A l'heure où ceci est écrit, la baisse du CAC 40 est d'environ 16,5 % (5.264 points à 13h58) depuis un plus haut (6.150 points) atteint le 13 juillet dernier.
Voici deux semaines, Boursorama interrogeait ses lecteurs sur la valeur prochaine du CAC 40 (alors situé vers 5.600 points). Plus de 52% des internautes affirmaient croire en une hausse et seulement 26% voyaient le CAC 40 descendre vers 5.400 points. Il est donc maintenant sous les 5.300 points. Et avec lui, toutes les Bourses mondiales chutent lourdement.
Changement de perspective : Boursorama interroge ces jours-ci les internautes sur l'impact possible de la crise des prêts immobiliers aux Etats-Unis. Cette fois, la réponse est différente : si 41,4 % des quelque 59.000 réponses reste optimiste (“c'est le moment de réinvestir à long terme“, 23,9% et “il ne faut pas dramatiser, pas d'impact durable et profond“, 17,5 %), 51,6% des réponses et pessimiste (“l'incertitude va perdurer“, 22,6 % et “on n'a encore rien vu, le pire est à venir“, 30,5 %).
Il semble bien, malgré les déclarations rassurantes de quelques spécialistes, en général non-neutres car professionnellement engagés dans les circuits financiers, que la crise prenne de l'ampleur et que des premiers mouvements de panique se fassent jour, comme l'indiquait, ce matin, la baisse des Bourses asiatiques (la plus forte en trois ans) et, notamment, la chute de 7% de la Bourse de Séoul.
A ce stade, la psychologie -souvent moutonnière- des investisseurs est atteinte. Sauve qui peut et sauve que peut. La confiance, jusqu'ici auto-entretenue par l'ensemble du système (investisseurs, courtiers, banques, sociétés de notation, etc), pour des raisons contestables, s'est évanouie.
Elle reviendra, un jour ou l'autre, pour d'aussi bonnes ou mauvaises raisons qu'elle est partie. En attendant, toute mauvaise nouvelle économique ou financière -qu'elle touche à l'immobilier ou à un autre secteur- est susceptible de nourrir la baisse.
Or les mauvaises nouvelles risquent de ne pas manquer dans les jours et les mois qui viennent :
• depuis la baisse des permis de construire aux Etats-Unis, jusqu'à la mauvaise saison annoncée sur le front des cyclones dans les Caraïbes (qui peuvent mettre en danger l'exploitation pétrolière off-shore et pousser à l'augmentation du baril);
• depuis la fragilité des hedge funds que la crise du crédit immobilier a masqué ces dernières semaines, jusqu'à la baisse de la consommation aux Etats-Unis et ailleurs, qui entrainerait une baisse de la croissance, voire une récession ;
• depuis la baisse tendentielle du dollar, jusqu'à des troubles sociaux en Chine...
La liste est encore longue et promet une arrière-saison chaude, après un été pourri.




"[]mouvements de panique" : c'est bien cela, qui est le propre de la Bourse, à la baisse comme à la hausse d'ailleurs, et le symptôme que l'homme n'est décidément pas un animal raisonnable...
Rédigé par: Francis | 16 août 2007 at 20:36
et cette crise immo va surement se repercuter en France
voir http://www.bulle-immobiliere.org/forum/
Rédigé par: Demagolene | 16 août 2007 at 21:14
Tout d'abord félicitation pour ce blog qui est triche d'information.
Moi qui n'y connait strictement rien en économie, la crise actuel fait tellement de bruit que même moi j'en ai entendu parler. A force d'en entendre parler, j'ai commencé à me demander comment ça se fait que des événements qui se produisent à l'autre bout de la planète peuvent influencer sur l'économie mondiale.
Je n'ai jamais compris par exemple :
Pourquoi les bourses sont aussi liées ? Une bourse baisse, toutes les autres suivent … ce qui amplifie le phénomène.
Qu'est ce qui fait que, parce que des petits malins ont voulu s'en mettre plein les fouilles aux E.U. et ont foiré leur coup sur l'immobilier, mon loyer à moi qui ne suis même pas propriétaire, à l'autre bout de la planète, va augmenter ? Parce que la banque centrale à relever son taux, alors que la conjoncture n'a pas été aussi bonne dans mon pays (la Suisse) depuis très longtemps.
Pourquoi les monnaies du monde entier étaient tributaires du dollar ? C'est la monnaie d'un pays que tout le monde sait endetté jusqu'au cou.
D'ailleurs comment cela a pu arriver ? Qui prêt encore de l'argent aux E.U. ? Pourquoi le peuple américain accepte de dépenser des centaines de milliards de dollars dans la guerre en Irak avec une dette pareil ?
C'est vrais je n'y connais rien en économie mondiale, mais je fais mon petit budget dans mon coins et je ne peux pas le dépasser. Je pensais que pour un pays s'en était de même … apparemment pas.
J'ai trouvé ce très intéressant article :
http://www.cadtm.org/article.php3?id_article=2009
Rédigé par: YpLee | 17 août 2007 at 08:30