« novembre 2007 | Accueil | janvier 2008 »

31 décembre 2007

L'image de l'année

Gorbatchevlouis_vuittonA l'heure des bilans convenus, je me suis demandé quelle était l'image la plus forte de cette année qui s'achève.

Non, ce n'est pas la guerre en Irak, le Darfour, le visage dolent d'Ingrid Bétancourt. Non ce n'est pas Benazir Buttho, Castro ressuscité, un puit de pétrole ou une affichette de maison for sale aux Etats-Unis. 

Ce pourrait plus être Nicolas Sarkozy en compagnie de Carla Bruni, le délicat Jean-Marie Bigard avec Benoit XVI ou les files d'attentes d'épargnants angoissés devant la banque Northern Rock (mais ça, ce sera sans doute plus pour 2008).

Il y a mieux. Il y a cette image (commentée ici le 4 août dernier) inconcevable il y a encore cinq ans. Quelles qu'en soient les raisons, les excuses, les justifications, elle dit tout et le reste du monde contemporain : bienvenue chez Fric Land.

Tête de turc

Anatomie_cigaretteA voir cette image, on ne peut s'empêcher de songer que l'homme balance avec constance entre deux tentations, le suicide et le meurtre :

- se tuer à petit feu en flirtant inconsciemment ou consciemment avec le danger ;

- définir, nommer et renouveler sans cesse son cheptel de têtes de turc, dont l'élimination en fanfare lui garantira, c'est sûr, une vie meilleure.

20 décembre 2007

Give Piss A Chance

Give_piss_a_chance

19 décembre 2007

Ah la la, c'est ballot, le Grenelle, après Bali... Est-ce l'hallali ?

On l'indiquait ici, début novembre, sous le titre “Le Grenelle de l'embobinement ?“, les effets d'annonce du Grenelle de l'environnement risquaient de faire long feu. Six semaines plus tard, cette lecture semble malheureusement se confirmer.

Sous le titre “Des participants au Grenelle de l'environnement redoutent une réduction de l'ambition écologique“, Le Monde publie aujourd'hui un article inquiétant. En voici un extrait :

“... aujourd'hui, un constat est largement partagé parmi les participants au Grenelle de l'environnement : "Ça ne va pas bien." Ils s'étaient quittés très satisfaits, le 25 octobre, après les annonces du président de la République, qui couronnaient trois mois de travail. Mais, depuis, un malaise s'est installé.

“Le seul collège à ne pas exprimer de mécontentement est le patronat. Les autres multiplient les réserves. Sur la méthode, d'abord. "On découvre les décisions dans la presse, on n'est associés à rien, on ne sait plus où on en est", résume Bernard Saincy, de la CGT. Voilà qui tranche avec la concertation permanente du Grenelle. Mais surtout, la teneur des décisions annoncées inquiète. "L'esprit n'est pas respecté, la lettre non plus, affirme Yannick Jadot, de l'Alliance pour la planète. Il y a une vraie réduction des ambitions."“

18 décembre 2007

Sarko, chapeau !

Mais quel homme ! Quelle santé ! Quelle vigueur ! Depuis 6 mois, il honore la France chaque jour que Dieu fait ; il l'émeut, l'agite, la pointe, la prend, la retourne, la secoue, la tourneboule, la flatte, la fouette, l'embrasse, la caresse avec une énergie jamais démentie. A croire que cet insatiable est plus familier du Kama Sutra que de La richesse des Nations ou du Capital.

On lui a en outre connu, ces dernières semaines, des relations orales, parfois difficiles, avec MM. Bush, Poutine et Kadhafi.

Et voici qu'on murmure ou, plutôt, qu'on hulule qu'il a pris langue avec la belle Carla Bruni chez Mickey ! Chapeau ! Casquette ! Béret !

Peut-on imaginer la reine d'Angleterre roucoulant avec Michael Jackson, Hu Jintao jouant aux osselets avec Kate Moss, le locataire de la White House trinquant avec Amy Winehouse ? Non bien sûr. N'est pas French lover qui veut.

