Certains programmes de candidats prévoient que les appels d'offres concernant des marchés publics seront ouverts aux PME. Cela existe déjà, mais pourquoi pas l'amplifier. A deux conditions :
1- que ces appels d'offres ne soient pas truqués, et les commandes réservées aux copains, aux cousins ou aux coquins.
2- que les dossiers de candidatures soient simplifiés. Il y a encore quatre ans, remplir un dossier d'appel d'offre pour un marché public supposait qu'une personne passe entre deux jours et une semaine à récupérer les documents nécessaires à la conformité du dossier et à en compléter les requis. Autant dire qu'une petite PME n'est pas forcément équipée pour le faire.
Dans le même ordre d'idées, Stratégies relevait voici quelques semaines qu'une entreprise d'Etat demandait désormais aux entreprises qui concourraient à un appel d'offre, de payer d'avance une somme pour “frais de dossier“. Prétexte invoqué : il est coûteux pour cette entreprise de dépouiller les dossiers reçus. Un conseil : qu'elle cesse de faire bosser dix ou quinze entreprises pour rien.
Il est encore plus coûteux pour une entreprise de concourir à un appel d'offre où, outre l'établissement du dossier évoqué ci-dessus, il faut souvent faire le travail demandé gratuitement, dans le cadre d'une compétition, pour avoir une chance de le faire ensuite rémunérer.




J'ai fait partie 9 ans d'un cabinet d'études et de conseil pour le secteur public.
Tout le travail (>95%) se faisait sur mise en concurrence plus ou moins formalisée, sans récurrence (sans 2ème mission dans la foulée de celle obtenue en concurrence).
Préparer une offre prenait à peu près 10-15% du temps nécessaire à la réalisation de la mission.
Le nombre de cabinets consultés et préparant une proposition allait typiquement de 6 à 10 (bien plus en cas d'appel d'offres).
Moralité ? Le prix de la prestation est, de fait, à peu près doublé par la mise en concurrence.
Mais ce coût supplémentaire est "répercuté" sur l'ensemble du CA du cabinet et de ses acheteurs ; en d'autres termes, chaque acheteur public fait payer sa mise en concurrence par les autres ...
Et le plus drôle, c'est que tous croient la faire payer "par le secteur privé" (par le cabinet lui-même, par d'éventuels clients privés des mêmes cabinets ... alors que la différence de fonctionnement économique fait que peu de services d'études et de conseil travaillent à la fois pour le privé et le public).
Rédigé par: FrédéricLN | 05 mars 2007 at 14:19