises destinées à renforcer l'enlisement occidental en Afghanistan, réitéré son admiration des réformes conduites depuis bientôt 30 ans en Grande-Bretagne, et dont la crise financière actuelle pourrait d'ailleurs montrer les limites.

Elle a, en outre, entre la poire et le fromage, fustigé les excès du capitalisme financier, surnommé pour l'occasion “capitalisme de la frivolité“ (en anglais : “UB40, Me be for Chablis“), ce qui ne mange pas de brioche et ce dont on se félicite évidemment ici.

En marge de cette visite d'Etat “formidable“ (en anglais : “For me, double !“), la presse de la perfide Albion s'est autorisée à publier une photo de la très gracieuse Première Dame Gauloise (la PéDéGère, en quelque sorte), sans filtre et dans le plus simple appareil.

Face à cette provocation insupportable, nous nous permettons de publier ici deux clichés inédits de la First Lady britannique, Philip Mountbatten, duc d'Edimbourg, dont on distingue clairement ici qu'il s'exhibe à poil en public, sans tambour ni trompette, mais au son du fifre et du biniou, au grand dam d'une dame qu'on ne reconnait pas bien et qui semble apprécier diversement ce spectacle choquant.

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27 mars 2008

Le Tibet, plus proche de Wall Street qu'on ne croit ?

Lhassa Ecoute de l'interview d'un officiel chinois. Affuté comme un couteau, l'apparatchik n'y va pas avec le dos de la cueiller : En gros, pourquoi l'emmerde-t-on avec Lhassa quand on est si près de Villiers-le Bel ? Interprétation moderne d'un vieil adage chinois, créé pour la circonstance : regarde dans quoi tu marches avant de te pincer le nez à ma vue.

La manipulation et la mauvaise foi du dignitaire sont patentes. Les tibétains sont petits, pacifiques et religieux, mais sans doute plus folkloriques que progressistes, avouons-le ; les chinois sont immenses, belliqueux et fort peu démocrates, convenons-en. Allez, la cause est entendue : les tibétains sont plutôt gentils et les chinois plutôt méchants.

C'est peut-être vrai. Et pourtant ?

Pourtant, nulle part je n'ai vu d'étonnement sur l'opportune concomitance entre les troubles au Tibet et les J.O. de Pékin. Nulle part, je n'ai vu de rapprochement, même lointain, entre les difficultés financières et économiques occidentales et l'ouverture d'un front de déstabilisation aux marches de la Chine.

C'est sans doute qu'il n'y a pas de rapport. Non ?

Je ne veux pas suggérer par là que la répression chinoise au Tibet est justifiée ou justifiable, ni que les manifestants, notamment religieux, n'y font pas preuve d'un courage admirable.

Mais j'aurais tendance à penser que d'autres ne sont pas totalement inertes au Tibet, qu'il y a quelques travaux de couverture en cours sur le Toit du monde et que la partie qui se joue n'est pas exactement celle que l'on voit.

26 mars 2008

50,8% de français vivent dans des villes de moins de 10.000 habitants

Il y a quelque temps, à l'occasion d'un post sur le développement d'écovilles à la campagne, j'ai reçu quelques réactions assez sanguines de gens indignés ou moqueurs : “la ville à la campagne, ce n'est pas l'avenir, c'est une lubie passéiste, un truc d'idéaliste rousseauiste.“

Et de considérer les mégapoles verticales et hypertrophiées comme le seul avenir de l'homme. Et d'envisager dans ce seul cadre la construction des 500.000 logements annuels nécessaires dans les 30 ans à venir.   

En m'intéressant aux comptes des communes, je tombe sur des données démographiques intéressantes sur le site du Ministère des Finances.

Si, effectivement, on peut considérer que 80% de la population française métropolitaine habite en zone urbaine (depuis 2007, c'est également le cas de plus de 50% de la population mondiale), ça ne signifie nullement qu'elle vit dans des grandes villes.