Bon. Le président peut bien faire ce qu'il veut de son temps libre et de ses appendices, quoique c'est au point qu'on va finir par croire qu'il en a dix. Mais n'oublions pas qu'il est plus appointé pour sa promesse de croissance que pour ses excroissances.

Et puis, pourrait-il nous laisser un peu de loisirs, à nous aussi ? Faut-il que les médias qu'il contrôle ou manipule nous imposent de vivre par procuration, du matin au soir et du soir au matin, non seulement ses rêves ou nos cauchemars de réformes, mais ses songes d'une nuit d'hiver ?

Souvenons-nous, dans ce monde sans orthographe, que “Power To The Pipole“ s'écrivait autrefois “Power To The People“. C'était en un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, la France ne s'appelait pas encore Monaco et on y bâtissait des plans quinquennaux plutôt que des plans de com' pour le 20 heures.

17 décembre 2007

Non-assistance à humanité en danger

Je reproduis ici une tribune (ce matin, sur France Culture) de Corinne Lepage, sur la réunion du GIEC à Bali. Elle y dit exactement, mieux que je ne l'aurais fait, ce que je pense du résultat décevant de cette rencontre.

Les peuples de la Terre peuvent aujourd'hui accuser les gouvernants participants à la conférence de Bali , en fait, plus précisément ceux qui ont délibérément torpillé tout accord permettant de prendre date, sur des bases chiffrées, en vue d'un accord à Copenhague en 2009 prenant la suite de l'accord de Kyoto.

Ce qui vient de se passer apparaîtra très certainement, dans les années qui viennent, comme une preuve supplémentaire de l'égoïsme et de la cécité de ceux qui ont décidé de l'avenir du monde en fonction de leurs intérêts propres et immédiats.

En effet, les dernières conclusions du GIEC, qui, pour la première fois, parlent d'irréversibilité, les constatations d'ordre scientifique sur l'évolution du Groenland ou de l'Arctique, l'accumulation des preuves du changement climatique et du risque qu'il fait courir à l'humanité, permettant aujourd'hui de parler, en ce qui concerne cette question d'application du principe de prévention et même plus, du principe de précaution, les messages de détresse lancés par les populations de Papouasie et d'autres iles qui constituent les premiers réfugiés climatiques et qui ne peuvent déjà plus se nourrir normalement, n'auraient pas dû laisser le moindre choix aux responsables réunis à Bali.

Or, malgré les efforts du secrétaire général de l'ONU, malgré la position unitaire et ferme de l'Europe, cette réunion a accouché d'une demie souris.

La seule avancée réelle concerne l'avancée du projet Reed, dont l'objectif est  de financer les pays du Sud pour qu'ils conservent leurs forêts ou reboisent. Il faut rappeler que la déforestation représente 27 % du total des émissions de CO2, soit plus que le transport et que la valeur de la forêt n'est pas seulement d'ordre écologique, entame de séquestration de carbone mais également le lieu majeur de la biodiversité est un lieu de vie essentielle. La banque mondiale a consacré 208 millions d'euros à des projets pilote de surveillance, ce qui est loin des 5 milliards de dollars auquel Nicolas Stern évaluait les moyens nécessaires à mettre en place.

Une seconde avancée , plus modeste, consiste en la mise en place d'un fonds d'adaptation, sous la tutelle du fonds mondial pour l'environnement, destiné à financer des transferts de technologie. Pour le reste, l'obstruction américaine a plombé tout accord ce qui conduit à s'interroger sur le point de savoir qui gouverne vraiment le monde et quelles solutions on pourrait proposer pour mettre un terme au crime de non-assistance à humanité en danger.

Le blocage de George Bush sur le sujet du climat, contraire à la position de la Cour Suprême, mais qui trouve bien évidemment sa source dans la volonté de certaines sociétés pétrolières, est un point central. Rappelons qu'Exxon a financé depuis des années le lobby de “la machine à nier ", instrumentalisant des centaines de centres de recherche et d'association plus ou moins bidons, dont l'objectif était identique : faire du changement climatique une hypothèse et non un fait.

