Je donne aujourd'hui un tiers à la moitié d'un équivalent plein temps à la vie associative. Cela s'est fait tout naturellement quand, débarquant il y a quatre ans sur un territoire dont je connaissais à peine l'existence auparavant, j'ai choisi d'y vivre et de participer à la vie locale.
Sortant d'une vie de responsable d'entreprise (ce qui, dans mon esprit, veut bien dire “chef d'entreprise“, mais également “serviteur d'entreprise“), j'ai découvert l'univers associatif que j'ignorais totalement jusque là.
Il remplit aujourd'hui des fonctions aussi diverses que complexes et se retrouve au centre de multiples enjeux. Il occupe une place considérable en marge de l'économie marchande et tisse une série de réseaux qui accompagne, renforce et, parfois, se substitue sans bruit aux structures officielles : les structures associatives sont devenues l'un des principaux supports de l'initiative citoyenne. Leurs qualités, qui dépassent bien souvent celles que leur reconnaît tel ou tel agrément attribué par les pouvoirs publics, reposent sur la mise en œuvre collective d'un projet.
C'est celui-ci qui donne tout leur sens aux activités entreprises : contribution au renforcement de la citoyenneté, prise en charge de l'animation de la vie sociale au sens large, développement de certains services, gestion d'établissements.
Il existe aujourd'hui en France quelque 700.000 associations actuellement en activité. Elles se créent et disparaissent à raison de 60 à 70.000 par an.
Toutes font appel au bénévolat qui mobilise, d'une manière ou d'une autre, plusieurs millions de personnes. 120.000 d'entre elles emploient des salariés dont on estime le nombre total à 1,2 million.
Les effectifs salariés - 560 000 - du secteur associatif de la santé et de l'action sociale regroupent près de la moitié des effectifs salariés des associations ; les associations "pèsent" pour le quart des effectifs de ce secteur pris dans son ensemble. Dans ce secteur, les responsabilités gestionnaires des dirigeants bénévoles peuvent être très importantes.
Vient ensuite le secteur de l'éducation où les associations emploient 167 000 salariés, soit 10 % du secteur éducatif dans son ensemble. Puis celui des activités récréatives, culturelles et sportives où les associations emploient 85.000 salariés, soit 30 % du secteur correspondant.
Ce quart secteur, tenu en lisière des grands débats politiques, invente, expérimente chaque jour, au niveau local, de nouvelles pratiques sociales.
Il est sans doute pionnier des formes d'organisation sociale du futur, décentralisées, participatives.




Je me suis récemment demandé si l'on pouvait établir un lien entre cet engouement des Français (déjà ancien ) pour les associations celui pour les blogs. Recherche de liens, de l'autre ? Je ne sais pas.
Rédigé par: Laurent | 24 janvier 2007 at 19:12
Du temps où j'étudiais, Roger Sue (Paris V et Caen) planchait sur la sphère associative qui, d'après lui (en tant que sociologue), "devait" devenir le moteur de la société. Sa réflexion partait de l'investissement du temps libre dans ladite sphère, avec une douzaine d'années de recul il est possible sinon probable que la donne ait changé sur le fond, mais est-il si illusoire de continuer à croire que le service donné à l'Autre soit la clé ?
Rédigé par: JiO | 24 janvier 2007 at 22:22
quart secteur ? expression du besoin humain de s'accomplir ? pour ce qui est du service a l'autre, rien de nouveau. L'altruisme n'a pas besoin de statut.Il y a même des métiers qui servent a quelquechose, voire, qui servent a l'autre.Les intentions ne sont jamais si cristallines.
Rédigé par: sophie | 25 janvier 2007 at 09:03
Ne s'agit-il pas en fait tout simplement de ce que l'on nomme l'économie sociale et solidaire! Je suis foncièrement persuadée qu'il s'agit d'un modèle à suivre aujourd'hui pour espérer demain avoir moins de chômage, pour replacer l'humain au centre du système, et non le chiffre d'affaire!!!
Rédigé par: So-Ann | 25 janvier 2007 at 10:27
Bénévolat ???? jusqu'a quand??? La participation à la vie d'une assoc n'est pas si joyeuse que ça. Oh tant qu'il y à la dynamique entre les menbres, le CA le bureau tout va bien mais au moindre blème, là tu voie ce qu'est le bénévolat. Dés qu'une assoc voit sa structure augmenter arrive le conflit entre salariéss et organe des dirigeants, qui finit souvent par la main mise des techniciens de l'activité, le travail du bureau se resume trés souvent à entériner les positions des permanents, pas forcément les pires, mais quand tu n'a plus la petite bribe de pouvoir que tu venais chercher, tu te casse. pour une grande partie des instances dirigeante de l'assoc c'est un redoutable turnover qui rend la gestion de plus en plus délicate. tout n'est pas rose dans le gentil monde du bénévolat, mais c'est en tout cas vrais qu'au moins là se font des expériences extraordinaires, que se forment moult futurs politiques des couches populaires. Les "lois 1901" sont les derniers bastions institutionels du mouvement populaires libres.
Rédigé par: luluberlu | 25 janvier 2007 at 13:59
Même si tout n'est pas rose tous les jours dans le monde associatif, cela apporte à la société espoir et solidarité. C'est déjà beaucoup, non ?
C'est peut être naif de ma part de penser cela mais après plus de 10 ans de bénévolat je découvre encore grâce à l'associatif de belles idées, de belles actions et surtout de beaux êtres humains. Je trouve que cela réconcilie un peu avec la vie en société.
Pas vous ?
Rédigé par: Gwendoline | 26 janvier 2007 at 12:36
@gwendoline : Si, ça n'empèche qu'en voyant le comportement de mes semblables dés qu'il y a trois petits avantages à occuper un poste, ça me laisse réveur sur la probabilité de rapports civilisés dans les plus hautes sphères
Rédigé par: luluberlu | 27 janvier 2007 at 12:32