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29 février 2008

Le comeback du “spectre de l'inflation“

Depuis qu'il s'est évanoui, au début des années 90, le “spectre de l'inflation“, fantôme familier des porte-monnaies, a eu le loisir de se refaire une santé, de passer son drap en machine à laver, de briquer sa chaîne et de mettre au point de nouveaux cris stridents destinés à terroriser rentiers, ménagères, politiciens et économistes.

Depuis un an, il s'anime de nouveau et, puisque tout augmente, ma bonne dame, il effectue un comeback spectraculaire.

Simultanément, sur tous les fronts, il revient hanter marchés et supermarchés.

En fait, le mouvement de hausse des matières premières industrielles (minéraux, métaux, pétrole, acier) a commencé voici plus de deux ans, sous la double pression de la croissance de la demande asiatique et de la créativité de la spéculation financière, toujours à la recherche de nouveaux jeux et de nouvelles victimes.

Puis ce sont les prix des denrées agricoles (blé) qui ont pris le relai, avec des hausses fantômastiques : le blé s'est encore envolé de 25% ce lundi et l'INSEE indique aujourd'hui que lindice général des prix agricoles à la production affiche une hausse de 19,2% sur un an et de 21,8% hors fruits et légumes. 

Lundi, l'étude de l'INC, publiée par 60 millions de consommateurs, réveillait les français en mettant en avant l'augmentation sensible des produits alimentaires. Mercredi, on annonçait une hausse 10,2 % des prix de gros aux Etats-Unis. Les prix de la construction ont pris près de 50% d'augmentation en moins d'une décennie, accompagnant de loin la hausse de l'immobilier. On sait ce qu'il en est du pétrole...

Tout flambe. Sauf deux choses : les indices de prix (dont on ne sait dans quelle unité de fiction ils sont calculés) et les salaires.

A ce stade, les salariés (à l'exception notable des très hauts salaires) restent d'une sagesse remarquable. Les fonctionnaires acceptent, fût-ce en traînant des pieds, un ajustement de 0,8% (repoussé, pour partie, plus loin dans l'année) face à une inflation officielle affichée de 2,8%. Dans le privé, c'est à peu près pareil et souvent pire pour les petits salaires.

Cette double pression, cet effet de ciseau par l'augmentation des prix et par la modération salariale, rend la vie littéralement impossible à nombre de ménages. Cela ne durera pas sans qu'ils réagissent fortement.

27 février 2008

Le Monde, entre enfer et paradis fiscaux...

Lu dans Le Monde, ce soir, un étrange plaidoyer pour les paradis fiscaux. Il est repris en syndication (gratuitement ? contre paiement ? dans quel sens ?) d'une agence d'informations financières britannique, Breakingviews, et signé par un certain Martin Hutchinson, journaliste et financier, de toute évidence libéral jusqu'à la provocation, voire jusqu'à la nausée :

“... Même des démocraties peuvent devenir tellement étouffantes pour les minorités riches et méprisées qu'un compte bancaire offshore devient nécessaire. La polémique, à la fin des années 1990, sur les 50 000 comptes suisses en déshérence, soldés par les banques pour 1,85 milliard de dollars, a ignoré le rôle des banques suisses dans l'apport d'une sécurité financière aux juifs et autres opprimés par le régime nazi, suffisamment chanceux pour y échapper.

“Le principe du secret bancaire, établi dans l'Acte bancaire suisse de 1934, a été une réponse à la pression des nazis pour obtenir les noms des détenteurs de comptes...“

Quand on se souvient de la célérité des banques suisses à retrouver les ayants-droits des comptes en question, on est inquiet que Le Monde publie de telles âneries.

Là où il est, Hubert Beuve-Méry, s'il ne s'est pas désabonné du “quotidien de référence“ dans la journée, doit être mort de honte.

Records en chaîne

1,5055 $ pour un Euro, 102,08 $ pour un baril de pétrole, ce matin. Tout se passe malheureusement comme prévu ici. Et ce n'est pas fini...

