Non-assistance à humanité en danger
Je reproduis ici une tribune (ce matin, sur France Culture) de Corinne Lepage, sur la réunion du GIEC à Bali. Elle y dit exactement, mieux que je ne l'aurais fait, ce que je pense du résultat décevant de cette rencontre.
Les peuples de la Terre peuvent aujourd'hui accuser les gouvernants participants à la conférence de Bali , en fait, plus précisément ceux qui ont délibérément torpillé tout accord permettant de prendre date, sur des bases chiffrées, en vue d'un accord à Copenhague en 2009 prenant la suite de l'accord de Kyoto.
Ce qui vient de se passer apparaîtra très certainement, dans les années qui viennent, comme une preuve supplémentaire de l'égoïsme et de la cécité de ceux qui ont décidé de l'avenir du monde en fonction de leurs intérêts propres et immédiats.
En effet, les dernières conclusions du GIEC, qui, pour la première fois, parlent d'irréversibilité, les constatations d'ordre scientifique sur l'évolution du Groenland ou de l'Arctique, l'accumulation des preuves du changement climatique et du risque qu'il fait courir à l'humanité, permettant aujourd'hui de parler, en ce qui concerne cette question d'application du principe de prévention et même plus, du principe de précaution, les messages de détresse lancés par les populations de Papouasie et d'autres iles qui constituent les premiers réfugiés climatiques et qui ne peuvent déjà plus se nourrir normalement, n'auraient pas dû laisser le moindre choix aux responsables réunis à Bali.
Or, malgré les efforts du secrétaire général de l'ONU, malgré la position unitaire et ferme de l'Europe, cette réunion a accouché d'une demie souris.
La seule avancée réelle concerne l'avancée du projet Reed, dont l'objectif est de financer les pays du Sud pour qu'ils conservent leurs forêts ou reboisent. Il faut rappeler que la déforestation représente 27 % du total des émissions de CO2, soit plus que le transport et que la valeur de la forêt n'est pas seulement d'ordre écologique, entame de séquestration de carbone mais également le lieu majeur de la biodiversité est un lieu de vie essentielle. La banque mondiale a consacré 208 millions d'euros à des projets pilote de surveillance, ce qui est loin des 5 milliards de dollars auquel Nicolas Stern évaluait les moyens nécessaires à mettre en place.
Une seconde avancée , plus modeste, consiste en la mise en place d'un fonds d'adaptation, sous la tutelle du fonds mondial pour l'environnement, destiné à financer des transferts de technologie. Pour le reste, l'obstruction américaine a plombé tout accord ce qui conduit à s'interroger sur le point de savoir qui gouverne vraiment le monde et quelles solutions on pourrait proposer pour mettre un terme au crime de non-assistance à humanité en danger.
Le blocage de George Bush sur le sujet du climat, contraire à la position de la Cour Suprême, mais qui trouve bien évidemment sa source dans la volonté de certaines sociétés pétrolières, est un point central. Rappelons qu'Exxon a financé depuis des années le lobby de “la machine à nier ", instrumentalisant des centaines de centres de recherche et d'association plus ou moins bidons, dont l'objectif était identique : faire du changement climatique une hypothèse et non un fait.
La proposition d'Al Gore de conclure un accord en laissant de côté les États-Unis avec comme objectif probable de stigmatiser cette attitude inadmissible mais ne permettait pas de faire réellement avancer la position internationale. En effet, les États-Unis ne sont pas seuls, malheureusement. Le Canada et l'Australie soutiennent une position très proche, pour des raisons d'intérêt économique immédiat cependant que les pays pétroliers et leurs alliés traditionnels ont toujours pris la position la plus favorable à l'or noir.
Or, si l'on se place au niveau des résultats concrets, un accord a certes été trouvé, mais sur la base de la position la plus faible c'est-à-dire celle qui ne contient aucun engagement précis. Lorsqu'on en est en effet à refuser de faire figurer les conclusions du GIEC autrement qu'en note de bas de page, pour être certain qu'aucun engagement concernant une réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre en 2020 pour les pays industrialisés et de 50 % pour le monde entier en 2050 ne soient pris, il est clair que l'on est en présence d'un déni de réalité, voire d'un cynisme poussé à l'extrême, qui conduit à accepter de mettre en péril ses propres enfants pour être certain de pouvoir soi-même accroître encore son propre confort.
Ce comportement est la négation même du politique dont la fonction, si elle existe, consiste précisément à organiser la vie de la cité pour lui permettre la pérennité. Cela signifie que la politique, au niveau international n'a strictement plus aucun sens, en ce qui concerne au moins un des périls majeurs qui menacent l'humanité. Cela signifie que les représentants des terriens, élus ou autoproclamés pour certains, font des choix qui s'inscrivent délibérément à l'encontre des intérêts premiers des populations qu'ils sont censés représenter.