La proposition d'Al Gore de conclure un accord en laissant de côté les États-Unis avec comme objectif probable de stigmatiser cette attitude inadmissible mais ne permettait pas de faire réellement avancer la position internationale. En effet, les États-Unis ne sont pas seuls, malheureusement. Le Canada et l'Australie soutiennent une position très proche, pour des raisons d'intérêt économique immédiat cependant que les pays pétroliers et leurs alliés traditionnels ont toujours pris la position la plus favorable à l'or noir.

Or, si l'on se place au niveau des résultats concrets, un accord a certes été trouvé, mais sur la base de la position la plus faible c'est-à-dire celle qui ne contient aucun engagement précis. Lorsqu'on en est en effet à refuser de faire figurer les conclusions du GIEC autrement qu'en note de bas de page, pour être certain  qu'aucun engagement concernant une réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre en 2020 pour les pays industrialisés et de 50 % pour le monde entier en 2050 ne soient pris, il est clair que l'on est en présence d'un déni de réalité, voire d'un cynisme poussé à l'extrême, qui conduit à accepter de mettre en péril ses propres enfants pour être certain de pouvoir soi-même accroître encore son propre confort.

Ce comportement est la négation même du politique dont la fonction, si elle existe, consiste précisément à organiser la vie de la cité pour lui permettre la pérennité. Cela signifie que la politique, au niveau international n'a strictement plus aucun sens, en ce qui concerne au moins un des périls majeurs qui menacent l'humanité. Cela signifie que les représentants des terriens, élus ou autoproclamés pour certains, font des choix qui s'inscrivent délibérément à l'encontre des intérêts premiers des populations qu'ils sont censés représenter.

Cela signifie, par conséquent, que la représentation actuelle de la société internationale ne peut plus prétendre représenter les intérêts des femmes et des hommes présents et à venir, mais s'est soumise à d'autres maîtres du monde dont on se pose parfois la question de savoir s'ils ont encore conscience d'être des humains.

Dès lors, c'est bien la question de la gouvernance mondiale, lorsqu'il s'agit de questions planétaires qui intéressent tous les humains comme la question climatique, qui est en cause.

La faiblesse du conseil de sécurité de l'ONU est difficilement supportable lorsqu'il s'agit de guerre et de massacres impliquant des milliers, voire des centaines de milliers de personnes. Mais, elle ne l'est plus du tout lorsqu'il s'agit de la survie de l'humanité dans son ensemble.

Cela signifie donc que c'est à la société civile de  prendre son destin en main puisque ses responsables politiques ne sont pas capables de le faire pour elle... Ce sont aux milliers d'associations de défense de l'environnement, de développement, de consommateurs, voire aux syndicats professionnels et  au monde économique et financier dans la partie qui est demanderesse à une véritable révolution pour permettre la réorientation de l'économie, de s'organiser pour imposer le changement qui nous est refusé. Nous avons l'ardente obligation de refuser l'attitude suicidaire que quelques dirigeants ont décidé d'adopter.

A la non-assistance à humanité en danger, nous devons répondre par la mobilisation  de toutes les consciences et les volontés humaines

16 décembre 2007

Le temps de la politique

Si je suis un peu absent de ce blog ces derniers temps, c'est que le discours ou la critique déconnectés de l'action ne me suffisent pas et que j'essaie de “faire passer dans le réel“ une partie des idées développées ici depuis plus de deux ans, sans d'ailleurs -il n'est pas inutile de le préciser- chercher ni poste, ni fonction, ni rémunération, ni avantage.

J'ai ainsi consacré une bonne partie de ces derniers jours à m'informer, ramer dans une mer d'acronymes (HQE, THPE, BBC...), réfléchir, échanger, discuter, écrire, récrire, évaluer, compter, budgéter : il s'agissait d'élaborer et de mettre en forme un projet ambitieux, cohérent, structurant, de développement durable pour le territoire où je vis.