26 février 2008

La mécanique des prix, ou comment 10 = 32,82

6312 Donc, les prix s'envolent. Et, particulièrement, les prix alimentaires. C'est certainement une surprise pour ceux qui ne font pas leurs courses.

Le premier ministre s'en est ému, dès la publication d'une étude de 60 millions de consommateurs, magazine mensuel de l'Institut National de la Consommation.

Au total, d'après l'étude de l'INC, qui a étudié l'évolution des prix de 1.055 produits laitiers et céréaliers dans plusieurs enseignes, les prix se sont envolés de 5 à 48 % entre novembre et janvier.

Près de 50% des produits étudiés ont augmenté, dont 200 de plus de 10 %.

Moins de 60 (5,5%) références ont baissé "de quelques pour cent", selon l'observatoire de l'association.

Cette enquête confirme les chiffres du cabinet Nielsen Panel, publiés il y a quelques jours : ils font état d'une augmentation globale des prix en janvier (+ 2,39 %) pour le quatrième mois consécutif, avec des hausses de plus de 10 % pour les pâtes, les œufs et le lait.

Trois ou quatre secteurs concourrent à ces hausses : les producteurs de matière première, les industriels de l'agro-alimentaire, la grande distribution et les détaillants.

Le Monde rapporte : “Les pouvoirs publics et les associations de consommateurs s'étonnent de l'ampleur de ces hausses, estimant que l'envolée des prix des matières premières ne justifie pas cette flambée. "Le prix du lait a augmenté de 30 % à la production. Il pèse pour environ 20 à 30 % dans la fabrication d'un yaourt, donc l'augmentation du yaourt n'aurait pas dû [dépasser] 10 %", a estimé, lundi, le secrétaire d'Etat à la consommation, Luc Chatel. Or, l'enquête INC montre que le prix de certaines marques de yaourt ont augmenté de 40 %.

Il est pourtant simple de comprendre comment les prix augmentent : prenez un produit d'une valeur de fabrication de 100. Si la marge du producteur est, mettons, de 40%, son prix de vente est de 140.

Appliquez une hausse de 10% de la matière première, soit 10. Il coûte donc 110 au lieu de 100. Il ne sera pas revendu 100 + 40% + 10, c'est-à-dire 150, mais 110 + 40%, soit 154. Chaque intervenant successif va ainsi vouloir conserver sa marge en pourcentage.

L'industriel qui  transforme le produit applique à son tour une marge (toujours théorique, de 40%). Le produit fini coûte donc désormais 215,6, contre 196 précédemment et 206 si l'on avait seulement répercuté l'augmentation du coût de la matière première.

Vous faites le même calcul concernant le distributeur (en admettant qu'il n'y aie pas d'intermédiaire) : votre produit coûte 301,84 au lieu de 274,4 précédemment et 284,4 si l'on avait seulement répercuté l'augmentation de la matière première.

Enfin, vous ajoutez la TVA (un exemple parfait de marge à taux constant), soit 19,6%. Votre produit vaut donc 361 au lieu de 328,18 précédemment. Au passage, l'Etat encaisse donc 59,16 au lieu de 53,78.

Et voila comment, mécaniquement, 10 = 32,82. Et une hausse réelle de 3,6% du prix coûtant devient une hausse de 10% pour votre poche.

Ce calcul vaut à marge et à coûts constants pour tous les intervenants qui concourrent ainsi à l'inflation. Mais on peut imaginer pire et, notamment que, sur certains produits, l'un ou l'autre des trois ou quatre intervenants choisisse ou doive cumuler l'augmentation de la matière première avec celle de ses propres coûts, réels ou supposés (essence, transports, salaires, marketing, frais financiers, redevances à des holdings, etc) ou celle de ses marges.

Et voila comment une augmentation de 10% de la matière première peut se métamorphoser en hausse du prix final de 40%.

Que peut faire le gouvernement ?A ce stade, il semble utiliser ses nouvelles recettes à créer de nouvelles administrations. François Fillon a demandé la publication, dès le 10 mars, "des premiers résultats de l'Observatoire des prix et des marges", créé en novembre 2007."Un premier panel, portant sur vingt produits phares, sera analysé d'ici à la fin de la semaine", a-t-il précisé. Une Haute Autorité de la concurrence "aux pouvoirs accrus" sera créée dans le cadre du projet de loi pour la modernisation de l'économie. Et deux administrations inutiles de plus ! Ah c'est sûr, ça va peser sur les prix.

