Les mille et une “Unes“ de Nicolas Sarkozy
Si les peuples heureux n'ont pas d'histoire, il est à peu près normal que la vie simultanée de 6,5 milliards de personnes, pas toutes heureuses, reliées par de multiples systèmes et outils de communication, crée un maelström permanent d'informations.
Il n'est pas moins compréhensible que cette masse considérable d'informations, constamment renouvelée, aboutisse à la mise en avant ou en valeur de ce qui est simple et spectaculaire et que, selon, la dernière information chasse la précédente, la mauvaise herbe chasse la bonne, le lien des causes et des conséquences se fasse ténu ou inexistant, l'éphémère devienne la règle.
On comprend également que, dans ce contexte, l'information ne soit plus qu'un bruit permanent, dont émerge de-ci, de-là, un rire, une image, un cri ou des larmes et, au total, plus de stimuli émotionnels que d'appels à l'intelligence.
Nombreux ont compris et admis, à la fois ce rythme et cette mécanique ; beaucoup en sont victimes, quelques-uns en sont les acteurs éphémères, mais peu s'en servent avec la maestria de Nicolas Sarkozy.
Depuis des mois, président, chef du gouvernement, ministre, rédacteur en chef, commentateur, animateur, acteur, il imprime un rythme infernal à l'information.
Jugez-en : en dix jours, il s'est séparé de son épouse, a divorcé, ratifié le Traité de Lisbonne, impulsé une Union méditerranéenne, signé des contrats commerciaux importants avec le Maroc, fait lire la lettre de Guy Môquet dans toutes les classes, conclu le Grenelle de l'environnement en annonçant une révolution verte pour la France, que sais-je encore.
A ce rythme de, mettons, quatre ou cinq événements “communicables“ par semaine, il devra, d'ici la fin de son [premier] quinquennat, créer, orchestrer, conclure ou récupérer plus de 1.000 événements différents, susceptibles de faire la une des journaux.
L'opposition, si elle veut éviter la ringardisation finale, devra démultiplier ses think-tanks et ses porte-paroles pour être en mesure de réagir, de manière percutante, en une minute trente, à chacune de ses interventions. Les citoyens-téléspectateurs devront devenir insomniaques pour ne pas perdre le contact avec l'évolution de leur propre vie. Ou, du moins, à ce qu'on doit en penser.
Henri Guaino devra écrire près de 10.000 pages de discours et imaginer une vingtaine de milliers de tournures brillantes pour illustrer ou paraphraser la maxime du duc de Lampedusa dans Le guépard : “Il faut que tout change pour que rien ne change“.
Communiquer plus pour gouverner plus, ou l'inverse ? A moins que... Qui craquera en premier ?




A moins...
qu'on débranche la télé, qu'on éteigne la radio,
qu'on regarde la réalité, la vraie, celle de la solidarité, celle de la misère, celle de la solitude, etc etc...
qu'on décide de résister à la peur et à l'illusion instillées jour après jour dans les têtes.
Merci pour ton blog qui me fait réflechir !
Lise
Rédigé par:Lise | le 26 octobre 2007 à 17:26
faut éteindre son ordi aussi ?
Rédigé par:sophie | le 27 octobre 2007 à 05:51