50,8% de la population vit dans des communes de moins de 10.000 habitants, et seulement 15,1% vit dans des villes de plus de 100.000 habitants (Paris inclus).

Voyez plutôt :

Recens

25 mars 2008

Le retour des nationalisations est-il pour demain ?

Depuis une trentaine d'années, le monde vit au rythme des privatisations, libéralisations et autres dérégulations.

Le discours dominant, inspiré par les penseurs et les thinktanks libéraux ou ultra-libéraux, relayé par les instances internationales (de l'OCDE à l'OMC, de la Banque Mondiale au FMI) et appliqué, depuis la présidence de Reagan et le gouvernement de Margaret Thatcher, par les hommes politiques de droite ou de gauche modérée de presque tous les pays, vise trois objectifs :

- restreindre le champ de l'action publique à ses tâches régaliennes et offrir plus d'espace à l'initiative privée,
- diminuer ou supprimer les contraintes financières et légales (barrières douanières, instances et textes de régulation) jusque-là imposées par des Etats dépeints comme liberticides, impuissants, improductifs et dépassés,
- favoriser la concurrence destinée à faciliter l'auto-régulation des marchés, pour la prospérité de tous.

Cette idéologie et ce discours sont justifiés, d'une part, par l'amplitude parfois peu rationnelle du champ d'intervention des Etats (en 1983, 1 salarié français sur 4 travaille dans le secteur public) et, d'autre part, par la gestion souvent médiocre (à la fois politique et peu commerciale) des entreprises du secteur public. 

A partir des années 70 et, de manière croissante puis accélérée depuis les années 80, ce constat a conduit les grands pays à privatiser des grands pans de leurs économies.

En France, après trois grandes vagues de nationalisations (1936, 1945, 1981), tous les gouvernements successifs ont dénationalisé massivement, à partir de 1986, le secteur bancaire et l'assurance, privatisé partiellement ou intégralement des entreprises nombreuses et disparates (de Renault à Usinor, de France Telecom à Rhône-Poulenc, de Thomson à Saint-Gobain, d'Air France à la SNECMA, de l'AFP à TF1, de GDF à EDF, etc).

Dans le même temps, les négociations internationales ont conduit à l'abaissement, voire à la suppression des barrières douanières et à l'assouplissement, voire à la totale dérégulation de l'économie et du commerce.

En quelques 30 ans, bon gré mal gré, les Etats se sont volontairement amputé de la possibilité d'intervention directe sur l'économie (mais l'Etat a-t-il vocation à être contructeur d'automobiles ?), et dépouillé de celle de réguler les flux financiers.

Livrés à eux-mêmes, les marchés économiques et financiers ont naturellement suivi leur pente. Elle a conduit, de proche en proche, à la dévalorisation relative du travail, à la rémunération proportionnellement croissante des revenus du capital.

Elle a également conduit au développement, dans des proportions inédites, d'un capitalisme financier, peu créateur de richesse matérielle par lui-même, mais se nourrissant de l'économie pour le profit croissant de quelques-uns.

En vingt ans, l'économie réelle s'est ainsi doublée d'une économie de casino, fondée sur la spéculation. Débarrassée d'entraves par la dérégulation et la mondialisation, la sphère financière a créé, multiplié, sophistiqué, complexifié des produits spéculatifs de plus en plus déconnectés de l'économie réelle et de plus en plus risqués. Témoins, les subprime mortgages et, plus généralement, la titrisation de tout et de n'importe quoi.

Cette économie de casino, comme tout autre, repose sur la confiance. La crise des subprimes a révélé la fragilité de l'édifice et a écorné la confiance. Ce que chacun ignorait ou voulait ignorer est désormais patent.

Le coût des subprimes et de leurs dommages collatéraux est situé quelque part entre 400 et 2.000 milliards de dollars, plus peut-être, dont quelques 150 seulement ont été jusqu'ici intégrés dans leurs comptes par les banques.

