Les Blogs : armes de guerre ou armes de paix ?
Un blog, c'est l'un des innombrables nœuds d'énergie d'un réseau, une sorte de gare de triage où convergent et d'où divergent des liens avec une infinité d'autres nœuds.
Un blog, c'est également une plate-forme de décollage immédiat. Tel qui cherche une information, une image, peut être propulsé, en un ou deux clics, au siège l'ONU, au fin fond du Chiapas, dans l'intimité d'une jeune japonaise, dans les dernières statistiques du Trésor américain, les pages sport d'un journal chinois ou la page personnelle du président iranien.
Un blog, c'est évidemment, aussi, un lieu d'expression. A se laisser porter ou à se téléporter de l'un à l'autre, on découvre la diversité des centres d'intérêt, des points de vue, des goûts, des dégoûts...
Ah les dégoûts ! Ils sont en bonne place, sur les blogs. En trop bonne place à mon goût. Qu'il est doux de râler contre tout, d’exprimer sa colère, d'expulser sa bile, de cracher son venin, d'assassiner en trois mots. C'est facile et si bon.
Par-dessus le marché, il est effectivement plus porteur de démonter, critiquer, insinuer, moquer, insulter que de chercher à comprendre, analyser, argumenter, proposer... Cela excite l'humeur des lecteurs, suscite le commentaire, attise le débat, développe l'audience, augmente la notoriété.
Hier, je me trouvais à parler avec Thierry Crouzet, qui a récemment écrit un post sur la pratique du dénigrement sur le web. Il me rapporte l'expérience vécue par Kerry, candidat malheureux contre Bush en 2004. La tactique des républicains était de lui balancer dans les pattes, à feu continu, des rumeurs, des fausses affaires, des insultes et toutes sortes de mensonges. L'autre s'est épuisé à répondre, finissant par ne plus avoir d'air pour mener “sa“ campagne, développer et défendre ses idées.
En France, à l'occasion de la prochaine campagne présidentielle, on peut craindre que le même type d'activisme ne se développe et qu'il ne prenne le web et les blogs pour otages et pour vecteurs.
D'ores et déjà, il est possible qu'un parti politique, au moins, aie compris que dénigrer ses adversaires est plus rentable que de tenter de faire passer des idées. Et qu'il se serve habilement des blogs pour jouer ce sale jeu.
Regardez comme les choses se passent déjà. Prenez, au hasard, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Ségolène Royal : on n'argumente pas, on cogne ! L'un est un nazillon, l'autre est mou comme une chique, la dernière est dénuée de cerveau et de convictions. Succès garanti.
Soyons vigilants. A mépriser, à dévaluer méthodiquement, de préférence en toute malhonnêté intellectuelle, à casser tout ce qui bouge, ses adversaires, bien sûr, ses alliés, si possible, on ne gagne rien, on ne construit rien : on entretient ses propres frustrations, on nourrit la haine, on donne une prime au statu quo.
L’intérêt de tenir un blog me semble décidément ailleurs. C’est l’occasion inédite pour chacune et chacun de devenir émetteur et diffuseur, de prendre la parole, à égalité avec tous, de partager son univers, d’exercer son imaginaire, de susciter des débats constructifs, d’être force de proposition, d'ouvrir des pistes, d’inventer des mondes nouveaux. Chiche ?
En complément de ce qui précède, vous pouvez lire le dernier post de l'excellent Adam Kesher, ici ou là.




ah jcm, c'est cool de t'entendre !
ben c'est tout le souci.
Essaie de lire le boulot de Jancovici, ici, c'est déjà un premier truc (pas suffisant) :
http://www.manicore.com/documentation/serre/croissance.html
Ensuite, passe à sa page "le contenu de la croissance". (lien dans le texte).
ça donne une première idée de l'ampleur des emmerdes, de la complexité de ce problème et des limites du "Yaka".
Rédigé par:casabaldi | le 20 octobre 2006 à 21:31
Juste pour rester dans l'actualité, je ressors cet extrait de l'interview d'Alain Lipietz par Nico, déjà publié ici fin juillet, et qui n'est pas sans liens avec ce qui se dit ici :
“Parler de croissance et de décroissance, c'est rester dans le quantitatif, l'important c'est de qualifier le mode de développement que l'on souhaite.