A part ça et, plus sérieusement, que peut faire l'Etat ? Pas grand chose, à part prendre sur lui et baisser le taux de la TVA. François Fillon s'y est, par avance , refusé.

Pour le reste, il peut, au pire, taper du poing sur la table et revenir à une vieille pratique pré-mondialisation, le blocage de certains prix. C'est peu probable aujourd'hui.

Dans un premier temps, il peut négocier avec les industriels une baisse relative de leurs marges, en les menaçant, comme il le fait, de contrôles accrus et de sanctions : si la matière première ou tout autre élément intervenant dans le coût d'un produit augmente, les producteurs, transformateurs ou distributeurs peuvent s'engager à le répercuter tel. Leurs actionnaires ne seront pas contents, mais bon... Ce ne sera que partie remise.

En effet, rien n'empêchera la création, à terme, d'un “nouveau“ produit à plus forte valeur ajoutée, c'est-à-dire plus cher, quitte à faire disparaître le précédent des linéaires.

Voila comment, en économie libérale, il est difficile de contrôler l'inflation. La hausse des prix n'est pas finie.

Le Conseil Constitutionnel ? “Casse-toi, pauv' con !“

Membres_du_conseil_constitutionnel La loi sur la rétention de sûreté, qui crée des centres d'enfermement à vie pour les criminels dangereux, a été publiée, mardi 26 février, au Journal officiel, après avoir été signée lundi par le président de la République et censurée partiellement jeudi par le Conseil constitutionnel.

Elle prévoit notamment que des criminels dangereux pourront y être détenus, au-delà du temps de la peine d'emprisonnement  infligée par la justice. Elle prévoit également, à l'encontre de toutes les règles du droit français, que son application sera rétroactive (c'est-à-dire que la “règle du jeu“ peut changer en cours de partie pour un homme condamné avant la promulgation de la loi).

Cette loi pose deux questions graves : celle de la fonction réelle de la prison, celle de la légitimité des institutions françaises.

S'agissant de la première question, le scandale n'est pas qu'on libère un homme à l'issue de sa peine, mais qu'on ne le soigne pas ou qu'on ne le “rééduque“ pas, si besoin est, pendant qu'il est emprisonné. La prison n'est pas qu'un lieu de mise à l'écart, ou de mise au rencart, elle doit être un lieu de réhabilitation, de rédemption et de réinsertion.

Prolonger la peine de quelqu'un par une simple mesure administrative, c'est certes le condamner, mais c'est d'abord condamner un système pénitentiaire qui n'a pas fait son travail, faute de volonté politique ou de moyens.

Appliquée à un homme réputé “dangereux“, condamné il y a dix ou quinze ans, la nouvelle loi sur la rétention de sûreté dispose que sa condamnation sera éventuellement “déjugée“ et reconsidérée en fin de peine par une commission ad hoc et, éventuellement, prolongée à vie.

La commission ad hoc devrait se réunir en début de peine et prendre toutes les mesures nécessaires (médicales, psychiatriques, éducatives ou autres) nécessaires à la “reconstitution“ du condamné. Ce n'est apparemment pas ce qui est fait : on ne s'en soucie qu'en fin de peine.

S'agissant de la deuxième question, la loi a été retoquée par le Conseil Constitutionnel sur sa rétroactivité.

Ce principe de rétroactivité est fondamental : vous avez une pratique légale pendant vingt ans, on change la loi et hop, votre pratique devient illégale. Jusqu'ici, la loi n'étant pas rétroactive, vous êtes astreint à changer votre pratique à partir de la promulgation de la nouvelle loi, sans autres conséquences.

Si la loi est rétroactive, vous devenez condamnable pour les vingt années passées. Autant dire que vous n'êtes plus sûr de rien, vous ne connaissez plus les limites réelles apportées à votre action, la loi actuelle ne vous protégeant plus en rien des dispositions inconnues d'une loi future.

