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30 septembre 2007

Le client est roi ? Mais roi de quoi ?

300_2 Hier soir, vision d'un DVD. Ironie du sort, en compagnie d'amis délicieux, par ailleurs distributeurs de cinéma.

Avant d'arriver au menu du film que j'ai évidemment acheté et pas téléchargé, j'ai d'abord droit à une leçon de morale agressive, sur le mode “pirater, c'est voler“. Si j'avais piraté, je n'aurais pas eu le plaisir d'être gratifié de cette stance.

Après cette agréable entrée en matière, on me propose trois ou quatre bandes-annonces de films dont je n'ai rien à foutre. Quand je dis “on me propose“, c'est parce que je suis poli : on me les impose sans me demander mon avis, puisque je ne peux toujours pas accéder au menu du DVD.

Pour couronner le tout, ces séquences, qui ont bien bouffé 10 minutes mon temps sans que j'en sois rémunéré ou remercié, sont suivies d'une pub qui m'apprend que le DVD que j'ai acheté est un format obsolète, puisqu'arrive bientôt le HD-DVD, le Blue-ray et je ne sais quoi encore, dont l'objectif est, contre la promesse d'une qualité technique ultime dont, en fin de compte, peu de gens pourront profiter, de me faire racheter un nouveau lecteur vidéo et de finir par remplacer l'ensemble de mes DVD, comme j'ai déjà, en moins de vingt ans, remplacé les VHS par des LaserDisc, puis par des DVD.

Tout ça pour dire qu'avant de pouvoir regarder le film que j'avais choisi de voir, mon fournisseur de vidéo m'a ouvertement traité de voleur, pris pour un con-sommateur passif, puis pour un gogo sans mémoire, prêt à se faire avoir à répétition par de fausses nouveautés technologiques.

A voir l'étendue du respect des consommateurs que révèlent ces pratiques de marketing à la hussarde, s'il est vrai que le client est roi, on peut se demander si, pour l'industrie du cinéma, il n'est pas juste le roi des cons :)

28 septembre 2007

La dette, toujours la dette...

Lu dans Le Monde, daté de demain, ce chiffre officiel qui agrave ceux donnés ici il y a 4 jours : “Au deuxième trimestre de 2007, l'ensemble de la dette publique (Etat, organismes d'administration centrale, collectivités locales et Sécurité sociale) a augmenté de 32,3 milliards d'euros par rapport au trimestre précédent, a annoncé, vendredi 28 septembre, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Elle atteint le niveau record de 66,6 % du PIB à 1.216,4 milliards d'euros. Le niveau de la dette publique est bien supérieur au taux du pacte de stabilité européen, fixé à 60 % par l'Union européenne.“

Ce chiffre doit être quasiment doublé et augmenté de 900 à 1.100 milliards d'Euros, représentant les  principalement les retraites estimées des agents de l'Etat, des collectivités et de ceux des entreprises nationales.

Le passé, cette matière molle...

Lnine_et_trotsky_7101919Lnine_sans_trotsky_7101919 Lecture du livre de souvenirs d'un ami cher, inexplicablement perdu de vue.

De toute évidence, si sa mémoire est restée vive s'agissant des nombreuses célébrités dont il n'omet pas d'orner son ouvrage, elle est plus incertaine sur ceux de moindre notoriété.

Je me vois ainsi effacé du court récit d'un épisode mexicain plutôt pittoresque qui nous avait conduit tous deux à Ixtlan, sur les traces de l'écrivain Carlos Castaneda et de Don Juan, sorcier Yaqui, détenteur d'une connaissance chamanique et adepte des champignons hallucinogènes.

A bord d'un taxi pétaradant, après une heure et demie de route pénible, nous étions parvenus à Ixtlan, paumé dans les montagnes de Oaxaca. Là, nous avions croisé trois ou quatre paysans sans âge et quelques chiens galeux qui soulevaient avec lenteur la poussière. Mais de champignons, point, et de sorcier, encore moins.

Après quelques minutes d'errance déçue dans le village désolé, nous étions entrés nous rafraichir dans le seul bar de l'endroit. Au fond de la salle trônait un crucifix de belle taille, signe de piété, surmonté d'un poster jauni de Sylvester Stallone, signe des temps.

Nous apprimes plus tard que Castaneda, l'auteur de Don Juan et de Voyage à Ixtlan était probablement un affabulateur facétieux.

Bref, à la lecture du récit de mon ami, enjolivé de considérations passionnantes sur lui-même, mais amputé de ma présence pourtant agréable et bien utile sur le moment, du fait notamment de ma pratique de la langue locale, je me dis que le passé, loin d'être gravé dans le marbre, l'est décidément dans une matière molle, que chacun sculpte au mieux de ses intérêts du présent.

