George W. Bush, pressé de toutes parts (par les autorités monétaires, les marchés boursiers, les économistes, les épargnants, les classes moyennes, les ménages pauvres, mis à mal par la crise du crédit, les candidats démocrates à la présidentielle, etc) a admis le risque d'une récession (dont Alan Greenspan et Hillary Clinton, par exemple, estiment qu'elle a déjà commencé) et annoncé hier un plan de relance de l'économie américaine.
Ce plan repose sur un présupposé simple : l'activité américaine est tirée, à raison de 70%, par la consommation des ménages. Augmenter leur pouvoir d'achat relancera la machine.
Le gouvernement américain a donc décidé, pour les amener à consommer, de compléter l'action de la politique monétaire de Ben Bernanke (poursuite de la baisse des taux, pour desserrer le crédit) en injectant quelque 100 milliards de dollars (soit 1% du PIB des Etats-Unis) dans les poches des américains (sous forme de réductions d'impôts, qui représenteront environ 800 dollars par contribuable), plus 40 à 50 milliards de dollars, destinés à encourager les entreprises à investir (via, notamment, une accélération des amortissements).
Ce plan, dont on connait les grandes lignes, mais pas encore les modalités concrètes qui devront être négociées avec le Congrès, présente plusieurs inconvénients :
- il ne semble pas inclure les ménages les plus pauvres, non soumis à l'impôt,
- il va augmenter significativement l'endettement déjà abyssal de l'Etat américain,
- il va augmenter l'endettement commercial de l'Amérique, puisque celle-ci importe (de Chine, notamment) l'essentiel de ce quelle consomme,
- il n'est pas imaginé en concertation avec l'Europe (qui devra faire son propre plan de relance), ce qui aura un effet de dispersion, alors que la gravité de la situation supposerait une action conjointe,
- renforçant les effets de la politique monétaire en cours, il va contribuer à faire baisser le dollar face à l'Euro, ce qui ne va pas arranger les économies européennes,
- il est purement conjoncturel, ne prépare pas l'avenir, ni par un effort d'investissement massif, ni par un renforcement des règlementations des marchés financiers, qui pourront donc continuer à spéculer sans frein.
Les marchés boursiers ont accueilli le plan avec scepticisme : “il ne convainc pas“, ont affirmé, entre autres, les analystes de Natixis ; pour Tony Tong, responsable de China Everbright Securities, “ces mesures n'auront qu'un effet de court terme sur le marché et ne règleront pas réellement les problèmes“.
Wall Street a donc salué le plan Bush par un nouvelle baisse du Dow Jones et du Nasdaq, qui a fini d'effacer ses gains de 2007. Le CAC 40, de son côté, a reculé à son niveau de l'automne 2006 et le Nikkei a retrouvé celui d'octobre 2005.
Toujours prompts à accompagner les mouvements en cours, les analystes commencent à dire que le “bull market“(marché haussier) des dernières années est en train de s'inverser en “bear market“ (marché baissier) durable. Le Dow Jones à moins de 12.000 points est donné pour très probable et sa chute vers les 10.000 points, comme on l'évoquait ici hier même, fait son chemin dans les esprits.
Du coup, les perspectives de croissance pour la France en 2008 diminuent de jour en jour, comme l'indiquait avant-hier Christine Lagarde.




Le Nespotisme a ses limites, de bush en bush, que Simplet et ses joyeux faucons pas si faux que ça, n'arrive pas à résoudre façon Roosvelt, à l'époque l'élection aux U$A d'un chef voulait dire something. LA BELLE RATATINADE.
Rédigé par : luluberlu | 21 janvier 2008 à 12:12