Je suis pour un modèle de développement soutenable, qui permet de satisfaire les besoins des générations présentes, sans compromettre la capacité des générations suivantes à satisfaire les leurs.
Qu'est-ce que ça veut dire du point de vue croissance et décroissance ? Ça veut dire qu'il va y avoir des choses qui vont croître et d'autres qui vont décroître. Le temps libre doit croître, la consommation de biens matériels privés, en général elle doit décroître, mais la consommation des transports en commun, elle doit croître. Comme la plupart de ces transports sont électriques, si vous voulez faire décroître la consommation de pétrole, il faut accroître la consommation d'électricité... “
Rédigé par:José | le 20 octobre 2006 à 21:43
J'ai bien vu tout cela, Casabaldi !
Et j'entrevois la complexité de l'ensemble, crois-moi.
Mais voilà : faut-il continuer à chauffer n m² avec une quantité astronomique de fioul, ce pour des dizaines d'années, ou bien est-il urgent de changer de mode de chauffage (à moins que tout chauffage devienne interdit) ?
De mon point de vue on ne peut envisager de calculs sérieux (humainement, socialement acceptables) sans intégrer une certaine temporalité : le temps que prendra le changement de direction, la substitution d'une solution par une autre.
Cette temporalité n'est pas prise en compte dans les calculs de Jancovici : ce n'est pas son propos mais il écrit cependant " il semble assez inévitable de modifier le "contenu de la croissance"", ce qui me semble une façon d'envisager une croissance différente.
Et ceci pour un temps, celui qui sera nécessaire pour trouver une autre forme d'équilibre.
Tout ceci ne m'empêche pas de penser qu'il sera absolument indispensable que nos sociétés se dirigent vers un mode de vie très normalisé par rapport aux ressources disponibles sans danger, une sorte d'homéostasie.
Totalement antinomique avec une croissance continue et perpétuelle.
Rédigé par:jcm | le 20 octobre 2006 à 21:58
@ José > Lipietz disait donc : "Comme la plupart de ces transports sont électriques, si vous voulez faire décroître la consommation de pétrole, il faut accroître la consommation d'électricité..."
Peut-être, mais là il faudrait quantifier, peut-être !
Envisager la question de la consommation d'énergie au "kilomètre/passager", bien plus favorable aux transports en commun.
Ne pas oublier le cheval, la mule, le baudet du Poitou...:)
Rédigé par:jcm | le 20 octobre 2006 à 22:16
Jean-Claude, je ne veux pas me faire l'exégète d'Alain Lipietz, après avoir été toute la journée le sectateur de Madame Ségolène Royal (ça va ? Je prends assez de distance ?):), mais je comprends ce qu'il dit comme proche de ce tu écris précédemment et de ce que je pense également. L'exemple qu'il donne n'est qu'un exemple.
Tu ajoutes cette idée de temporalité qui est effectivement fondamentale. On ne peut imaginer -sauf sous la contrainte d'une catastrophe naturelle majeure-, de switcher, instantanément et mondialement, d'une idéologie l'autre, en admettant que ce soit possible, sans se préoccuper des impacts poltiques, sociaux et humains.
Etablir des principes, donner une direction, bien sûr, mais tout est dans l'art de l'exécution. Et l'exécution sera forcément progressive, certainement lente et sans doute douloureuse. Il n'est pas sûr que le condamné se laisse faire facilement ou même survive ;)
Rédigé par:José | le 20 octobre 2006 à 22:44
Oui, le danger est réel. Internet s'est construit sur une base de "contre culture", de résistance. C'est l'arme des faible (?), comme on dit que le terrorisme est l'arme des faibles (c'est pourquoi j'ajoute un point d'interrogation, parce que ma comparaison n'est pas juste). Sarkospam, blogs qui sont des splogs, usage massif de l'anonymat...
"Ah les dégoûts ! Ils sont en bonne place, sur les blogs. En trop bonne place à mon goût. Qu'il est doux de râler contre tout, d’exprimer sa colère, d'expulser sa bile, de cracher son venin, d'assassiner en trois mots. C'est facile et si bon."