Objectif : créer plusieurs centaines d'emplois, d'habitations, des structures de formation, d'information, etc, en intégrant des logiques environnementale, démographique, économique, sociale, pédagogique et culturelle.

Ce projet, qu'il est trop tôt pour détailler ici, se veut expérimental, exemplaire, pilote, relativement simple de conception, etc, etc, et je crois sincèrement qu'au total, il l'est.

Les élus locaux auxquels je l'ai présenté ces derniers jours l'ont “acheté“ sans hésiter, l'ont déjà amendé et sont volontaires pour le porter. Tout va donc pour le mieux.

C'est maintenant que les emmerdes commencent.

Il s'agit de faire adhérer et de vendre le projet à l'Europe, à l'Etat, à la Région, au Département, aux communautés de commune, aux structures de Pays, au Parc Naturel Régional, à l'ADEME, à la Maison de l'Emploi, aux entreprises susceptibles d'y participer et, bien sûr, last but not least, à la population locale, afin que chacun apporte ses remarques, son aval ou son concours en ingéniérie, en industrie ou en financement.

Il faudra pour cela préalablement constituer un dossier technique de plusieurs centaines de pages, qui nécessitera l'intervention d'un ou plusieurs cabinets d'études, spécialisés en techniques de l'environnement, en économies d'énergie, en techniques du bâtiment, en urbanisme, en architecture, etc.

Après cela, il faudra prendre son bâton de pèlerin, séduire, faire adhérer la population, convaincre les responsables politiques de tous niveaux, les administratifs, les entrepreneurs, déjouer l'indifférence, la passivité, l'opposition franche ou les chausse-trappes des uns ou des autres, faire du lobbying, attendre un rendez-vous pendant deux mois, en revenir déçu, remotiver les uns, calmer les autres, repartir au combat. Encore et encore. Il faudra nécessairement faire évoluer le projet, l'enrichir, l'amender sans cesse, en restant ferme sur ses principes et souple dans ses modalités. Batailler, batailler encore...

Concevoir le projet a nécessité au total deux ou trois jours de travail. Réunir les volontés et les concours nécessaires au commencement de sa mise en œuvre devrait prendre la bagatelle de trois ans. Sa réalisation concrète, une à deux années de plus.

Venant du privé, le rythme, le temps du politique et de l'administration m'affolent. Mais c'est comme ça. Le réchauffement climatique a de belles heures devant lui :)

14 décembre 2007

Envoyez vos vœux à votre député et à votre sénateur

Lu ceci dans La lettre volée, que je relaie volontiers :

Voici un courrier que je me propose d'adresser dès demain à mon député et à l'un des sénateurs de mon département. Faites-en de même, ça finira peut-être par faire gagner les quelques voix nécessaires pour bloquer l'adoption du nouveau traité. J'indique in fine comment retrouver son député, ainsi que son adresse.

Pour comprendre la procédure de ratification, cf. cette annonce de calendrier par Bernard Kouchner. Il y a donc urgence puisque tout doit être plié en février.

Enfin, pour que ce soit explicite, je ne suis pas favorable à un nouveau référendum : il y a eu, en 2005, une réponse claire à une question claire ; c'est à l'Europe d'en tenir compte, pas aux français de plier. Mais je suis opposé au passage en force qui se prépare et j'espère que le Parlement saura sauver l'honneur.   

Version à télécharger

Monsieur le Député (Sénateur),  

Le 29 mai 2005, le peuple français a majoritairement rejeté le projet de traité portant constitution pour l’Europe. Deux années plus tard, le Président de la République a émis le souhait de voir le Parlement français, réuni en Congrès, ratifier le traité dit de Lisbonne. Cette ratification doit intervenir au début de l’année 2008, dans le cadre d'une procédure complexe, à deux étapes.  

Ce traité est pourtant identique en quasiment tous points au texte rejeté en 2005. En effet, selon les termes même de Valéry Giscard d’Estaing, ancien Président de la République, membre du Conseil constitutionnel, ancien Président de la Convention européenne ayant rédigé le projet de traité constitutionnel : « les propositions institutionnelles du Traité constitutionnel – les seules qui comptaient pour les Membres de la Convention – se retrouvent intégralement dans le traité de Lisbonne mais dans un ordre différent ».  