Cette lenteur à reconnaître les dommages a deux objets : épargner les dirigeants de chaque banque impliquée et éviter tout mouvement de panique. Elle a une conséquence : les banques ont perdu confiance en leurs concurrents, et en tout emprunteur potentiel. Du coup, elles restreignent ou coupent tout crédit et paralysent l'économie réelle.

Les autorités monétaires américaines ont jusqu'ici agi de deux manières pour apaiser les craintes, éviter un credit-crunch ou un effondrement généralisé des banques : elles ont drastiquement baissé leurs taux d'escompte (de 5,25% à 2,25%) pour desserrer le crédit, massivement injecté des liquidités et pris en pension pour quelques semaines 200 milliards de titres douteux.

Il est plus que probable que cela ne suffira pas. Mais dans le même temps, la Fed (organisme privé) et les autres banques centrales ne disposent pas de moyens illimités ou simplement suffisants pour faire face aux besoins du secteur bancaire. 

Dans ces conditions, la question est maintenant posée de savoir qui paiera les pertes du secteur bancaire.

Et c'est bien là que calent les tenants du libéralisme dominant qui, par un prompt retour, après avoir milité pour la privatisation des profits, commencent à nous expliquer qu'il faudra en venir à nationaliser les pertes.

“Les Etats-Unis devraient utiliser l'argent public pour venr en aide à leurs banques en détresse et calmer ainsi la crise financière mondiale", a affirmé le ministre japonais des services financiers, Yoshimi Watanabe, dans un entretien publié hier par le Financial Times. M. Watanabe a invité Washington à s'inspirer de l'exemple du Japon, dont le système bancaire avait été au bord de l'effondrement dans les années 1990 après l'éclatement d'une bulle spéculative immobilière, avant de se redresser grâce à un plan de sauvetage gouvernemental financé par le contribuable.

Le Monde rapportait ainsi hier : “Pour éviter que l'éclatement de la bulle du crédit immobilier américain ne fasse s'effondrer le système bancaire, toutes les solutions sont envisagées, même les plus radicales. L'hypothèse qui circule aujourd'hui aux Etats-Unis, dans le cas où la situation deviendrait incontrôlable, est celle d'un rachat massif par le gouvernement des produits financiers basés sur les crédits immobiliers ou mortgage backed securities (MBS). L'Etat apporterait sa caution et cela permettrait de régler le problème, récurrent depuis l'été, du financement des établissements bancaires dont les bilans portent des actifs dont il est devenu impossible d'établir la valeur.“

“Kenneth Rogoff, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) et professeur à Harvard, chiffre entre deux et trois mille milliards de dollars (jusqu'à deux milliards d'euros) le coût d'un tel rachat. Il estime que la perte serait d'au moins 500 milliards de dollars pour le contribuable américain. On serait dans la même logique, mais à une tout autre échelle, que le renflouement et la liquidation des Caisses d'épargne américaines à la fin des années 1980 à la suite déjà d'une crise immobilière“, explique M. Rogoff. Cela permettrait de donner une valeur aux crédits immobiliers et de chiffrer définitivement les pertes bancaires, ce qui rétablirait la confiance.“

Le Financial Times, dans son édition datée des 22 et 23 mars, indiquait que plusieurs banques
centrales, dont la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque d'Angleterre et la Banque centrale européenne (BCE), ont commencé à évoquer ensemble la possibilité d'une telle opération.

Celle-ci, compte tenu de l'importance des montants, ne pourrait être menée, en tout état de cause,  que par les Etats, avec l'argent public (qui ne court pas les rues, si l'on considère l'endettement des grands pays), c'est-à-dire celui des contribuables.

Avec des risques politiques collatéraux : comment justifier auprès de l'opinion l'utilisation d'argent public pour sauver des banques ayant pris des risques inconsidérés ? Comment justifier l'augmentation des impôts et la baisse de pouvoir d'achat qui ne manquera pas d'accompagner ce mouvement ?

