Eteins la lumière, on verra mieux les profits
La dérégulation, la privatisation et l'ouverture à la concurrence du secteur de l'énergie est présentée par ses promoteurs libéraux comme LE moyen de détendre les marchés, d'aboutir, à terme, à un meilleur fonctionnement de la distribution d'énergie (gaz, électricité, etc) et à une baisse des prix.
Pour l'heure, on constate plutôt l'inverse. Les prix ne diminuent pas et, surtout, l'approvisionnement est menacé. Si l'on oublie un instant la question de la déplétion pétrolière, on sait que, depuis quelques années, la construction de nouvelles raffineries de pétrole est stoppée alors que la demande s'accroit. Cette pénurie contribue à l'augmentation des prix de l'or noir.
La même aventure menace la production électrique. Depuis une dizaine d'années, les Etats-Unis et, singulièrement, la Californie connaissent des coupures d'électricité de plus en plus importantes. L'Italie vit depuis plusieurs années des pénuries d'électricité à répétition.
Aujourd'hui, les spécialistes estiment que l'Europe court le risque de sévères pénuries d'électricité. Pourquoi ? Parce que le remplacement du parc de centrales vieillissant n'est pas assuré.
Reuters rapporte les propos de Matthias Kurth, le président de l'autorité allemande de régulation du secteur : “Alors que l'Allemagne avait lancé des projets portant sur le remplacement de 20.000 MégaWatts de capacité d'ici 2012, l'autorité nationale n'a connaissance à ce jour que de projets portant sur 7.000 MW.“
Plusieurs raisons sont en jeu : des compagnies ont abandonné des projets de construction de centrales au charbon de crainte d'un durcissement des normes environnementales ou parce que les populations concernées ne voulaient pas de centrales polluantes près de chez eux ; l'hésitation ou le refus du nucléaire bouchent cette solution alternative ; l'implantation de moyens de production propres et décentralisés (éolien, solaire, etc) reste marginale ; l'augmentation des prix des matériaux et de la main d'œuvre contribue également à augmenter les retards.
Enfin, le besoin de réaliser des profits immédiats conduit à la réduction des coûts d'entretien des centrales existantes et freine l'investissement sur de nouvelles techniques et de nouvelles centrales. Vive le libéralisme ;)




Ce que les idéoloques libéraux ne veulent pas admettre, c'est que la somme des intérets particuliers ne correspond pas à l'intéret général.
Dans le cas de l'électricité, un peu de pénurie ne peut qu'allècher les appétits des investisseurs puisque cea contribue à faire monter les prix (à coût identique)
Par ailleurs quand il y a le choix d'investir dans un secteur (l'énergie) ou les retours sur investissements sont long et dans d'autres secteurs ou ils sont rapide, le choix est vite fait.
Evidemment, à terme l'augmentation du coût de l'énergie finira par rendre le secteur plus rentable et donc attirera à nouveau les investisseurs. Sauf que cela se sera fait au détriment du bon fonctionnement de la société pendant cette phase transitoire. Le nouvel équilibre atteint ne sera par ailleurs peut être pas aussi intéressant que le précédent (pour la société dans son ensemble).
Ne parlons pas des dégats collatéraux (pauvreté, chomage...)
Pour prendre un parallèle, l'état et les collectivités territoriales pourraient cesser de dilapider de l'argent dans de couteuses infrastructures de communications(autoroutes, rues, trotoires...). Le merveilleux mécanisme du marché y pourvoirait à terme. Péage à la sortie de l'immeuble ; juteux appels d'offres pour les infrastructures communales (surtout juteux pour les fouilles des politiciens de bas vol). Baisse des impôts... et du niveau de vie de l'immense majorité car augmentation des coûts. (ne serait ce que les bakchichs à payer).
Un pays a besoin d'infrastructure, et ce d'autant plus que sa société s'est complexifié. Un petit village agricole autosuffisant (genre France début de 20 ème siècle) n'avait guère besoin que d'un cantonnier pour entretenir les chemins communaux et d'un couple d'instituteurs. Nos sociétés actuelles ont besoin (entre autre) d'énergie et de transport pour satisfaire les besoins vitaux. La population de l'agglomération parisienne ne se nourrira jamais de la production de ses balcons. Même l'eau doit être importée !
Confier la complexité de cette organisation aux hasards des intérets égoïstes, c'est maximiser les risques d'inadéquation.
Sans croire que tout se planifie, admettre la nécessité de traiter sérieusement les choses sérieuses, avec comme but l'intéret général, et laisser les libéraux faire mumuse avec tf1 et la masse des gadgets qui encombre le monde moderne serait un minimum.
