Nicolas Sarkozy et la pollution en Chine
Nicolas Sarkozy est en Chine : parmi les sujets annoncés de ses conversations avec les dirigeants chinois, celui de la pollution. Nicolas Sarkozy, a entendre les médias, va donc faire la leçon aux vilains chinois.
Effectivement, cette année (ou l'an passé, selon notre-planète info, ou en 2009, selon le New York Times), la Chine devrait dépasser les États-Unis en termes de rejets de CO2 et devenir le premier pays pollueur du monde : les émissions de dioxyde de carbone devraient passer de 5,6 milliards de tonnes en 2006 à 6,02 cette année, ce qui représente environ 22 % du total mondial . En 2006, la Chine est le premier pays du monde pour les émissions de dioxyde de soufre, qui ont progressé de 27 % entre 2000 et 2005.
Ce n'est pas négligeable, à deux nuances près.
D'une part, la Chine est devenue l'atelier du monde, avec une production orientée vers l'exportation plutôt que vers la consommation intérieure. En d'autres termes, la Chine pollue pour répondre à nos besoins plus qu'à ceux de son marché intérieur. Elle pollue pour produire les merdes que nous, occidentaux, américains ou européens, consommons et, notamment l'infinité de jouets imbéciles que certains de mes lecteurs ont commencé à acheter pour le Noël de leurs enfants :)
D'autre part, si la Chine dépasse cette année en volume la pollution américaine, cela signifie une chose simple : les 1,3 milliards de chinois polluent autant que les 300 millions d'américains, c'est-à-dire qu'un chinois pollue 4 fois moins qu'un américain et deux à trois fois moins qu'un européen, tout en fabricant une grande quantité de ce que les américains ou les européens consomment.
Emissions de gaz à effet de serre par habitant et par an, selon les pays, en kg d'équivalent carbone (Chine : émissions de CO2 seul), pour 1990 et 1998 (classées par ordre d'importance en 1998). Source Manicore.
Tout cela ne signifie pas, bien évidemment, que la Chine peut s'exempter de tout effort en matière de pollution. Les conséquences de la pollution sur la santé publique en Chine sont d'ailleurs d'ores et déjà effroyables. Selon la Banque Mondiale, 16 des 20 villes les plus polluées du monde se trouvent en Chine et les victimes directes de la pollution se compteraient en centaines de milliers.
Ces conséquences néfastes ne feront d'ailleurs que s'aggraver si, par évolution naturelle, pour maintenir la paix sociale ou en cas de crise en Occident, la production chinoise doit rapidement chercher des débouchés de substitution dans la consommation intérieure : on imagine les conséquences, en termes d'émissions de CO2, de 400 ou 500 millions de voitures en Chine.
La question n'est donc pas de faire la leçon aux chinois, mais de chercher, avec eux, un modèle de développement, pour eux comme pour nous, qui soit compatible avec les questions de pollution et de changements climatiques. Vaste programme !




Les chinois n'auront jamais 400 à 500 millions de voitures, à moins qu'ils n'aient autant de chevaux pour les tirer : Le cheval de l'après pétrole
Selon toute vraisemblance, le peak oil est en train d'être passé, comme ce sera le cas pour l'uranium et le gaz dans à peine vingt ans, encore dix ans plus tard pour le charbon (dommage que ce soit si tard).
Bon, je vous donne une adresse où toutes ces questions d'énergies sont développées :
Des aspects d'un monde possible
Et il n'est pas inutile d'aller voir les liens indiqués sur la page de l'habitat. Car pour éviter de trop consommer d'énergie, il faut commencer par le bâtiment, et aussi oublier la voiture.
Car mieux vaut manger du pain que donner des agrocarburants à une bagnole : La faim, la bagnole, le blé et nous de Fabrice Nicolino - désastres provoqués par les agrocarburants.
Rédigé par: Nestor | le 25 novembre 2007 à 22:34
@Nestor
Vous vous trompez pour le charbon, il y a d'énorme réserve capable de tenir plus d'un siècle. Et c'est bien là un risque que les gens substitut le charbon au pétrole, il y a d'ailleurs des méthodes qui permettent de transformer le charbon en pétrole. D'un point de vue économique le charbon est la meilleurs solution et c'est celle que les pays comme la Chine ou l'Inde adopterons si l'on ne met pas au point des méthodes de production énergétiques non polluante à un cout raisonnable.
Rédigé par: yann | le 26 novembre 2007 à 11:14
Erreur également sur l'uranium, Nestor.
La durée des réserves connues dépendra étroitement du rythme de leur utilisation, ces réserves ne sont bien sûr pas illimitées.
Certaines études donnent 20 ans de réserves, d'autres plus de 60 ans... il est difficile de se faire une idée claire de la réalité sur ce point.
Cela d'autant plus que d'autres solutions sont à l'étude, en particulier l'Inde travaille sur l'utilisation du thorium, qui permet des économies intéressantes d'uranium : à réserves égales on pourrait donc alimenter un plus grand nombre de centrales.
Et le thorium n'est pas un élément rare...
D'accord avec Yann sur le charbon, mais un procédé en voie de développement rapide ne doit pas être négligé : la production d'électricité par énergie solaire par concentration.
Il est assez probable que le prix de revient de l'électricité produite par ce moyen deviendra très compétitif par rapport au nucléaire sous peu.
Pour en savoir plus à ce sujet : ObjectifTerre : Le blog des Clean Techs.
Rédigé par: jcm | le 26 novembre 2007 à 12:20
Il y a aussi les biocarburants à base d'algues qui sont extrêmement prometteur et qui ne concurrencerons pas la production agricole pour la nutrition humaine, contrairement au biocarburants classique:
http://www.inria.fr/actualites/inedit/inedit58_rechb.fr.html
Rédigé par: yann | le 26 novembre 2007 à 13:30
:) Moi aussi Sarko m'énerve quand il fait la morale environnementale aux Chinois.
Surtout qu'ils investissent bien plus que nous (et attirent plus d'investissements)dans le secteur.
Pour la pollution atmosphérique c'est pareil que pour la pollution tout court : elle tue 450 000 chinois par an environ en Chine et 3 millions dans le monde. Représentant un sixième de la population mondiale... ils seraient même un peu en dessous de la moyenne.
Rédigé par: isabelle | le 27 novembre 2007 à 12:04
Je lis ce billet avec du retard... mais justement, on en parlait l'autre soir et on n'avait pas les chiffres, donc merci.
Ce qui m'intéresserait aussi, ça serait d'avoir le même genre de graphique, mais qui ne donne pas la pollution émise en moyenne par personne, mais par hectare. Ça serait intéressant aussi, pour compléter.
Rédigé par: mirza | le 16 décembre 2007 à 09:18