Comme de nombreux partisans même du traité l’ont exprimé, il n’appartient pas au Parlement de valider ce que le peuple français a clairement refusé. Selon Mme Le Pourhiet, professeur de droit public, « le Conseil constitutionnel […], en se déclarant incompétent pour contrôler les lois référendaires qui sont «l'expression directe de la souveraineté nationale» reconnaît que la loi référendaire est d'une essence supérieure à la loi parlementaire et que l'on ne peut les mettre sur le même plan. » Votre mandat parlementaire ne vous donne ainsi pas pouvoir pour approuver le texte signé le 13 décembre 2007 à Lisbonne. Ce texte ne pourrait éventuellement être approuvé que par le peuple français.  

Quel que soit votre sentiment sur le traité de Lisbonne, il appartient à la représentation nationale de refuser de servir à contourner l’expression du peuple français. Il appartient au Président de la République, s’il le souhaite, de convoquer les électeurs par référendum pour qu’ils se prononcent à nouveau sur le traité européen. Dans le cas contraire, le Parlement contribuerait malheureusement à saper la confiance de nos concitoyens dans leurs représentants.  

Vous aurez, par deux fois, l’occasion de ne pas bafouer l’expression de la majorité de vos concitoyens.   

Une première fois, lors de la modification de la Constitution de 1958, nécessaire à la ratification du Traité dit de Lisbonne. Le traité contient en effet des clauses contraires à la constitution de la Vème République et doit donc être visé expressément par celle-ci pour accorder les transferts de pouvoir décidés à Lisbonne. Ensuite seulement, un deuxième vote, si le premier était acquis, doit permettre au Parlement, réuni en Congrès, de ratifier ce traité.  

Dans les deux cas, votre approbation constituerait un désaveu illégitime de la volonté des français.

Ayant confiance dans votre intention de ne pas faire opposer, par l’Assemblée (le Sénat), une voix contraire à l’expression directe de la souveraineté nationale, je vous prie d’agréer, Monsieur le député (Sénateur), l’expression de mes sentiments les plus dévoués et républicains.  

Pour connaître votre député, l'Assemblée a mis en ligne une page permettant de retrouver son député selon sa circonscription. Pour les sénateurs, il vous faut choisir parmi les sénateurs de votre département (les sénateurs sont élus sur listes départementales, seuls quelques départements ont un seul sénateur), il faut donc choisir celui ou celle (ou ceux) dont on se sent le plus proche (liste par département).
 
  Adresse de l'Assemblée nationale  :
  Assemblée nationale,
  126, rue de l'Université,
  75355 Paris 07 SP
 
  Adresse du Sénat :

  Casier de la Poste, 15, rue de Vaugirard, 75291 Paris Cedex 06

13 décembre 2007

De Louis XIV à Sarkozy : de “l'Etat c'est moi“ à “La télé, c'est moi“

Depuis le développement de la radio, puis de la télé et, pour situer dans le temps, depuis les années 50-60, quelque chose ne tournait plus rond dans le gouvernement des hommes.

Jusque là, Comme L'Art de la guerre ou Le Prince l'avaient théorisé, les responsables politiques avaient toujours bénéficié d'un avantage décisif, la primeur et le contrôle de l'information et de sa diffusion. Le plus souvent, ils en savaient plus que les autres, ce qui facilitait leurs prises de décisions et la bonne exécution de celles-ci.

Une fois l'info, souvent “pluraliste“ et contradictoire, mise à disposition de tous, cet avantage a tendu à se dissoudre, d'autant que la somme des infos croissant de manière exponentielle, le monde semblait devenir plus complexe.

Il est ainsi devenu de plus en plus difficile de gouverner, d'agir dans le bon timing, sans provoquer de commentaires, de critiques ou de réactions paralysantes pour le pouvoir.