Mais ce serait admettre qu'un autre modèle d'organisation est possible. Que le libéralisme n'est pas le seul système économique ; qu'on peut et qu'on doit lui fixer des limites.
Ce serait admettre qu'il y a place pour des choix politiques.
Rédigé par:bertrand | le 19 février 2008 à 16:11
En complément suite à relecture du billet.
Promouvoir des moyens de production propre et décentralisé est contraire aux intérets des possédants.
Imaginez qu'on mette au point une technique simple, économique, peu polluante pour produire localement de faible quantité d'électricité (les besoins d'une famille).
L'essentiel de la population pourrait s'évader de l'assujettissement aux grands groupes industriels pour son énergie.
C'est tout aussi scandaleux que ces gens qui se nourrissent pour partie de la production de leurs jardins, ou ces agriculteurs qui prétendent resemer année après année leurs cultures sans passer par monsanto et cie !
Rédigé par:bertrand | le 19 février 2008 à 16:17
@ José : tu écris "l'implantation de moyens de production propres et décentralisés (éolien, solaire, etc) reste marginale";
Certes mais il est des projets (qui ont apparemment échappé aux "grands médias") d'un très grand intérêt dans le domaine des énergies propres, c'est notamment le cas de "Désertec" qui serait à terme susceptible d'alimenter l'Europe à partir du Sahara.
A voir : Signature d'un accord de coopération germano-algérien pour le développement de l'énergie solaire (un site très intéressant !).
Ce qui est marginal aujourd'hui ne le sera peut-être plus demain ?
Rédigé par:jcm | le 19 février 2008 à 17:05
@jcm : le projet enertec n'est peut être pas à jeter avec l'eau du bain. Mais pour la partie exportation d'électricité vers l'europe, il faut savoir que l'électricité se transporte très mal. Dans le cas présnet cela nécessiterait des lignes à ultra haute tension très couteuses et avec des pertes en ligne relativement important.
Qui plus est, les passages sous marins sont actuellement techniquement pas franchement au point pour de gros débit.
Enfin on reste dans de l'infrastructure lourde et centralisée.
Rédigé par:bertrand | le 20 février 2008 à 12:02
@ Bertrand : à voir cependant de plus près, notamment en ce qui concerne le transport avec le HVDC (Courant continu à haut voltage) qui a été expérimenté pour de gros débits avec de faibles pertes (plus de précisions sur le site que j'ai mis en lien).
Par ailleurs "Desertec" serait très intéressant pour les pays au fort ensoleillement afin d'assurer la couverture de leurs propres besoins mais j'y vois plus : la vertu qu'auraient des collaborations plus poussées trans-méditerranéennes dans le domaine énergétique.
De quoi nous libérer partiellement à la fois du nucléaire et de Gazprom !!!
Rédigé par:jcm | le 20 février 2008 à 17:46
@jcm, Je trouve merveilleux ce projet, l'occident va poser une fois de plus la solution a SES problèmes dans un espace qui appartient en principe a des nomades, leur avis sur la question ?, parce que eux de l'énergie de l'europe il s'en foutent.
Mais de leurs pâturages, y s'en foutent pas, remarque d'ici qq temps y'en aura plus de nomades....
Merde, et ne plus baser notre quotidien sur "bouffer de l'energie" a toutim ça serait pas là la SEULE solution réaliste.
Rédigé par:luluberlu | le 21 février 2008 à 13:17
Pas d'accord, Luluberlu !
Il ne s'agit pas de squatter d'autorité les pâturages des nomades mais au contraire de mettre au point des processus susceptibles à la fois de procurer des solutions énergétiques optimales (une des meilleures étant toujours de se passer autant que possible d'énergie, nous en serons d'accord) ET de s'inscrire dans des schémas de solidarité et de collaboration "tous azimuts" bénéficiaires à tous.
Car je considère que l'un des plus grands, des plus pressants besoins de l'humanité aujourd'hui est celui de collaborations croisées aussi serrées que nécessaire, et même que possible (plus que le nécessaire vital du point de vue de affaires, ce serait des liens de compréhension mutuelle et d'amitié par exemple).
Aplanir ce qui nous divise (et il y a là un fouillis de vallées et de pics qui encombrent nos têtes malades...) afin de faire face ensemble et aussi "proprement" que possible à quelques défis de poids qui se présentent à nous tous, nomades ou pas.
Et l'une des voies pour y parvenir est de travailler de concert, d'être liés par des faisceaux d'intérêts convergents.
Rédigé par:jcm | le 21 février 2008 à 17:15