Non, ce n'est pas si bon que ça, finalement!
Rédigé par:Eric Mainville | le 20 octobre 2006 à 22:57
Là tu me sembles bien pessimiste, José !
Et il y a les deux faces de la médaille : ce que l'on parviendrait à faire avec un peu d'intelligence et d'entente, et ce que l'on parviendra à faire en restant à ce point dans le droit fil de nos histoires : antagonismes forts et solutions à quat'sous...
Evidemment, la seconde voie est la plus probable, et d'une probabilité si forte...
Mais la considérer comme certaine et inévitable signifierait se résigner, ne plus rien tenter.
Il faudrait que "le condamné" sache se reconnaître très vite comme tel, en toute raison, sans peur ou catastrophisme outrancier.
Probablement un exercice assez difficile pour beaucoup.
Même si je pense qu'un travail d'ordre philosophique est inévitable, il me semble qu'un travail sur cet "art de l'éxécution" sera de très grande importance, et c'est imaginer des évolutions de façon très pragmatique, en prise directe sur la vie de chacun.
Pouvoir démontrer à chacun qu'un certain "autrement", même s'il implique divers renoncements, peut présenter des avantages importants.
Faire accepter : voilà l'enjeu.
Rédigé par:jcm | le 20 octobre 2006 à 23:05
Biiiiiiiiiien ! :-)
Vous vous rapprochez du truc, de l'oeil du cyclone, mais vous n'y êtes pas encore tout à fait.
Accrochez-vous au clavier, on va faire un pas de plus...
Si vous avez suivi le raisonnement de Janco :
Vouloir augmenter la croissance (le PIB) conduit immanquablement à prendre le risque d'aggraver le réchauffement climatique. Et ceci Y COMPRIS en prenant en compte des hypothèses réalistes de modification du "contenu de la croissance", soit la plupart de vos exemples (donc, en fait, d'amélioration de l'intensité énergétique de l'économie).
A ce stade, Ségo se prend les pieds dans le tapis. C'est ce que nous voulions noter plus haut.
Bien.
C'est clair ou pas ?
Je vous le refais un coup dans l'autre sens.
Si on prend l'ensemble des "évolutions" que vous citez (temps libre et transports collectifs vs consommation de biens privés, etc.), on aboutit NECESSAIREMENT à une réduction du PIB.
Dire "je vais augmenter le PIB" et "je vais faire de la France un pays exemplaire sur le chgt clim" n'est donc pas compatible, puisque un point de PIB supplémentaire implique un accroissement des émissions de GES.
Donc on fait quoi ?
AUTRE CHOSE !
autre chose qu'augmenter le PIB !
On cherche non plus la croissance (le PIB) mais ce que nous appelons le "progrès", l'évolution, etc. (Comme on vit ensemble, on se met d'accord avant svp, on construit l'indicateur qui va avec etc.).
Là où c'est drôle, c'est qu'en terme de "croissance", on devient forcément moins bons que ceux qui ne visent toujours que ça.
(et il faut que vous intégriez ça, c'est indispensable et c'est de la pure logique).
L'ensemble de l'économie est donc forcément moins "performante" au sens actuel. Or elle est en concurrence permanente avec l'extérieur. Donc elle crève. Marrant non ?
Non.
Il faut donc un changement mondial.
C'est ça ou l'aggravation quotidienne du changement climatique.
OU...
ou on se lance. On "donne l'exemple" et on fait tout ce qu'on peut le plus vite possible pour que le monde entier fasse des transformations équivalentes (dans le genre propagation de la "Révolution Française" en gros).
Faut pas se rater, parce que si les autres ne suivent pas, on est raides...
Faire croire le contraire (et là, les socialistes sont fortiches depuis toujours... mais bon, ils ont une excuse, ils y croient vraiment !), cad dire qu'on pourrait ET être "écolo-compatible" ET "ultra compétitif économiquement" est une erreur terrible. (je sais c'est moche, moi aussi, j'aurai bien aimé).
Dans une économie mondialisée, tu fais ça, t'es mort. (en tout cas, tu vois tout à coup des milliers de clodaux plein les rues, le tx de chômage qui explose etc.)
Remember...