En d'autres termes encore, vaut-il mieux “punir“ les banques endettées par leur gourmandise, en les laissant courir à a faillite, au risque de faire couler l'ensemble de l'économie, avec les conséquences sociales qu'on peut imaginer ? Ou vaut-il mieux que la puissance publique et les contribuables viennent, à leurs frais, au secours des tenants du libéralisme égoïste et prédateur, pour sauver ce qui peut l'être ?

Intéressant débat, non ?

23 mars 2008

Les bio-carburants favorisent le retour des famines

Le recours accru aux matières premières alimentaires pour la production de biocarburants met en péril l'approvisionnement alimentaire de la population mondiale. Il pose en outre des problèmes considérables pour l'approvisionnement en eau.

Voici quelques jours, Josette Sheeran, en charge du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations-Unies a indiqué : "Le changement d'orientation de nombreuses exploitations en faveur des biocarburants a détourné des terres de la chaîne alimentaire. Les prix des produits de base atteignent un tel niveau que le litre d'huile de palme en Afrique vaut ainsi autant que le litre de carburant."

Dans une interview au journal dominical NZZ am Sonntag, ce dimanche, Peter Brabeck, patron de Nestlé, premier groupe alimentaire mondial, abonde dans ce sens : "Si l'on veut couvrir 20% du besoin croissant en produits pétroliers avec des biocarburants, comme cela est prévu, il n'y aura plus rien à manger."

"Accorder d'énormes subventions pour les produire est inacceptable moralement et irresponsable",
a ajouté le dirigeant du groupe suisse, estimant que les millions de tonnes de maïs consacrées aux biocarburants sont autant en moins pour le secteur alimentaire.

La croissance spectaculaire de l'exploitation des biocarburants tire vers le haut les prix du maïs, du soja et du blé, les terres cultivables deviennent rares et l'eau est elle-aussi menacée, a déclaré M. Brabeck, estimant que pour produire un litre de bioéthanol il faut 4.000 litres d'eau.

Ces prises de position vont à l'encontre des politiques conduites depuis plusieurs années par une cinquantaine de pays -parmi lesquels on compte les Etats-Unis, la Chine et le Brésil- et l'Union européenne. Celle-ci a notamment fixé un objectif contraignant de production de 10 % de l'ensemble du marché des carburants pour 2020, applicable à l'ensemble de l'UE.

Dans un contexte démographique qui rend nécessaire l'augmentation de 50% de la production alimentaire d'ici 2030, la compétition entre cultures alimentaires et énergétiques conduit pour l'heure à l'abandon des jachères en Europe, à la déforestation au Brésil (et à ses conséquences prévisibles sur les émissions de CO2), à une augmentation des dépenses en eau et à une pollution accrue des nappes phréatiques.

Sans doute ne faudrait-il pas tarder à réviser ces politiques inconsidérées.

Vive le sport !

Alainbernarddetenteurrecordmonde100 Avant que des médecins ne dopent, ne droguent les cyclistes et, très certainement, la plupart des sportifs, au risque de leur équilibre, de leur santé et au deuil de l'esprit du sport,  il n'y avait sans doute rien de plus harmonieux que la fine musculature d'un nageur ou d'une nageuse.

Hier, ou était-ce avant-hier, un croisement de l'homme et du cachalot a battu un record du monde de natation.

Et tout le monde d'applaudir et de s'esbaudir, sans autre interrogation...

La France en Afghanistan

Nicolas Sarkozy, candidat, disait que plus de troupes françaises en Afghanistan “ne seraient pas décisives“. On avait alors 2.050 soldats présents là-bas, pour moitié sous l'autorité de l'Otan, pour moitié sous l'autorité de l'ONU. 

Au vu des résultats positifs de l'expédition en cours (l'Afghanistan est devenu le premier exportateur mondial de drogues, l'expédition internationale ne contrôle rien hors de Kaboul, etc), Nicolas Sarkozy président, sur le point d'envoyer 1.000 soldats français de plus en Afghanistan, serait bien inspiré de s'inspirer de lui-même.

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