Ce principe doit rester intangible, faute de quoi il n'y a plus de consensus sociétal possible. C'est ce qu'a signifié le Conseil Constitutionnel.

C'est ce que n'accepte pas le Président de la République qui entend passer outre, au nom de la protection des victimes potentielles, en faisant notamment appel à la sagesse du Président de la Cour de Cassation, incompétent en la matière.

Or le Président de la République est le gardien de la Constitution. En tant que tel, il est tenu d'appliquer les textes constitutionnels en vigueur, de respecter et d'exécuter les décisions du Conseil Constitutionnel. Faute de quoi, il se place dans l'illégalité.

La seule issue légale à cette affaire est donc une modification de la Constitution, qui aurait dû, sans préjuger de sa pertinence, précéder cette loi sur la rétention.

Mais évidemment, ç'aurait été prendre le problème à l'endroit. On n'en est plus là, ici comme ailleurs, dans la République sans queue ni tête du “casse-toi, pauv' con“.

25 février 2008

TF Fin

160617700121 Regardé le 20 heures de TF1 pour la première fois depuis plus d'un mois.

Ça a commencé par 17 minutes -dix-sept-minutes !-, sur l'Oscar (mérité) de Marion Cotillard, avec un insert sur celui de Philippe Pollet-Villard (Oscar du meilleur film de court-métrage).

Harry Roselmack a posé à l'héroïne de “cette incroyable épopée cinématographique“ quelques questions fondamentales, du genre : “Vous avez reçu beaucoup de messages de France ? de félicitations ?“

Après ça, y t'ont expédié la hausse des prix de l'alimentaire en moins de deux minutes, intervention de Fillon incluse. Puis y z'ont survolé Smoby en une quarante.

Ensuite, on a été gratifiés, dans l'ordre, d'un site de notation des profs contesté, d'un cargo panaméen cocaïné, du jugement de l'assassin anglais d'une jeune française, puis d'une histoire de cadavre dont les pieds sont en Belgique et les couilles en Hollande, ce qui pose évidemment des questions de droit insolubles...

M'estimant parfaitement informé des affaires du vaste monde, je n'ai pas attendu la fin, d'ailleurs proche... Donc j'ai éteint.

On n'a pas fini d'être enfumés

Il y a quelques jours, une statistique largement diffusée nous révélait que les infarctus et autres AVC avaient formidablement diminué (quelque -15%) en France en janvier, suite à l'interdiction de la cigarette dans les lieux publics (sic).

De toute évidence, les à-peu-près de l'info, l'intox et la fausse science n'ont pas diminué avec l'interdiction de la clope.

24 février 2008

La République du res-pet

On comprend que le Président de la République soit heurté par l'apostrophe aggressive d'un passant.

Mais Primus inter pares n'est pas Vulgus inter pares. On ne peut pas comprendre que l'élu des français, leur “représentant“, les représente, en public, aussi cavalièrement, aussi vulgairement (pas grossièrement, hein, j'ai bien écrit vulgairement).

On ne peut pas comprendre qu'il soit, publiquement, aussi irrespectueux de sa fonction et de ceux qu'il représente.

Ce Monsieur semble décidément oublier à répétition que, pour être homme, il n'en est pas moins Président de la République, c'est-à-dire “autre“ que lui-même.

23 février 2008

Brève de campagne (50)

Valle_de_la_dordogneVallée de la Dordogne, vue depuis Domme.

21 février 2008

Un cocktail gagnant : crise financière, croissance en berne et inflation

Six mois après son début, la crise des crédits immobiliers à risque aux Etats-Unis a déjà contraint les grandes banques internationales à passer plus de 150 milliards de dollars de dépréciations d'actifs.

On est loin du compte. Début février, les ministres des Finances et banquiers centraux du G7 ont demandé aux institutions financières de dévoiler "entièrement et rapidement" toutes leurs pertes liées au "subprime", le Fonds monétaire international (FMI) estimant qu'elles pourraient atteindre 400 milliards de dollars (soit l'quivalent du PIB de la Turquie ou de la Belgique).