Ils y ont déjà cru (sur un autre thème) en 81 avec la relance Mauroy. Et la France entière a déjà payé pour voir.
Ils refont exactement le même truc, la même erreur, le même "sophisme" dans le raisonnement, et pire que tout, avec la même sincérité !
Résultat des courses : ne serait-ce que pour conserver une chance de ne pas aggraver le chgt climatique (et pour plein d'autres raisons), nous avons besoin de changements majeurs dans les règles du jeu économique mondial. Les "promoteurs" de tout autre projet, qui viserait à continuer à jouer ce jeu, ne serait-ce qu'un temps, assumeront les conséquences d'avoir choisi, en toute connaissance de cause, d'avoir continuer à aggraver ce problème.
C'est un peu comme pour Munich...
"Vous avez choisi le déshonneur pour éviter la guerre. Vous aurez le déshonneur ET la guerre."
Rédigé par:casabaldi | le 20 octobre 2006 à 23:30
Ouais, bon désolé, c'est long. Et pourtant j'y suis allé au lance-pierre hein.
> José : le discours de Lipietz est évidemment le bon. Il n'est juste pas compatible avec celui de Ségo. Ni avec l'économie actuelle. Profondément. Etonnament, j'ai l'impression que Lepage n'est pas loin. Que Bayrou pourrait y arriver. Que Hulot débarrassé de son égo ou Bové débarrassé de l'extreme-gauche y viendraient. Bref, que tous ces gens sont, comme nous tous, en train de prendre conscience de l'ampleur du souk et de comprendre que les solutions ne sont ni à gauche ni à droite, mais ailleurs.
Seuls l'UMP et le PS restent désespérément accrochés à leur vieux principes du 20eme siècle. Tant pis pour eux.
> jcm : "faire accepter, voilà l'enjeu".
Pour "faire accepter", il faut parler à un truc qui a un cerveau. Or le système économqiue mondial n'en a pas. C'est là le bug.
Tant que tu gardes une circulation libre de l'argent vers le lieu le plus profitable, tu peux faire comprendre ce que tu veux à qui tu veux, ça ne changera rien. On aura juste perdu du temps à refuser des choix difficiles. je dis bien "difficiles" pas forcément "douloureux". Je ne pense pas qu'on puisse abolir l'esclavage ou la peine de mort ou la monarchie "petit à petit". Bien sur il faut expliquer. ok.
Mais à un moment, il faut "y aller". Certaines choses ne se passent pas peu à peu. Il s'agit de ce type de changement je crois. D'une phase à une autre phase.
Soyons clair : je ne parle pas de "révolution", grand soir, etc. Je parle d'un changement radical. Qui peut s'effectuer sans violence. Mais radical.
Rédigé par:casabaldi | le 21 octobre 2006 à 00:05
Y'a de la vodka à la grande soirée Casa. ?!
Rédigé par:robert | le 21 octobre 2006 à 04:06
Robert, je n'efface pas ce commentaire imbibé, mais avoue que c'est assez moyen (pour l'auteur du blog, comme pour les lecteurs de passage) d'entrer chez quelqu'un sans lui adresser la parole, de couper la conversation, d'apostropher quelqu'un d'autre, sur un sujet qui n'a rien à voir, puis de s'en retourner, en rotant, cuver ailleurs...
Netiquette ou pas net piquette ? :)
Rédigé par:José | le 21 octobre 2006 à 08:32
Désolé si je répète certains propos qui ont déjà été tenus. Je ne cherche qu’à réagir au débat. C’est d’ailleurs dans ce sens que j’ai préféré écrire une blague nulle sur le grand soir plutôt qui était une réponse construite en soit (cf. les méthodes utilisées par Platon pour convaincre José). Mais si la réponse devait être la censure, alors je pense simplement que j’ai mieux à faire que de discuter ici (la menace de censure étant considérée comme de la censure !) Chacun prend ses responsabilités. Et cette remarque ne m’est pas propre.