A ce stade -et ça ne valide en rien le fond de son action-, Nicolas Sarkozy a profondément innové. Il a compris que le pouvoir avait un problème de vitesse et de rythme et s'est donc dit que le seul moyen de pouvoir gouverner est d'aller plus vite que l'info.

Et le seul moyen d'aller plus vite que l'info, c'est de “faire l'info“, d'être l'info. D'où cette frénésie zappante qui saute, sans les résoudre au fond ou en les résolvant “à sa manière“ (sur laquelle on reviendra demain), d'un sujet l'autre, sans blanc, sans interruption. Tout le monde, alliés inclus, se trouve ainsi perpétuellement pris à contrepied. Et le pouvoir peut gouverner, ou faire semblant, ce qui parfois revient au même.

Du Louis XIV de “L'Etat, c'est moi“, on est ainsi passé au Sarkozy de “La télé, c'est moi“.

Politesse de stage en communication

Une jeune fille propre sur elle vous accueille dans une banque. Elle ne vous connait pas, vous toise un instant d'un air ou, derrière un sourire de commande, se lisent un mélange d'ennui d'être dérangée à répétition, un rien d'hostilité et un brin de crainte, on ne sait jamais.

Le téléphone sonne, elle répond, selon la bonne pratique qui consiste à privilégier ceux qui vous sonnent plutôt que ceux qui ont fait le chemin d'aller vers vous. Le loin d'abord, le près après.

Puis son visage s'éclaire. Elle a trouvé la solution, dictée par son stage de communication. Elle fait un geste et montre deux fauteuils : “Veuillez vous installer...“

Pas : “Hou la la, vous me faites chier“, pas “attendez que je sois prête à vous recevoir“, pas “j'ai pas le temps“, pas “chacun son tour“, pas “Qu'est-ce que vous voulez ?“, pas “Merci de patienter un instant, je suis à vous tout de suite“, pas “Bonjour, Monsieur, je vous demande un instant“, pas un de ces mots gentils ou brutaux qui caractérisaient les accueils avant qu'on ne forme les employés à la communication.

Non, un délicieux “Veuillez vous installer...“ qui n'oblitère pas le fond, mais vous transforme illico l'impatient en patient, le client en obligé. Magique.



Carnets de nuit

  • Carnets de nuit, qu'est-ce c'est ? C'est le blog politique d'une voix libre, souvent moqueuse, parfois sérieuse, d’un amoureux et d'un citoyen du monde.

    Au fil des nuits, des jours, des humeurs et des urgences, vous y trouverez des coups de gueule sans pitié et des coups de chapeau sans frontières.

    Vous y trouverez également des informations peu répandues ou non mises en perspective sur les médias traditionnels, des éléments d’analyse politique, sous-tendus par une conviction simple : ce monde est trop beau pour qu’on accepte, sans sourciller, qu’il se fasse tant de mal.

    Vous y trouverez enfin, au-delà de la critique, des propositions citoyennes, soucieuses du long terme, pour changer le monde. S’il veut. Ou, plutôt, si VOUS le voulez.

Les commentaires récents

.


  • Powered by  MyPagerank.Net

  • Wikio - Top des blogs - Politique

FREEMEN

C'est là que je suis


  • Vignette_blog_montagenet

    Sur le blog de Montagenet,

    retrouvez la vie, au jour le jour, du domaine et plus de 500 photos des maisons à louer, des aménagements conçus pour votre confort, des paysages, de la flore et des amis de Montagenet.


  • Logo_site_montagenet_1

    Sur le site de Montagenet,

    découvrez un superbe hameau périgourdin, au cœur de 76 ha de nature.

    Cinq maisons d'hôtes, entièrement réhabilitées et classées 4 étoiles, vous y accueillent, toute l'année, pour des vacances de détente, des séjours de remise en forme et des séminaires.

Carnets de nuit (un Best of)

Blog powered by TypePad
Membre depuis 03/2005

++


  • Share on Facebook

  • blogCloud

  • meilleur site politique

--


  • Sticmarianneblog

Ma Présence en ligne

ALERTE

Cours des “grands“