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21 février 2008

Un cocktail gagnant : crise financière, croissance en berne et inflation

Six mois après son début, la crise des crédits immobiliers à risque aux Etats-Unis a déjà contraint les grandes banques internationales à passer plus de 150 milliards de dollars de dépréciations d'actifs.

On est loin du compte. Début février, les ministres des Finances et banquiers centraux du G7 ont demandé aux institutions financières de dévoiler "entièrement et rapidement" toutes leurs pertes liées au "subprime", le Fonds monétaire international (FMI) estimant qu'elles pourraient atteindre 400 milliards de dollars (soit l'quivalent du PIB de la Turquie ou de la Belgique).

D'autres sources (Jan Hatzius, chef économiste de Goldman Sachs) ont chiffré les pertes potentielles à quelques 2.000 milliards de dollar (soit, à 10% près, l'équivalent du PIB de l'Italie ou de la France).

L'AFP notait hier : “L'écart entre cette [ces] estimation[s] et les pertes déjà constatées est, en partie, imputable à la détérioration continue du marché du crédit, qui oblige les banques à passer sans cesse plus de dépréciations.

“Ces dépréciations résultent notamment de l'application des nouvelles normes comptables dites IFRS, qui obligent les banques à prendre comme référence les prix du marché pour évaluer les actifs de leur bilan.

“Mais nombre d'actifs bancaires ne bénéficient plus d'un prix de référence car les marchés en question sont au point mort, faute d'acheteurs. Il s'agit principalement des produits financiers complexes, dont les investisseurs ne veulent plus entendre parler.

“L'exercice d'évaluation de leurs actifs devient donc extrêmement complexe pour les banques, ce qui contribue à des résultats disparates.“

Comme prévu, le ralentissement immobilier et les difficultés financières qui y sont liées commencent à peser sur l'ensemble de l'économie.

Hier, la Fed a relevé ses prévisions d'inflation et abaissé ses prévisions de croissance en 2008 pour les Etats-Unis à une fourchette de 1,3 à 2%, contre 1,8 à 2,5% précédemment.

Hier également, le FMI, au terme d'une mission qui s'est conclue le 15 février, tout en délivrant un satisfecit à la politique économique de la France, a abaissé sa prévision de croissance à 1,5% pour cette année, contre un peu moins de 2% dans les Perspectives mondiales publiées par le FMI en octobre.

L'organisation dirigée par Dominique Strauss-Kahn fait valoir que la montée des prix du pétrole, l'appréciation de l'euro et le ralentissement des perspectives économiques des partenaires de la France freineront la croissance cette année.

Les risques entourant la nouvelle prévision de 1,5% tendent à s'équilibrer, indique le document. "La conjoncture internationale pourrait entraîner des performances moins bonnes que prévu, tandis qu'une forte reprise dans les secteurs de l'aéronautique et de l'automobile pourrait entraîner des résultats meilleurs qu'escompté". Il ajoute qu'un redressement est attendu en 2009-2010.

Même tendance, ce matin, pour la Commission européenne, qui a revu en baisse sa prévision de croissance du PIB de la France à 1,7% cette année, en raison d'un acquis de croissance plus faible que prévu, d'une hausse de l'inflation ainsi que de la détérioration de l'environnement économique mondial. En octobre dernier, Bruxelles tablait encore sur une croissance de 2% de l'économie française cette année.

Pendant ce temps, chacun peut constater la flambée des prix en France et ailleurs : selon les chiffres publiés par l'INSEE ce matin, les prix à la consommation ont diminué de 0,1% en janvier, sous l'effet des soldes d'hiver, mais avec un taux d'inlation qui atteint 2,8% sur un an, niveau le plus élevé depuis 15 ans. Dans la grande distribution, les prix ont augmenté de 1,1% en janvier par rapport à décembre, enregistrant sur un an une hausse de 3,6%. 

Les prochaines semaines  seront décisives. Alors que les autorités monétaires américaines font ce qu'elles peuvent pour accompagner la crise, en desserrant le crédit par l'abaissement des taux, les instances internationales restent impuissantes à définir et à imposer des réformes structurelles nécessaires à un système financier devenu erratique.

Dans ces conditions, la crise suit son cours : de nouvelles et importantes dépréciations d'actifs des banques devraient intervenir d'ici fin mars. Elles déprimeront  les marchés boursiers, déjà en forte baisse depuis deux trimestres, restreindront un peu plus l'accès au crédit, ce qui mettra les ménages, les entreprises et plus généralement l'activité économique en difficulté.

On s'oriente de plus en plus certainement vers un scénario mêlant récession ou stagnation économique et inflation. A ce compte-là, la hausse du pouvoir d'achat n'est ni au bout des heures supplémentaires, ni pour demain.

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Voici les sites qui parlent de Un cocktail gagnant : crise financière, croissance en berne et inflation:

Commentaires

Il manque un ingredient, les monolines.
Juste pour le gout.

Ca va tanguer sévère, le plus drole c'est que les solutions existent.

A se demander s'ils ne font un concour ... ;)


Cela empêchera-t-il pour autant que des casinos nous survolent ?

"Le Financial Times (FT) révèle dans son édition du 14 février que la compagnie Airbus aurait été approchée par des acheteurs intéressés par un nouveau type d'A380 : en Asie, certains voudraient transformer le gros porteur européen en un casino volant."

Des A380 pourraient être transformés en casinos volants

Qui croit encore aux chiffres de l'INSEE ?

Allons, tout ne va pas si mal dans le monde. Au Brésil, la Banque centrale a révisé hier à la baisse ses prévisions d'inflation pour 2008, la Bourse de São Paulo a effacé les pertes subies lors de la "correction" de janvier et est même en croissance depuis le début de l'année, le real ne cesse de s'apprécier par rapport au dollar ET à l'euro (plus haute valeur depuis 8 ans), le prix du minerai de fer (dont le Brésil est l'un des plus gros exportateurs) a été relevé de 65%...

Bon, j'ironise aujourd'hui car cela pourrait ne pas durer ;-)

Et l'ennemi viendra qui me fera héros.
Je m'appelle Xzantra, déja vieux général,
je surveille la plaine,
d'où l'ennemi viendra et me fera héros
"pas de moi, d'un belge des années 60."

Rectif pas Xzantra mais zarra.

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