Ceci étant dit, j’ai commencé une rubrique centrée sur un autre objectif de croissance sur http://lalisteasuivre.blog4ever.com/. J’attends que Seb la mette en ligne, je ne trouve plus les codes d’accès :o(
Il me semble qu’il y a deux types de critiques (qu’elles soient constructives ou non) qui cohabitent (ou peuvent exister, si prophétie auto-réalisatrice) :
1/ celle émanant d’un citoyen déçu qui exprime son mécontentement, son manque d’adhésion ou de compréhension, etc. Je ne trouve pas choquant que dans le débat de la campagne présidentielle, des citoyens expriment leur mécontentement, leur attente d’un moins de médiocrité dans le contenu des projets et des arguments développés par les candidats. Autrement dit, la déconnection entre l’élite culturelle et intellectuelle et la fonction politique, l’élite intellectuelle préférant se tourner vers d’autres activités que les activités politiques.
2/ Il y a une deuxième forme de critique : la critique partisane. Elle fait partie du jeu politique, en cherchant à épuiser et discréditer les adversaires, que les blogs existent ou pas. Il n’y a rien de nouveau à ce phénomène, juste un nouveau support de communication. La difficulté est alors, pour le lecteur, de ne pas se détourner de ces supports de communication, pour de multiples raisons (épuisement, difficulté de trier, niveau médiocre de l’individu politique reproduit sur ce support de communication…). Mais j’ai un peu l’impression que ce que vous reprochez aux critiques partisanes n’est rien d’autre que la critique de l’air de la communication politique sous ce nouveau support.
Pour les deux grandes familles de pensé « celle qui cherche les ressemblances et celle qui cherche les différences », ce ne serait pas la même des fois ???
Sur le PIB et Royal : il n’y a pas de remise en cause dans ses propos. Son analyse porte toujours sur la même notion qu’est le PIB pour mesurer le revenu national et pour les consommateurs, sur le bien-être (notion standard en économie). Je voudrais bien voir une porte ouverte vers un nouvel objectif, mais de ce que j’ai entendu (c’est vrai je n’ai pas lu sa profession de foi, alors je suis peut être passé à côté ??) du débat de cette semaine, il n’y a aucun éloignement de la vision classique de la croissance du PIB. Sur ce point je rejoins Hugo.
Pour le capitalisme financier, j’ai un peu de mal à comprendre ??? Il y aurait un capitalisme non financier ??? Un capitalisme marchand peut être ??? Le capitalisme du XIXe siècle est déjà basé sur des financements sur les marchés de capitaux. La rupture arrive avec la seconde guerre mondiale. Mais sincèrement je trouve tautologique l’amalgame de ces deux termes.
José : « Casabaldi, je viens d'expliquer ci-dessus à Hugo que quand on ne répond pas à mes questions, je ne poursuis pas le débat. C'est simple et ça fait gagner du temps. » Tu t’exposes dangereusement là ! Mais 1/ je n’ai pas l’impression de taper plus sur Royal que sur Strauss-Kahn. J’ai juste l’impression que le second a choisi son camp et sait de quoi il parle, alors que la première lance une piste dans tous les sens pour que tout le monde y trouve son compte (une proposition sur la croissance standard, une proposition sur la gauche et la croissance, une proposition sur la croissance ne mesure pas tout et bien, une proposition sur le développement durable, et le tout en une phrase qui ne veut rien dire). Donc la critique (construite) du programme de Strauss-Kahn je l’ai faite de manière claire, précise et rapide (lit mon commentaire sur le débat José), alors que commenter la vision de la croissance de Royal, vision de la croissance qui essaye de dire des choses incompatibles entre elles s’il n’y a pas de choix de faits, je suis désolé, c’est plus long et en plus ça énerve. Et en plus je reprends ce que dit Casabaldi, au mieux elle ne sait pas de quoi elle parle, et je suis attaché à l’élite en politique, soit elle se fout de ma gueule en essayant de me faire acheter une lessive qui lave plus blanc et j’suis désole mais je deviens méchant.
Je rejoins Casabaldi sur le fait qu’il ne me semble pas sain d’acclamer un candidat sur des semblants. Je toute façon il ne me semble pas sain d’acclamer un candidat tout court, mais bon !
Pour conclure, je crois que l’exigence et notre volonté de mise en place d’un autre objectif que la croissance du PIB passe par de l’explication, mais également par la condamnation de propositions au mieux fumeuses et contradictoires, au pire foutage de gueule et marketing. Et je trouve ça d’autant plus constructif qu’il va dans le sens d’une prise d’engagement des candidats potentiels.