L'histoire officielle n'est pas avare de ces petits arrangements. Regardez les deux photos ci-dessus : sur la première, on voit Lénine et Trotsky, en 1919, lors de la célébration du 2e anniversaire de la révolution d'octobre. Celle du bas est bien la même, mais Staline, allez savoir pourquoi, a fait retoucher le cliché et effacer Trotsky. Licence poétique, sans doute...

27 septembre 2007

Aubert sur scène : deux heures de joie

Jeanlouis_aubert Vu hier soir, à l'Européen, un concert peu commun.

Prenez un homme qui emplit habituellement sans problème des Zéniths, entouré d'excellents musiciens, de moyens techniques, son et lumière, irréprochables.

Laissez-le se poser seul dans une salle, sans accompagnateurs, ni ornements. Dans le meilleur des cas, vous aurez cette tournée solo de Bruce Springsteen, il y a quelques années, au cours de laquelle le Boss restituait seul,  à la guitare sèche, la puissance et l'émotion de ses concerts avec le E. Street Band.

Assister à ce type de prestation  est déjà un privilège. J'ai vu mieux, hier soir. Pas mieux, c'est idiot, puisque deux artistes ne se comparent pas et qu'il n'y a pas lieu à compétition. J'ai vu et, surtout, entendu deux heures d'exception.

Depuis bientôt 30 ans, Jean-Louis Aubert, avec, puis sans Téléphone, a collectionné réussites musicales et succès. Hier soir, après Idéal Standard, un album vendu à près de 500.000 exemplaires et une grande tournée, il était seul devant une salle de 350 personnes, au seuil d'une tournée des petites salles qui lui fera sillonner la France jusqu'à l'été prochain.

A le savoir seul sur scène, on s'attendait à de l'émotion. On n'est pas déçu, elle est présente tout au long du concert : dans les chansons et entre les chansons, dans ces confidences, ces petites histoires, tendres ou amusantes, dans cette complicité qu'il établit avec simplicité.

On se doutait également qu'il y aurait de l'énergie. Elle ne manque pas, ni dans la voix, ni dans le jeu des instruments, ni dans la présence scénique. Elle est exubérante et généreuse, jamais agressive.

Mais le plus étonnant est l'aspect réellement spectaculaire de cette prestation solitaire. Il y avait bien sûr, autour de lui, des instruments : des guitares acoutiques, un piano quart de queue, trois éléments de percussion, un harmonica ; mais il y avait également un jeu de pédales et d'électronique étonnant, qu'il maîtrise étonnamment et lui permet notamment d'enregistrer une séquence musicale pendant qu'il la joue et de la restituer dans l'instant. De la sorte, sans que cela casse l'émotion, il multiplie les sons, les couleurs, les enrichit et s'accompagne, au sens propre.

Ces surprises sonores, ces reliefs rythment et colorent le spectacle et en font, au sens propre, une performance. Courrez le voir, vous ne serez pas déçus.

26 septembre 2007

L'univers kafkaïen des agences de l'Etat

Le gouvernement clame sa volonté de réformer l'Etat pour le rendre plus performant. C'est quand il veut.

On avait donné ici, dans le post “Une organisation territoriale obsolète et absurde“, une petite idée de l'organisation actuelle des collectivités territoriales, dont l'empilement kafkaïen est aujourd'hui inutilement coûteux et parfaitement contre-productif.

Voici quelques mots sur les agences publiques spécialisées. Si l'on ne donne pas de chiffres ici, c'est que la matière est tellement opaque et touffue que personne sans doute ne les connait, à part, peut-être, la Cour des Comptes.

Prenez la santé, ou l'environnement, ou tout autre domaine de compétence de l'Etat. On s'est ingénié, depuis 20 ans, à multiplier les services officiels, baptisés agences. Ils sont théoriquement autonomes, dépendent d'un ministère ou d'une collectivité territoriale et leurs compétences sont théoriquement différentes. Théoriquement.

En réalité, une partie importante de leur énergie consiste à survivre, à se tailler une place dans un univers très concurrentiel.

S'agissant de l'environnement, il existe semble-t-il, des dizaines, voire des centaines d'agences (j'ai vu passer, sans certitude de ne pas m'être trompé, le chiffre de 343) qui emploient 5, 10, parfois plusieurs centaines de personnes. Les unes s'occupent de nouvelles énergies, les autres de pollution, les troisièmes d'environnement, les quatrièmes de règlementation, les cinquièmes d'études diverses, etc.

