A la recherche de la Killer Ap'
Les candidats et leurs entourages cherchent la “killer ap“ (de killer application, le programme qui tue et, par extension, l'idée qui tue) pour le sprint des deux dernières semaines de campagne.
Nicolas Sarkozy, favori des sondages, doit veiller à ce que sa campagne ne s'essouffle pas et qu'aucun incident ne rogne son avance. Il publie aujourd'hui un nouveau livre, Ensemble, écrit en collaboration avec Guaino, une bonne plume.
Mais Sarko est son meilleur ennemi : en deux semaines, il s'est énervé à deux reprises contre des équipes de télévision de France 3 et de France 3 Régions, vitupérant, menaçant, ce qui fait mauvais genre.
Le Pen essaie de rééditer le coup de 2002. Il s'épargne et compte sur les erreurs de ses adversaires pour ramasser la mise.
Les petits candidats cherchent chacun la killer Ap qui leur permettrait de se faire entendre. Pas évident.
A la recherche de la fraîcheur...
François Bayrou et Ségolène Royal veulent retrouver la fraicheur de leurs débuts de campagne, qui leur avait si bien réussi.
L'une, qui doit récupérer des voix éparpillées au centre et à droite, en remet un petit coup sur les conséquences néfastes des 35 heures, et cherche, jour après jour, à se démarquer du PS et de ses pesanteurs : “Gardez-moi de mes amis, mes ennemis, je m'en occupe“, comme disait l'autre.
François Bayrou, dont la campagne donne d'évidents signes de faiblesse, fait le forcing pour retrouver la martingale de son attaque des médias en septembre. Il a donc, coup sur coup, en deux jours, lancé trois pavés dans la mare, destinés à conforter sa stratégie “anti-système“.
Le candidat UDF s'est d'abord attaqué à la techno-structure, en proposant la suppression de l'ENA. Pourquoi pas ? Le problème est dans la solution proposée, qui ressemble à un coup de peinture sur un mur en train de s'effondrer : la création d'une Ecole des Services Publics, dont la caractéristique serait qu'elle empêcherait ses diplômés d'aller pantoufler dans le privé. Quid d'une vraie réforme de l'Etat ?
Le second coup à consisté à s'en prendre à une décision récente des questeurs des deux Assemblées qui, avec le consentement de tous les groupes parlementaires, dont l'UDF, ont décidé d'accorder aux parlementaires non-fonctionnaires, non réélus, une compensation financière sur 5 ans.
Le détail de la mesure est discutable. Mais la réalité est qu'une personne, venue du secteur privé, se consacrant pendant 5 ans à un mandat électif, a tous les risques de ne pas retrouver son travail antérieur. Comment éviter que les Enarques ou autres fonctionnaires, qui sont mis en disponibilité le temps de leur mandat et retrouvent leur corps d'origine à la fin de celui-ci, sans prendre le moindre risque de carrière, ne finissent de truster les mandats électifs ? Cela, François Bayrou, assez démagogue dans cette affaire, ne le dit pas.
Un débat sur internet ?
Le troisième coup, hier, a consisté à proposer un débat à 4 sur internet, qui n'est pas, à la différence des radios et des télés, soumis aux règles du CSA.
Pourquoi pas ? D’ores et déjà, cette idée met en relief le fait que Sarko ne veut pas débattre, et que François Bayrou, qui se faisait il y a deux mois le chantre des “petits“ candidats et de l'anti-système, montre aujourd'hui son vrai visage en voulant un débat à 4 (sans les 8 “petits“).
On se souvient des attaques de Le Pen contre “la bande des 4“. Le Pen a remplacé le PC, mais l’UMP, l’UDF et le PS sont toujours fidèles au poste. Vive la nouveauté !
Accessoirement, si Bayrou se retrouve à 3, coincé entre Ségolène Royal et Le Pen, ça casse sa stratégie de récupération de l’électorat de gauche et les deux autres vont le laminer sur le mode : t’es l’incarnation de la droite molle, Sarko et toi, c'est bonnet blanc et blanc bonnet.
Ça peut être amusant. Mais ça ne se fera donc pas.
Quant un débat à 12, diffusable à la carte, comme le proposent Thierry Crouzet et Agoravox, ce serait intéressant, mais ça a l'air très compliqué techniquement et ça risque d'être très confus.
Sauf à ce que le débat soit limité aux professions de foi, en trois minutes, de chacun des candidats sur 5 sujets choisis parmi une liste d'une dizaine de thèmes (pouvoir d'achat, dette, environnement, institutions, mondialisation, services publics, économie, impôts, immigration, Europe, politique étrangère...), assorties d'un tour de parole où chacun pourra taper sur 3 compétiteurs de son choix pendant 2 minutes... Environ 200 minutes.
Ou autre solution : que chacun des candidats pose une question -et une seule- à 3 autres candidats de son choix. Soit 33 questions, d'une minute environ. Chaque réponse serait faite en trois minutes maximum et un droit de réponse accordé pour 3 minutes en tout à deux candidats. Ce qui donnerait un débat de 230 minutes. 4 heures !




"4 heures !"
Ben pourquoi pas. Pour lire un livre il faut plus (pour moi en tout cas). Alors si on veut pouvoir confronter les idées de tous les candidats, il faut ce qu'il faut. Via internet ça permettrait de revenir sur des moments précis, écouter en plusieurs fois, bref prendre le temps pour des non-pro de la ritournelle électorale (mon cas), d'analyser. De plus les blogs politiques pourraient post caster avec analyses à la clef ce qui, au final, permettrait de vraies analyses croisées.
