Aubert sur scène : deux heures de joie
Vu hier soir, à l'Européen, un concert peu commun.
Prenez un homme qui emplit habituellement sans problème des Zéniths, entouré d'excellents musiciens, de moyens techniques, son et lumière, irréprochables.
Laissez-le se poser seul dans une salle, sans accompagnateurs, ni ornements. Dans le meilleur des cas, vous aurez cette tournée solo de Bruce Springsteen, il y a quelques années, au cours de laquelle le Boss restituait seul, à la guitare sèche, la puissance et l'émotion de ses concerts avec le E. Street Band.
Assister à ce type de prestation est déjà un privilège. J'ai vu mieux, hier soir. Pas mieux, c'est idiot, puisque deux artistes ne se comparent pas et qu'il n'y a pas lieu à compétition. J'ai vu et, surtout, entendu deux heures d'exception.
Depuis bientôt 30 ans, Jean-Louis Aubert, avec, puis sans Téléphone, a collectionné réussites musicales et succès. Hier soir, après Idéal Standard, un album vendu à près de 500.000 exemplaires et une grande tournée, il était seul devant une salle de 350 personnes, au seuil d'une tournée des petites salles qui lui fera sillonner la France jusqu'à l'été prochain.
A le savoir seul sur scène, on s'attendait à de l'émotion. On n'est pas déçu, elle est présente tout au long du concert : dans les chansons et entre les chansons, dans ces confidences, ces petites histoires, tendres ou amusantes, dans cette complicité qu'il établit avec simplicité.
On se doutait également qu'il y aurait de l'énergie. Elle ne manque pas, ni dans la voix, ni dans le jeu des instruments, ni dans la présence scénique. Elle est exubérante et généreuse, jamais agressive.
Mais le plus étonnant est l'aspect réellement spectaculaire de cette prestation solitaire. Il y avait bien sûr, autour de lui, des instruments : des guitares acoutiques, un piano quart de queue, trois éléments de percussion, un harmonica ; mais il y avait également un jeu de pédales et d'électronique étonnant, qu'il maîtrise étonnamment et lui permet notamment d'enregistrer une séquence musicale pendant qu'il la joue et de la restituer dans l'instant. De la sorte, sans que cela casse l'émotion, il multiplie les sons, les couleurs, les enrichit et s'accompagne, au sens propre.
Ces surprises sonores, ces reliefs rythment et colorent le spectacle et en font, au sens propre, une performance. Courrez le voir, vous ne serez pas déçus.




J'ai eu l'occasion d'entendre un percussionniste et compositeur brésilien utiliser ce genre de stratagème pour jouer l'homme orchestre, c'était effectivement impressionnant tout ce qu'il parvenait à faire !
Rédigé par: dieudeschats | 28 septembre 2007 at 13:11