Rédigé par:robert | le 21 octobre 2006 à 13:11
Bon, si j'ai bien compris, tu n'apprécies pas Ségolène Royal parce qu'elle est confuse. Là, je te comprends. ;))
J'ai répondu ce matin à Charlie sur le post “Star Ac“, donc je ne vais éviter de radoter.
Disons pour résumer autrement ce que je dis à Charlie, et pour te répondre, que j'ai sans doute tort, de ton point de vue, de ne pas rejeter avec l'eau du bain une stratégie que je qualifierai de “petits pas“, de “contradictoire“, voire “d'errante“. C'est uniquement parce que je la compare avec les stratégies des deux autres candidats
C'est vrai que j'ai peut-être tort d'être sensible à un discours (je ne préjuge pas de l'action) qui semble prendre en compte “l'insuffisance“ d'outils de calcul comme le PIB, privilégier l'initiative locale, décentralisée et ouvrir l'activité vers des secteurs “éco-compatibles“.
Mais c'est uniquement parce que je les compare aux deux autres discours qui n'évoquent MÊME PAS ça.
PS - J'ai également lu Jancovici et je crois avoir bien compris ce qu'il dit de la “non-éco-compatibilité“ des secteurs réputés tels.
Fort au moins de cette conviction, il ne se présente pas aux Présidentielles, ce qui dénote une grande prudence et une grande sagesse, parce que “bonjour, le merdier !“ pour ceux qui devront tirer les conséquences politiques de ce qu'il dit. Je comprends qu'ils préfèrent parler d'une augmentation de 100 € du Smic :)
Rédigé par:José | le 21 octobre 2006 à 13:58
Je viens de tenter une approche de réduction d'un paradoxe : Scénario de croissance pour atteindre la croissance zéro (la décroissance ?) en référence à certains posts ci-dessus.
Peut-être un peu trop court pour inscrire ci-dessous :) mais qui approfondit un peu la question de l'intégration du temps dans une réflexion / mise en pratique d'une réduction / cessation de la croissance.
Faire évoluer en parallèle les choses et les esprits...
Rédigé par:jcm | le 21 octobre 2006 à 14:38
Ségoléne Royal, pour résumer, ne comprend pas grand chose, elle est confuse, limite elle n'a rien dans le crâne, ok.
J'ai une question, en admettant, que vous soyez face à elle, vous lui parleriez sur le meme ton pour lui expliquer, qu'elle raconte n'importe quoi et qu'au fond elle ferait mieux de se taire?
Rédigé par:Frédéric | le 21 octobre 2006 à 14:59
Attention : je ne pense pas que Royal n'ait rien dans le crâne, ni qu'elle ne comprenne rien. Je pense qu'elle sait très bien ce qu'elle fait au contraire : elle cherche a rassembler en proposant un discourt dans lequel tout le monde peu y retrouver des éléments qui vont le séduire. Que chacun puisse penser, mais elle n'est pas si loin de mes idées...
Mais il faut se rendre compte de l'incompatibilité des propositions.
Je crois que si elle voulait gagner, il lui faudrait faire des choix. Aujourd'hui elle a une stratégie de suiveur face à sarkosi qui se place en leader. Elle doit justement affrimer des choix en faveur d'un autre objetcif que la croissance du PIB. Ceci n'est ni du développement durable, ni de la décroissance, mais bien autre chose, ce qui n'implique nullement croissance ou décroissance du PIB, mais bien croissance d'un indicateur de bien-être.
Et pour répondre à ta question Frédéric, j'ai eu l'occasion de discuter avec un de ses consiellers la semaine dernière et justement de lui dire qu'elle racontait n'importe quoi, que ces propositions étaient contradictoires. Si son projet était une copie d'étudiant, elle serait loin d'avoir la moyenne. Je lui ai expliqué qu'elle devait absolument choisir et proposer autre chose, un objectif de croissance d'un indicateur de progrès, et que c'est en se tournant vers plus d'utopie qu'elle pouvait rassembler, convaincre et gagner. Mais pas en ménageant la chèvre et le chou.
Rédigé par:robert | le 22 octobre 2006 à 20:12