Cela signifie, par conséquent, que la représentation actuelle de la société internationale ne peut plus prétendre représenter les intérêts des femmes et des hommes présents et à venir, mais s'est soumise à d'autres maîtres du monde dont on se pose parfois la question de savoir s'ils ont encore conscience d'être des humains.
Dès lors, c'est bien la question de la gouvernance mondiale, lorsqu'il s'agit de questions planétaires qui intéressent tous les humains comme la question climatique, qui est en cause.
La faiblesse du conseil de sécurité de l'ONU est difficilement supportable lorsqu'il s'agit de guerre et de massacres impliquant des milliers, voire des centaines de milliers de personnes. Mais, elle ne l'est plus du tout lorsqu'il s'agit de la survie de l'humanité dans son ensemble.
Cela signifie donc que c'est à la société civile de prendre son destin en main puisque ses responsables politiques ne sont pas capables de le faire pour elle... Ce sont aux milliers d'associations de défense de l'environnement, de développement, de consommateurs, voire aux syndicats professionnels et au monde économique et financier dans la partie qui est demanderesse à une véritable révolution pour permettre la réorientation de l'économie, de s'organiser pour imposer le changement qui nous est refusé. Nous avons l'ardente obligation de refuser l'attitude suicidaire que quelques dirigeants ont décidé d'adopter.
A la non-assistance à humanité en danger, nous devons répondre par la mobilisation de toutes les consciences et les volontés humaines




Nous ferions un contresens en croyant que George W. Bush se refuse à prendre en compte les conclusions du GIEC parce qu'il est, de fait, le représentant des lobbies pétroliers.
George W. Bush a deux filles dont l'avenir le préoccupe autant que je m'inquiète pour le futur de mon fils.
Le refus de George W. Bush de donner du crédit au GIEC vient de son absolue cohérence. Pour George W. Bush, qui est visité chaque nuit par le Saint-Esprit, la science est le bras armé du diable. Il ne la tolère que lorsqu'elle sert ses propres intérêts ou ce qu'il croit être les intérêts de son pays. Il la rejette absolument en ce qu'elle prétend usurper la place de Dieu.
George Bush est un créationniste. Il est donc on ne peut plus logique qu'il s'en remette à Dieu pour décider du destin de la planète. Ne pas comprendre cela ne nous permettrait pas de définir la stratégie à adopter contre George W. Bush.
Attendre qu'un Démocrate lui succède reviendrait à perdre un temps précieux. Sauf événement inattendu de grande portée, ni Hillary Clinton, ni Obama ne seront élus à la présidence des États-Unis. Les citoyens de ce pays ne sont pas prêts à élire une femme ou un métis à la candidature suprême.
Un évangéliste républicain tient désormais la corde. Il a de grandes chances d'être élu. Il poursuivra la politique de George W. Bush, voire s'entêtera dans une position encore plus radicale.
Que faire ? Comme le dit Corinne Lepage c'est à la société civile de prendre son destin en main. Malheureusement, celle-ci est très loin d'être convaincue de la nécessité d'une révolution - car c'est bien d'une révolution dont nous avons besoin. Qui plus est d'une révolution qui ne ressemble à aucune de celles qui ont émaillé l'histoire de notre monde.
Rédigé par: Francis | le 17 décembre 2007 à 18:33
Prière de lire "à la magistrature suprême" au lieu de "candidature suprême".
Mille excuses.
Rédigé par: Francis | le 17 décembre 2007 à 18:36
@ Francis,
La société civile pourrait bientôt prendre conscience de la friabilité de son destin : Le nombre de catastrophes naturelles a bondi de 60% en dix ans, 2007 année record.
Espérons seulement qu'il y en aura plus pour pousser à un changement de société qu'à se réfugier dans la prière en continuant à "consommer" comme si cela n'avait aucune conséquence.
Rédigé par: jcm | le 18 décembre 2007 à 07:44
C'est la révolution qui s'avaance c'est le combat de tous les crèves la finin....hein ?
Consciences de tous les pays unissons nous, (¤]¤), l'hiver sera doux et le Paris Dakar va partir. Nos espérances sentent le rabiné.
Rédigé par: luluberlu | le 18 décembre 2007 à 10:36
Juste histoire d'odeurs, si qq'un connait l'Organisation qui milite pour un gouvernement MONdial, la suppression : des Nations, de la différenciation entre les différents règnes animal végétal et entre l'HOMME et l'animal, qui ne regarde plus l'environnement comme la source de revenu, mais comme le miracle qu'est notre boule bleu dans cet espace interstelaire froid, alor la les mecs dites le moi, et je m'inscris, et je remilite.
Rédigé par: luluberlu | le 18 décembre 2007 à 10:55