Couche-toi sans le sable et fais jaillir ton pétrole
Il est toujours distrayant -et souvent ingrat- de chercher à obtenir des chiffres économiques incontestables.
Le prix record du pétrole (en dollars constants), atteint en avril 1980, était de 101,7 $ le baril.
Coup sur coup, je tombe sur deux tableaux qui montrent l'évolution du cours du pétrole, l'un procédant d'une étude récente de l'OCDE (pour la période 1971-2004) le second du site Manicore (sur une période beaucoup plus longue : 1861-2004).

Tous deux compilent des moyennes trimestrielles (et non des données quotidiennes) et montrent que, sur un trimestre (qui lisse évidemment bosses et creux quotidiens), le pétrole a atteint en 1980 une moyenne sur 90 jours d'environ 80 $ le baril.
En moyenne mobile sur les derniers 90 jours (source Boursorama) on est aujourd'hui autour de 87 $.
En théorie, on est donc à des cours de crise.
Avec plusieurs différences, positives ou négatives, par rapport aux deux chocs pétroliers des années 70 :
- le pétrole est un peu moins vital aujourd'hui qu'en 1980 pour l'économie mondiale. Non qu'on en consomme moins, mais parce que les progrès techniques et les gains de productivité permettent de produire beaucoup plus d'énergie, de biens et de services qu'il y a 28 ans, à partir d'une même quantité de pétrole.
- un pétrole cher ne peut qu'encourager la recherche et le développement de nouvelles sources d'énergie, la modification des comportements collectifs et individuels en faveur d'une économie moins énergivore et plus respectueuse de l'environnement.
- l'augmentation du pétrole, calculée en dollars, n'a pas exactement la même valeur pour tous. Dans la zone Euro, la faiblesse du dollar atténue la hausse du baril sur une période courte. Mais si l'on compare le cours du dollar en 1979-80 (par rapport au Franc français) et aujourd'hui (par rapport à l'Euro), la différence n'est pas si évidente qu'il y paraît (elle varie de 0 à 20%, selon qu'on considère les plus bas et les plus hauts du dollar en 1979 et 1980).
- les crises précédentes étaient des conséquences de la décolonisation : les pays producteurs de pétrole réunis au sein de l'OPEP limitaient volontairement l'offre de carburant pour en obtenir un prix convenable et augmenter leur revenus.
- la crise actuelle vient moins de l'offre que de la demande. La croissance mondiale de la demande d'énergie, évaluée à près de 40% d'ici 2030, en provenance notamment des pays émergeants (Chine, Inde, Brésil...) ne peut que tirer les prix du pétrole vers le haut.
- depuis 25 ans, la financiarisation de l'économie a développé la spéculation sur tous les compartiments de l'activité et, notamment, sur les matières premières. Les gagnants de la crise actuelle ne sont pas seulement les compagnies et les pays pétroliers, mais les intermédiaires financiers qui spéculent sur la hausse des matières premières.
- depuis plusieurs années, les découvertes de nouveaux gisements (hors, peut-être, les possibles ressources de l'Arctique, déjà disputées par la Russie, les Etats-Unis, le Canada, la Norvège et le Danemark) ne compensent pas l'augmentation de la consommation. Si les réserves restent considérables, elles semblent avoir atteint ou être proches d'un pic (le fameux peak oil), à partir duquel la production de pétrole devra se stabiliser, avant de décroître peu à peu, ce qui tirera les prix vers des plus hauts (on évoque des cours de 300 à 400 $ le baril pour les années 2020-2030 ; d'ici là, ils joueront évidemment au yo-yo, avec des baisses sur le court terme et des hausses sur les moyen et long termes).
C'est peut-être, au-delà des effets d'annonce sur les “immenses réserves“ de pétrole, cette conviction, jusqu'ici niée par les professionnels, qui, alliée à la spéculation, justifie la faiblesse des investissements dans l'augmentation ou la modernisation des capacités de raffinage. Celles-ci constituent un goulot d'étranglement qui limite la production actuelle et favorise la hausse des prix.
- A court et moyen terme, les tensions nées de la cherté et la rareté du pétrole peuvent conduire, d'une part, à de nouveaux conflits armés pour le contrôle des matières premières et, d'autre part, à la résurgence de matières premières comme le charbon, désastreuses pour l'environnement.
On le voit, les tensions actuelles sur le cours du pétrole ne seront pas sans conséquences considérables, à court et à long terme. Combinées aux autres sources de tension (évoquées dans le post précédent), elles devraient même être explosives.
Pour commencer, on peut parier que l'année 2008 sera chaude en Irak, en Iran, au Nigéria et au Vénézuéla, par exemple.




Le premier de l'an j'étais couché sur le sable, sur un bord encore sauvage de la méditerrannée entre l'étang et la mer, un flamand rose pêchait dans les rayons de soleil sur la mer, (c'est la première fois que je vois un flamand du coté mer), ce qu'il fit jaillir ne fut hélas pas du pétrole, mais la lumière sur ma journée. Le déplacement pour moi à cet endroit,1 litre pétrole, 1kil de C02 ?, je n'en n'ai aucune idée. Encore un coup de flousss pour un tas de monde, mon éjaculation...CULPABILITE.
Rédigé par: luluberlu | 03 janvier 2008 at 13:44
Une petite remarque concernant le blog : il est beaucoup moins lisible sur Opéra que sur IExplorer. :(
Rédigé par: Boréale | 03 janvier 2008 at 20:24