Elles sont financées tantôt par les départements, tantôt par les régions ou par l'Etat. Entre elles, peu de concertation, beaucoup de chasses gardées et une lutte de chaque jour pour trouver du financement et damer le pion de leurs compétitrices.

Un exemple concret ? On le trouvera dans la santé. Pas moins de six à huit agences différentes s'occupent de tel problème de santé, la grippe aviaire par exemple. Chacune produit un travail, le plus souvent sans cohérence avec celui produit par l'agence voisine. Chacune dépense plus en frais de fonctionnement qu'en recherche ou en actions concrètes.

Chacune produit ses propres documents de communication, publics ou semi-publics, imprimés, audiovisuels ou interactifs, qui sont, dans le meilleur des cas, à peu les mêmes que ceux des autres et, au pire, contradictoires les uns avec les autres. Mais c'est à qui produira les plus beaux, les plus complets, les plus coûteux, ceux le mieux à même de justifier de l'existence de l'organisme qui les produit.

Il y a probalement des milliers d'agences de ce type en France et un réglage colossal a y effectuer. A la clé, quelques centaines de millions d'Euros, voire plus, à gagner chaque année.

24 septembre 2007

A bon chat, bon tiramisu

Montagenet_le_tiramisu_des_chats Il y a des jours où l'on ferait mieux de faire régime ou de s'intéresser à la politique.

Après avoir fait quelques yaourts, du pain aux raisins et aux pignons et rassemblé les éléments pour faire de la confiture de figues, vous préparez un tiramisu aux fruits rouges pour vos invités du soir.

Vous prenez trois œufs, séparez les blancs des jaunes, mélangez un verre duralex de sucre avec les jaunes, puis y mélangez une boite de mascarpone. Vous montez les blancs en neige, bien fermes, puis les incorporez délicatement dans la préparation précédente.

Vous réchauffez un peu de soupe de fruit, y trempez les boudoirs, en disposez une première couche dans  le moule à manqué. Vous recouvrez le tout de la crème au mascarpone. Puis recommencez avec une nouvelle couche de boudoirs, suivie d'une nouvelle couche de crème. A la fin, vous saupoudrez le tout de poudre de chocolat amer. Ouf !

Tout ça vous bouffe bien une demi-heure. Une fois fini, vous le mettez dans le réfrigérateur, en équilibre sur quelques bonnes bouteilles.

Arrive une visite. Vous évoquez le dîner soir et vous voulez montrer le beau tiramisu. Vous ouvrez le réfrigérateur et catastrophe, le moule à gateaux glisse et se renverse sur le sol. Foutu !

Aussitôt, un félin attentif se précipite. Il n'y a plus qu'à faire don du délicieux dessert à la congrégation des chats. Et à recommencer ! Bon, avec tout ça, on est loin de la “failite de la France“ et autres joyeusetés :)

Norman Forster s'inspire de Gaudi

Parque_gell_2Parque_gell_plato_techo

 

Torre_agbar

Noucamp

 

L'architecte Norman Forster vient de gagner le concours international qui avait pour objet le rhabillage du Nou Camp, le plus grand stade d'Europe (98.000 places), à Barcelone.

Pour cela, comme l'avait fait Jean Nouvel pour la Tour Agbar, inaugurée en 2005, Forster s'est inspiré d'une des signatures architecturales fortes de la capitale catalane : Antoni Gaudi.

Il a puisé dans l'une des marques du style de Gaudi, les mosaïques qui habillent et colorent la plupart de ses bâtiments et qu'on retrouve notamment au Parque Güell (ci-dessus).

Le Nou Camp, qui fête aujourd'hui ses 50 ans,  sera ainsi doté d'une seconde peau de mosaïque aux couleurs du Barça, écarlate et bleu et de la Catalogne, rouge et jaune (maquette ci-dessus, à gauche).

Début des travaux : 2009. Fin des travaux pour l'ouverture de la saison 2011-2012. Bien vu.

23 septembre 2007

L'endettement peu enviable de l'Etat Français

Public_debt_percent_gdp_world_map (ci-dessus, le niveau d'endettement public des pays par rapport à leur PIB - source Wikipedia)

Pour faire écho aux récents propos de François Fillon et à de Jean-Claude Trichet sur la situation des finances de la France, j'ai trouvé, aux meilleurs sources, sur le site de la CIA, qui est une mine de données, un état du niveau de la dette publique de 120 pays (dette publique en pourcentage du PIB).

La France, dont la dette publique est autour de 1.250 milliards d'Euros (hors dettes sociales, qui doublent ce montant), se classe au 92e rang, ex-aequo avec les Etats-Unis, avec une dette publique qui représente 64,7% de son PIB (à quelques décimales près -64,2% ou 64,3% selon d'autres calculs- c'est le pourcentage généralement admis).