Rédigé par: lény | 04 avril 2007 at 15:55
En politique, comme ailleurs, il y a de Grands Hommes et de tout petits bonhommes. En refusant de débattre sur le fond, et de répondre en cela à la demande des français, Sarkozy illustre une fois de plus comme il appartient à la seconde catégorie. Sarkozy avoue bien volontiers son aversion pour la lecture. Il a tort : la lecture, c’est comme la soupe, ça permet de grandir…
Qu’importe, organisons ce débat. A lui de décider de laisser ou non sa chaise vide. Ne nous laissons pas dicter par ce petit bonhomme arrogant la manière dont nous voulons que se fasse la politique et se nourrisse le débat. Si le silence est tout ce que Sarkozy a à nous dire, les français jugeront !
Dedalus - http://sarkononmerci.fr
Rédigé par: Dedalus | 04 avril 2007 at 17:37
"Sauf à ce que le débat soit limité aux professions de foi, en trois minutes, de chacun des candidats sur 5 sujets choisis parmi une liste d'une dizaine de thèmes (pouvoir d'achat, dette, environnement, institutions, mondialisation, services publics, économie, impôts, immigration, Europe, politique étrangère...), assorties d'un tour de parole où chacun pourra taper sur 3 compétiteurs de son choix pendant 2 minutes... Environ 200 minutes."
Et ben Sarkozy va s'expliquer pendant bcp de tps, vu que c'est le favoris et qu'il incarne le modèle révolutionnaire...
Rédigé par: Arthas | 04 avril 2007 at 22:11
A propos de Sarkozy, mon doc de 2005 jamais diffusé par France 2 et aujourd'hui en ligne sur Dailymotion, en 4 parties... Tout y est déjà (enfin presque...)
partie 1/4 http://www.dailymotion.com/tonnerre2brest/video/x1llel_sarko-mot-a-mot-14
partie 2/4 http://www.dailymotion.com/tonnerre2brest/video/x1llof_sarko-mot-a-mot-24
partie 3/4 http://www.dailymotion.com/tonnerre2brest/video/x1llwm_sarko-mot-a-mot-34
partie 4/4 http://www.dailymotion.com/tonnerre2brest/video/x1lm2t_sarko-mot-a-mot-44
Rédigé par: Claude | 05 avril 2007 at 13:38
Merci Claude. Bises.
Rédigé par: José | 05 avril 2007 at 15:33
Merci Claude. Bises.
Rédigé par: José | 05 avril 2007 at 15:41
Une proposition pour le débat. sur Agoravox de ce jour.
voir : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=21992
Rédigé par: uguen bernard | 06 avril 2007 at 14:09
Non, François Bayrou ne montre pas son vrai visage d'aversaire du pluralisme en demandant un débat à 4. Il faut être réaliste. Aujourd'hui, c'est soit on fait un débat à 4 (et il y a plus de 10 points de différence entre Le Pen et les autres, à 2 semaines du vote), soit on ne fait pas de débat.
Un débat à 12 est impossible, et d'autres formules de débat introduiraient nécessairement une différence de traitement entre les candidats, que les petits ne pourraient pas accepter. Le débat ne pourrait finalement pas se tenir. La question est donc maintenant : est-il nécessaire que les Français puissent voir une confrontation entre les principaux candidats avant le premier tour ?
Si on répond oui, la seule chose à faire est un débat à 4.
Si on répond qu'il est arbitraire de décréter que 4 candidats sont plus importants que les autres, on se voile la face et on décide d'empêcher la tenue de tout débat.
http://pourquoibayrou2007.over-blog.com
Rédigé par: Socdem | 06 avril 2007 at 14:11
Dire que l'UDF ait consenti en quoi que ce soit à la décision récente des questeurs des deux Assemblées qui ont décidé "d'accorder aux parlementaires non-fonctionnaires, non réélus, une compensation financière sur 5 ans" est totalement faux. L'UDF n'a pas de questeur, n'était donc pas représentée dans le groupe qui a pris cette décision, et l'a dénoncé dès le début, renseignez-vous. Merci de rectifier.
Rédigé par: Cratyle | 12 avril 2007 at 00:40
"Comment éviter que les Enarques ou autres fonctionnaires, qui sont mis en disponibilité le temps de leur mandat et retrouvent leur corps d'origine à la fin de celui-ci, sans prendre le moindre risque de carrière, ne finissent de truster les mandats électifs ? Cela, François Bayrou, assez démagogue dans cette affaire, ne le dit pas." Mais si, et vous le sauriez si vous aviez interrogé son site www.bayrou.fr au lieu de le dire sans vérifier. Il propose de leur donner le même type de filet de sécurité. Je vais essayer de vous trouver le lien.
Rédigé par: Cratyle | 12 avril 2007 at 00:44
"François Bayrou, qui se faisait il y a deux mois le chantre des “petits“ candidats et de l'anti-système, montre aujourd'hui son vrai visage en voulant un débat à 4 (sans les 8 “petits“).": c'est faux, il a explicitement dit l'inverse à plusieurs reprises dans les médias à chaque fois qu'on lui a posé la question, il a souligné qu'il acceptait tout mode d'organisation, de nombre de candidats, etc. Là encore, renseignez-vous.
Rédigé par: Cratyle | 12 avril 2007 at 00:48
Voilà la première fois où l'on a posé la question à l'UDF (à 4 ou à 12): Marielle de Sarnez, mercredi soir 4 avril au téléphone sonne: http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/letelephonesonne/index.php?id=54225 (désolé, la question n'est pas au début).
On ne peut être plus clair: Bayrou est d'accord avec toute forme de débat à n'importe quel nombre de participants dans n'importe quelle formule.
Prière de ne pas colporter les rumeurs qui disent le contraire sans vérifier pendant les campagnes électorales, merci.
Rédigé par: Cratyle | 12 avril 2007 at 01:10