D'autres sources (Jan Hatzius, chef économiste de Goldman Sachs) ont chiffré les pertes potentielles à quelques 2.000 milliards de dollar (soit, à 10% près, l'équivalent du PIB de l'Italie ou de la France).

L'AFP notait hier : “L'écart entre cette [ces] estimation[s] et les pertes déjà constatées est, en partie, imputable à la détérioration continue du marché du crédit, qui oblige les banques à passer sans cesse plus de dépréciations.

“Ces dépréciations résultent notamment de l'application des nouvelles normes comptables dites IFRS, qui obligent les banques à prendre comme référence les prix du marché pour évaluer les actifs de leur bilan.

“Mais nombre d'actifs bancaires ne bénéficient plus d'un prix de référence car les marchés en question sont au point mort, faute d'acheteurs. Il s'agit principalement des produits financiers complexes, dont les investisseurs ne veulent plus entendre parler.

“L'exercice d'évaluation de leurs actifs devient donc extrêmement complexe pour les banques, ce qui contribue à des résultats disparates.“

Comme prévu, le ralentissement immobilier et les difficultés financières qui y sont liées commencent à peser sur l'ensemble de l'économie.

Hier, la Fed a relevé ses prévisions d'inflation et abaissé ses prévisions de croissance en 2008 pour les Etats-Unis à une fourchette de 1,3 à 2%, contre 1,8 à 2,5% précédemment.

Hier également, le FMI, au terme d'une mission qui s'est conclue le 15 février, tout en délivrant un satisfecit à la politique économique de la France, a abaissé sa prévision de croissance à 1,5% pour cette année, contre un peu moins de 2% dans les Perspectives mondiales publiées par le FMI en octobre.

L'organisation dirigée par Dominique Strauss-Kahn fait valoir que la montée des prix du pétrole, l'appréciation de l'euro et le ralentissement des perspectives économiques des partenaires de la France freineront la croissance cette année.

Les risques entourant la nouvelle prévision de 1,5% tendent à s'équilibrer, indique le document. "La conjoncture internationale pourrait entraîner des performances moins bonnes que prévu, tandis qu'une forte reprise dans les secteurs de l'aéronautique et de l'automobile pourrait entraîner des résultats meilleurs qu'escompté". Il ajoute qu'un redressement est attendu en 2009-2010.

Même tendance, ce matin, pour la Commission européenne, qui a revu en baisse sa prévision de croissance du PIB de la France à 1,7% cette année, en raison d'un acquis de croissance plus faible que prévu, d'une hausse de l'inflation ainsi que de la détérioration de l'environnement économique mondial. En octobre dernier, Bruxelles tablait encore sur une croissance de 2% de l'économie française cette année.

Pendant ce temps, chacun peut constater la flambée des prix en France et ailleurs : selon les chiffres publiés par l'INSEE ce matin, les prix à la consommation ont diminué de 0,1% en janvier, sous l'effet des soldes d'hiver, mais avec un taux d'inlation qui atteint 2,8% sur un an, niveau le plus élevé depuis 15 ans. Dans la grande distribution, les prix ont augmenté de 1,1% en janvier par rapport à décembre, enregistrant sur un an une hausse de 3,6%. 

Les prochaines semaines  seront décisives. Alors que les autorités monétaires américaines font ce qu'elles peuvent pour accompagner la crise, en desserrant le crédit par l'abaissement des taux, les instances internationales restent impuissantes à définir et à imposer des réformes structurelles nécessaires à un système financier devenu erratique.

Dans ces conditions, la crise suit son cours : de nouvelles et importantes dépréciations d'actifs des banques devraient intervenir d'ici fin mars. Elles déprimeront  les marchés boursiers, déjà en forte baisse depuis deux trimestres, restreindront un peu plus l'accès au crédit, ce qui mettra les ménages, les entreprises et plus généralement l'activité économique en difficulté.

On s'oriente de plus en plus certainement vers un scénario mêlant récession ou stagnation économique et inflation. A ce compte-là, la hausse du pouvoir d'achat n'est ni au bout des heures supplémentaires, ni pour demain.

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