91 des 120 entités classées par la CIA font proportionnellement mieux que nous (voir tableau en suite de post).

En chiffres absolus, l'Etat français est le 5e débiteur mondial :

Etats-Unis : environ 9.000 milliards de dollars
Japon : environ 7.700 milliards de dollars
Italie : environ 2.000 milliards de dollars
Allemagne : environ 1.950 milliards de dollars
France : environ 1.750 milliards de dollars

Lire la suite "L'endettement peu enviable de l'Etat Français" »

Au Myanmar, la Birmanie semble renaître

Novices_au_myanmareric_lafforgueAu plus étrange des pays, la population consacre une partie importante de ses revenus (20% me disait-on) à acheter des feuilles d'or destinées à recouvrir les stupas des temples bouddhistes.

Les enfants reçoivent une formation de noviciat (comme on le voit sur la photo ci-dessus).

C'est dire l'imprégnation de la religion bouddhiste au Myanmar (nom donné par la junte au pays qu'on nommait autrefois et, sans doute, un jour prochain, la Birmanie).

Les moines y ont souvent joué un rôle politique,  ont été très actifs dans la lutte pour l'indépendance en 1948,  et dans les manifestations qui conduit à la prise de pouvoir sanglante par les militaires en 1988.  Ceux-ci les ont, par la suite, encadré par des moines “gouvernementaux“.

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Depuis le 19 août, le doublement du prix des carburants et, plus généralement, une inflation à deux chiffres ces deux dernières années, sans compter la lassitude d'une dictature militaire violente, incapable et corrompue, suscitent des mouvements de protestation d'une ampleur inédite depuis près de vingt ans.

Dans plusieurs villes, Yangoon (Rangoon), Mandalay, Pakkoku, des milliers de moines (ils sont plus de 100.000 dans le pays) ont pris la tête des manifestations pacifiques. Depuis quelques jours, ils entraînent des portions croissantes de la population.

Hier, ils sont passés devant la maison où le leader de l'opposition, Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix, vainqueur des dernières élections libres (en 1990), annulées par la junte, est retenue en résidence surveillée (elle a connu 12 ans de détention sur les 18 dernières années). Là, rapporte le Bangkok Post,  ils se sont arrêté près d'un quart d'heure en chantant une prière bouddhiste : “Puissions-nous être totalement libérés de tout danger, puission-nous être totalement libérés de toute peine, puissions-nous être libérés de la pauvreté, puissions-nous avoir la paix du cœur et de l'esprit.“

Sur le pas de sa porte, elle les a salué en pleurant.

22 septembre 2007

Raid israélien sur la Syrie : répétition générale ?

Bombardement Le 6 septembre dernier, l'aviation israélienne a bombardé des “cibles syriennes non identifiées" dans le nord de la Syrie, rapporte Le Monde daté d'aujourd"hui. “Damas a protesté auprès de l'ONU mais personne n'a révélé la nature de l'objectif. Israël a interdit aux médias d'évoquer le raid.“

Malgré ce black out, l'ancien Premier Ministre israélien, aujourd'hui leader de l'opposition de droite, Benyamin Netanyahou, a confirmé jeudi cette attaque aérienne, lors d'une interview télévisée.

Dans un article intitulé : “Israël et les Etats-Unis ont partagé des informations sur un site nucléaire suspecté [en Syrie]“, le Washington Post daté d'hier, apporte de nouvelles précisions sur ce raid, dont le bruit court qu'il constitue une répétition générale d'un bombardement des sites nucléaires iraniens.

L'administration Bush se serait d'abord montrée circonspecte lorsqu'Israël l'a alerté que la Corée du Nord aidait la Syrie à construire un site nucléaire, mais les services de renseignements américains auraient finalement corroboré les dires isréaliens

L'attaque a été conduite dans un secret tel que les pilotes des avions de couverture du bombardier ne connaissaient pas les détails de la mission et ceux qui conduisaient l'attaque ont été briefés alors qu'ils étaient déjà en vol.

L'incident reste mystérieux : si l'on croit savoir que la Syrie a poursuivi activement des recherches sur les armes chimiques, il n'a jamais été question jusqu'ici de recherches syriennes sur les armes nucléaires.

L'attitude des autorités israéliennes est également inhabituelle : en juin 1981, Israêl n'avait pas fait mystère d'avoir bombardé le réacteur nucléaire Osirak (construit avec la coopération de la France). Cette fois, silence officiel et censure des médias sont de mise. De son côté, la Syrie a élevé une protestation de principe et les autres capitales arabes gardent le silence. Etrange.

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