Bush veut-il s'installer durablement à la Maison-Blanche pour “sauver l'Amérique“ ?
Ce bon Bush n'a plus qu'un an et demi de présidence devant lui. Mais de toute évidence, il n'a pas envie de rester inerte pendant ces 18 mois. Il est très actif sur trois fronts au moins : la restriction des libertés à l'intérieur des Etats-Unis, la guerre contre le “terrorisme“ et le renforcement de l'Otan.
La guerre d'Irak : échec mat ou brillant ?
La guerre en Irak, qui devait mal tourner, a effectivement mal tourné, si l'on considère ses objectifs officiels :
• les armes de destruction massive, qui en étaient le premier prétexte, n'ont jamais été trouvées pour la bonne raison qu'elles n'existaient pas ;
• la lutte contre Al Qaïda et le “terrorisme islamique“, qui en était le second prétexte, est un échec patent, au vu du chaos qui règne aujourd'hui en Irak ;
• la mise à bas du régime dictatorial de Saddam Hussein a été réussie, mais son corollaire, l'instauration d'une zone de démocratie au Moyen-Orient, qui en était le troisième prétexte, reste un pur fantasme.
L'Irak est dans une situation calamiteuse. Tout bilan est sujet à caution, mais les chiffres qui circulent sont effrayants : aux quelques 300.000 morts irakiens évalués au cours de la première guerre de 1991, au million de morts évalués du fait de l'embargo alimentaire entre 1991 et 2003, on doit ajouter les victimes civiles depuis 2003 (68.347 à 74.753, selon Iraq Body Count ; 300.000 selon plusieurs ONG ; 600.000 selon une étude publiée par The Lancet au printemps dernier), sans compter les quelques 3.650 soldats américains disparus en opération depuis 2003.
Si l'on estime généralement qu'il y a, au cours d'une guerre, 6 à 10 blessés pour 1 mort, on imagine volontiers ce que doit être l'état sanitaire et moral de la population irakienne (24 millions au dernier recensement), diminué en outre par l'exode d'environ 2 millions de ressortissants irakiens depuis 2003.
La lecture de témoignages de vétérans de la guerre d'Irak donne une vision catastrophique du moral actuel des troupes américaines et des ravages accomplis dans la population irakienne.
Vers une extension de la lutte ?
Reste que George W. Bush n'en démord pas et s'accroche à sa stratégie d'occupation de l'Irak. Il semble même que lui, ses conseillers et ses alliés envisagent de plus en plus sérieusement d'élargir le conflit par une intervention prochaine en Iran.
C'est que, par-delà le désastre militaire et civil constaté au regard des objectifs officiels de la guerre, et sans même considérer les fantasmes de “guerre des civilisations“ évoqués par certains néo-conservateurs ou les intérêts privés de la famille Bush et des ses alliés, deux objectifs officieux, discrets ou secrets, en tout cas non-avoués par l'administration américaine et tus par les médias, dictent la politique impériale des Etats-Unis, qu'elle soit conduite par des Républicains ou des Démocrates :
• à court terme, la protection des approvisionnements énergétiques en provenance du Moyen-Orient ;
• l'établissement permanent d'une base avancée de l'Occident dans la région pour les sécuriser à plus long terme, empêcher durablement la Russie d'accéder aux mers du sud et contenir la Chine par le contrôle de ses approvisionnements en matières premières.
A cet effet, depuis plus de dix ans, les Etats-Unis ont implanté des bases militaires dans la plupart des républiques asiatiques nées de l'éclatement de l'Union Soviétique : aujourd'hui, elles encerclent la Russie et la Chine.
Dans le même temps, l'OTAN s'est étendu territorialement par l'adhésion, notamment, d'anciens satellites de l'Union Soviétique : l'Alliance, autrefois tournée vers la seule Union Soviétique, est désormais celle des intérêts globaux (stratégiques, militaires et économiques) de l'Occident face au reste du monde.
Une telle “préparation“, on le voit en Irak, mais aussi en Afghanistan, n'a pas vocation à la seule dissuasion, mais à la prise effective d'initiatives guerrières.
La “liberté“ malmenée au pays de la statue
Dans ces conditions, il s'agit d'assurer ses arrières, comme on dit. A long terme, mais aussi à court terme. L'Administration Bush a ainsi récemment pris des décrets limitant les libertés aux Etats-Unis.
Le président américain a, en effet, déclaré, le mois dernier : “J'ai édicté un décret bloquant les biens de personnes dont il a été déterminé qu'elles ont commis, ou présentent un risque sérieux de commettre un acte ou des actes de violence ayant pour but ou effet de menacer la paix ou la stabilité de l'Irak ou du gouvernement de l'Irak ou de saper les efforts en vue de promouvoir la reconstruction économique et la réforme politique en Irak ou de fournir une aide humanitaire au peuple irakien.“
Ce décret, qui rend illégal et criminalise simplement toute action anti-guerre aux Etats-Unis, n'est pas le premier du genre.
En mai 2007, George W. Bush a promulgué une importante
directive présidentielle de Sécurité Nationale (National Security and
Homeland Security Presidential Directive NSPD 51/HSPD 20), qui
suspendrait le gouvernement constitutionnel et installerait des
pouvoirs dictatoriaux étendus sous loi martiale dans le cas d'une «urgence catastrophique» (par exemple un deuxième attentat du type 11
septembre).
Quelques mauvais esprits voient, dans ces mesures, une menace sérieuse pour la démocratie américaine. Etrange, en effet, à 18 mois de la fin d'un second mandat présidentiel non-renouvelable...
La crise financière et économique qui menace aura-t-elle un effet accélérateur ou décélérateur ? Les tout prochains mois nous le diront.







Sur le constat de l'ampleur du désatre en Irak, on est bien d'accord, c'est une catastrophe. Toi comme moi ne sommes pas surpris, dès le départ c'était voué à l'échec et nous savions très bien qui allait faire les frais d'une idée aussi stupide.
Par contre je suis loin de partager ton idée comme quoi les EU pourraient préparer une intervantion en Iran.
L'idée pour ma part est autre, ils veulent mettre les sunnites au pouvoir. Ainsi, L'Irak redevient un parfait bouclier contre L'Iran. On reprend les mêmes et on recommence.
Quant à la crise financière, ça on en reparlera.Sauf évenements majeurs, je ne suis pas sûr qu'elle apparaisse de sitôt.
Sinon un truc intéressant, le mouvement des proches de Bush qui est en train de se préparer.
Rédigé par: Fred | 04 août 2007 at 18:47
C'est quand même relativement courageux ce genre de billet de nos jours, dans notre pays pluraliste et ses médias pluralistes.
Pour ce qui est de l'Iran, on se demande se que fabriquent les millions de vaisseaux de guerre de l'axe du bien proche des eaux iraniennes et iraqienne ?
Rédigé par: Henri Alberti | 04 août 2007 at 19:21
.........
Rédigé par: lény | 06 août 2007 at 08:18
suspendue la pensée aux lèvres de l'actualité.
Rédigé par: luluberlu | 06 août 2007 at 10:56