L'info se cache entre deux infos
Chaque jour, les dépêches tombent, métronomiques, sèches comme des coups de trique : “45 victimes dans un attentat à Bagdad... 6 soldats américains tués à Tikrit...“
Les dépêches des agences de presse ont réduit “les événements d'Irak“ (oui, je sais, “les événements“) à l'égrenage quotidien, répétitif, obsessionnel, du nombre des morts. Chaque jour, il y en a 20, 40, 70 de plus.
Personne, ou pas grand monde, ne cherche à synthétiser cette coulée permanente, en tentant un bilan global, qui, de toutes manières, varie du simple (60.000) au décuple (600.000) et, dans les deux cas, est sans rapport avec le nombre de morts annoncés par les dépêches (20 par jour pendant 4 ans, ça “ne“ ferait jamais que 30.000).
Personne ne s'inquiète qu'on annonce, à 90%, que des morts civils au cours d'attentats, alors que, y compris d'après le dernier rapport de l'ONU, la grande majorité des civils meurent par balles, ce qui va à l'encontre de l'image données par la somme des depeches "attentats par-ci, attentat par-là".
Personne, ou moins de monde encore, ne cherche à comprendre ou à expliquer les raisons de ces imprécisions ou, bien sûr, les raisons de tant de morts, de tant de blessures.
La presse reproduit, tels quels, les communiqués de l'armée américaine et nomme successivement les “fauteurs de troubles“, “terroristes“, “chiites“, “sunnites“, “rebelles“, "islamistes“, “insurgeants“, “insurgés“, “Al Qaïda“. Rarement ou jamais : “résistants“.
La guerre d'Irak a détruit toutes les infrastructures militaires et politiques du pays. Que des groupes religieux ou politiques, que des familles cherchent à tirer leur épingle d'un jeu cruel en menaçant, en dénonçant, en détruisant d'autres familles ou d'autres groupes, c'est à peu près “naturel“ au milieu du chaos.
Mais l'essentiel n'est pas là : la guerre d'Irak a une apparence, celle de la guerre civile ; elle a une réalité, celle d'une guerre d'occupation, contrée par des mouvements de résistances qui n'ont pas plus et pas moins en commun que n'avaient entre eux gaullistes et communistes en 1943.
Une fois de plus, l'information n'est pas dans ce qui est dit, mais dans ce qui est tu.




Moi j'ai une question, les résistants c'est qui ?
Les chiites ou les sunnites?
Rédigé par:Fred | le 07 août 2007 à 20:27
Et en France en 40, c'était les catholiques ou les protestants ?
Rédigé par:Cobab | le 08 août 2007 à 02:31
le chiffre de 600.000 n'a t'il pas été avancé par le "lancet" qui "comptabilisait" les morts dus à la malnutrition et aux manques de médicaments?
Rédigé par:pépé | le 08 août 2007 à 09:09
"La presse reproduit, tels quels, les communiqués de l'armée américaine et nomme successivement les “fauteurs de troubles“, “terroristes“, “chiites“, “sunnites“, “rebelles“, "islamistes“, “insurgeants“, “insurgés“, “Al Qaïda“. Rarement ou jamais : “résistants“. "
ne s'agit'il pas du même principe que dans la vidéo/lien envoyé par Dieudeschats ?!!
Rédigé par:lény | le 08 août 2007 à 12:21
Pas loin, lény :)
Rédigé par:José | le 08 août 2007 à 13:03
@Cobab
> Et en France en 40, c'était les catholiques ou les protestants ?
Je ramènerais ça plutôt à l'opposition FTP (communistes) / FFI (gaullistes), même si (à ma connaissance) il y a rarement eu des accrochages sérieux entre les deux formations, ça n'a pas empêché les rancoeurs et les bisbilles quand ils étaient réunis sous un même commandement...
Rédigé par:Veig | le 09 août 2007 à 10:13
"l'information n'est pas dans ce qui est dit, mais dans ce qui est tu" oui! comme c'est souvent vrai! surtout ces temps-ci et dans la "presse" qu'on a actuellement
Rédigé par:Roland | le 09 août 2007 à 22:57
La comparaison avec la 2ème guerre mondiale est risquée ... non seulement parce qu'il n'y a pas de régime génocidaire en Irak - la majorité des résistants français pouvaient ignorer le caractère génocidaire du nazisme et ses complices français - mais surtout parce que le régime politique en place en Irak est élu, constitutionnel, et consacré par les Nations Unies. De même que la présence de forces étrangères.
Il y a naturellement un point commun : l'invasion étrangère était illégale, et le régime politique en place ne semble pas avoir compétence pour demander le départ des armées étrangères.
Que cela conduise les opposants armés à ces armées (... et au régime ... et à leurs propres compatriotes qu'ils massacrent) ... à se considérer comme des "résistants", soit ; mais cela ne peut suffire à ce que j'utilise ce terme, avec la connotation de "héros antinazi" qu'il a en France, pour les désigner.
Rédigé par:FrédéricLN | le 12 août 2007 à 17:22
@FrédéricLN ... c est une difference de degré , pas de nature ....
Rédigé par:zombifex | le 13 août 2007 à 16:12
@ zombifex : je n'en suis pas certain. Disons que le terme de "insurgés" me semble parfaitement approprié (et sans connotation morale) - sans en exclure d'autres selon les actes concernés.
Rédigé par:FrédéricLN | le 13 août 2007 à 19:32
merci à toi pour ceyte image :D
Rédigé par:Rumeurs | le 29 août 2007 à 20:09